Dépêche APIC : Refus de la communion aux personnes pas opposées à l'avortement...

 

 

Etats-Unis: Refus de la communion aux personnes pas opposées à l'avortement

 

Lettre confidentielle du cardinal Ratzinger aux évêques américains

 

Rome, 17 juin 2004 (Apic) Le cardinal Ratzinger soutient les évêques américains refusant la communion aux personnes dont les positions sont contraires à celles de l'Eglise. Remous en perspective, à l'heure de la campagne présidentielle. D'autant plus que le président candidat Bush se serait pas au Vatican en constatant que "tous les évêques ne sont pas avec moi".

 

Le cardinal Joseph Ratzinger a en effet récemment envoyé une lettre officielle, mais confidentielle, à la Conférence épiscopale américaine. Il y suggère que les personnes "vivant gravement dans le péché" ou "rejetant la doctrine de l'Eglise" s'abstiennent de communier, affirme le quotidien "La Repubblica" du 17 juin 2004. L'information a été confirmée de source non officielle à I'Apic.

 

Cette réaction du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi s'inscrit dans le débat en cours aux Etats-Unis, résultant de la candidature aux élections présidentielles de novembre 2004 du démocrate John Kerry, catholique pourtant favorable à l'avortement et dont les positions sur le mariage homosexuel restent ambiguës. Elle risque de faire des vagues, à l'approche des présidentielles. Selon les observateurs, il s'agit là d'un coup de pouce au président candidat G. Bush, et pourrait être vue comme une immixtion dans le débat politique de cette campagne.

 

La lettre écrite ces jours-ci par le prélat allemand et qui suggère au fidèle de ne pas communier s'il ne se sent pas en accord avec les positions de l'Eglise, n'a pas été rendue publique. Elle a été envoyée aux évêques américains en réponse à leurs diverses réactions face à la controverse politico-religieuse.

 

Les plus conservateurs des 275 évêques américains, parmi lesquels Mgr Raymond L. Burke, archevêque de Saint Louis, et Mgr Charles J. Chaput, archevêque de Denver, se sont récemment exprimés contre le fait de donner la communion aux personnes dont les positions publiques sont contraires à l'enseignement de l'Eglise catholique.

 

Le cardinal pas mécontent

 

Selon des sources non officielles, le théologien allemand ne serait pas mécontent de les entendre se prononcer de cette façon. Un évêque américain en visite "ad limina" au Vatican en avril 2004 a aussi rapporté à la presse que le cardinal Ratzinger aurait demandé aux évêques américains d'être "plus attentifs à cette question".

 

Quoiqu'il en soit, les indications du préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi seront intégrées dans l'Instruction pastorale sur le rapport entre activité politique des croyants et doctrine de l'Eglise, préparée par un groupe de travail dirigé par le cardinal McCarrick, archevêque de Washington.

 

La demande de Bush au Saint-siège

 

Ce document, sur lequel vont bientôt réfléchir les évêques américains réunis à Denver les 19 et 20 juin 2004, devrait être publié par la Conférence épiscopale américaine après les élections de novembre, afin d'éviter, dit-on, une trop grande immixtion dans les choix des citoyens. Même si pour la plupart très religieux, ceux-ci tiennent à la réelle séparation de l'Etat et de l'Eglise. Une trop forte action de cette dernière risquerait de susciter de fortes contestations. "Je ne suis pas un représentant de l'Eglise mais des Etats-Unis", a dernièrement déclaré le candidat démocrate, John Kerry, sénateur du Massachusetts.

 

Lors de sa visite du 4 juin 2004, George W.Bush, le rival républicain, méthodiste conservateur, aurait demandé au Vatican de pousser les évêques catholiques à être plus agressifs au niveau politique sur les questions de la vie et de la famille, notamment sur la question du mariage homosexuel. Son gouvernement s'est montré défavorable notamment à l'avortement et à la recherche sur les embryons. "Tous les évêques ne sont pas avec moi" sur ces problèmes culturels, aurait-il affirmé au cardinal secrétaire d'Etat Angelo Sodano, lequel n'aurait pas répondu.