Cité du Vatican, le 04 mars 2008  - (E.S.M.) - L'annonce officielle est arrivée de la bouche de l'évêque délégué par le Saint Siège au soin des œuvres et du Sanctuaire de Padre Pio à San Giovanni Rotondo, Monsignor Domenico D'Ambrosio : le cercueil contenant la dépouille du Saint, a été ouvert. Le pape Benoît XVI rendra-t-il visite à San Pio ? C'est une possibilité qu'a laissée sous entendre Monsignor D'Ambrosio au terme du discours aux fidèles.

Ouverture du cercueil de Padre Pio - Pour agrandir l'image Cliquer

Flash-Info au 4 mars 2008

On lit sur le site « Eucharistia » cette « brève » :

Le pape Benoît XVI rendra-t-il visite à Padre Pio ?

Ouverte du cercueil de Padre Pio -  le 24 Avril, exposition aux fidèles, mais entre temps on espère une visite de Benoît XVI

L'annonce officielle est arrivée de la bouche de l'évêque délégué par le Saint Siège au soin des œuvres et du Sanctuaire de Padre Pio à San Giovanni Rotondo, Monsignor Domenico d'Ambrosio : le cercueil contenant la dépouille du Saint, a été ouvert à 1h du matin. Le corps s'est bien conservé, a dit le prélat : ''depuis le début - a-t-il rapporté - on voyait clairement sa barbe. Le menton est parfait, le reste du corps est bien conservé. On voit très bien les genoux, les mains, les mitaines, les ongles. Si Padre Pio me le permet, il est comme s'il était passé par une manucure''. Mgr d'Ambrosio s'est exprimé devant quelques centaines de fidèles qui s'étaient rassemblés en prière devant le Sanctuaire.

L'annonce a été accueillie par un long applaudissement qui a accompagné les paroles de Monsignor d'Ambrosio lorsque celui-ci a confirmé pour le 24 avril prochain l'ostension, c'est-à-dire l'exposition du corps de Padre Pio, qui sera présidée par le Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, le Cardinal Jose Saraiva Martins.

Le tout s'est produit devant une commission composée de médecins et religieux sous la supervision de Monsignor d'Ambrosio. « Nous avons ouvert le sépulcre de San Pio - a dit l'évêque - et avons extrait le premier cercueil  avec toutes les scellés ; j'ai vérifié les scellés, les ai brisées et ai ouvert le premier cercueil, plutôt rouillé ». Selon les premières indiscrétions, lorsque Padre Pio fut enterré, il y avait de l'humidité qui a pénétré à l'intérieur et a abîmé le cercueil en bois. En décrivant ce qui a été vu, juste après l'ouverture du cercueil, Monsignor d'Ambrosio a dit qu' « on voit les pieds, parce que vous savez que les pères capucins sont enterrés déchaussés. Mais il n'y a aucune marque des stigmates ».

La tombe dans la crypte du sanctuaire de Santa Maria de la Grâce à San Giovanni Rotondo a été ouverte après presque 40 ans de l'enterrement, le 27 septembre 1968, quatre jours après sa mort. Le choix de la meilleure réserve et l'horaire absolument atypique pour l'opération ont été expliqués par la nécessité d'éviter la cohue des curieux : les derniers jours déjà, la crypte avait été fermée aux vénérations des fidèles, et aux éventuelles protestations de contestateurs.

Le 28 février dernier, l'Archevêque a appelé cinq témoins de l'enterrement de Padre Pio, qui s'est donc déroulé à 22h30 le 26 septembre 1968 : l'officiel sanitaire de l'époque; les maçons, les étameurs. Mgr D'Ambrosio leur a demandé l'assurance d'avoir trouvé la sépulture dans les mêmes conditions dans lesquelles elle était après l'enterrement. Leur réponse  a été affirmative, puis confirmée en prêtant serment sur l'Évangile. Au terme de la soirée, on a ôté le bloc monolithique de marbre vert qui surplombait la tombe de Padre Pio. Enfin a été soulevée la dalle rose, composée de deux plaques en forme de « C », en laissant apparaître une couche de sable blanc.

Au début de la Célébration de l'office des Lectures présidée par Monsignor d'Ambrosio, ont été lus le décret de la Congrégation des Causes des Saints, le Décret de l'Archevêque et l'autorisation de l'autorité civil. Puis le frère Aldo Broccato a pris la parole pour expliquer que l'exhumation et la reconnaissance canonique expriment « en premier lieu, les sentiments de profonde humanité que notre Province nourrit depuis toujours envers son fils illustre qui a beaucoup aimé la Province et a beaucoup offert et souffert pour elle ». « Cet évènement - a poursuivi le ministre Provincial - manifeste toujours plus le témoignage de notre foi dans la communion des Saints, dans la résurrection de la chair et dans la vie éternelle. En effet, l'exhumation du corps de Saint Pio, alors que nous regardions de près ses dépouilles mortelles, aussi précieuses et chères à notre cœur d'hommes fidèles et confraternels, doit nous guider à élever le regard vers le haut, vers la lumière de la vie de Dieu qui dans le Christ, s'est manifestée dans sa mort et sa résurrection ».

« Le geste de la reconnaissance canonique -  a dit l'Évêque -  avec mon adhésion convaincue et mon avis favorable, est le point d'arrivée à une longue réflexion méditée ; cela rentre dans une pratique séculaire de l'Église ; cela répond à une responsabilité historique de garantir, à travers des procédures appropriées, une conservation prolongée du corps de notre Saint pour permettre aussi aux générations avenirs, la possibilité de vénérer et de garder ses reliques ». Juste après, on a ôté les quatre traverses de ciment posées sur le dessus du sépulcre et huit moines, à 23h19, ont extrait le triple cercueil, de métal, de bois et de zinc, en le plaçant dans l'aire est de la crypte. 

Le pape Benoît XVI rendra-t-il visite à San Pio ? C'est une possibilité qu'a laissée sous entendre Monsignor d'Ambrosio au terme du discours aux fidèles dans lequel il a annoncé que la tombe du Saint avait été ouverte par reconnaissance canonique. ''Padre Pio - a-t-il dit - nous veut du bien. Vous avez déjà compris que peut-être Padre Pio nous portera … ''. Mgr Ambrosio a ajouté seulement un sourire, mais ses phrases ont été saluées des fidèles par un long applaudissement.

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Dieu fut son seul confident. Ses directeurs spirituels conservaient pieusement les lettres du début de son ascension spirituelle. Car, saint Jean de la Croix le souligne avec force, extases, ravissements, locutions intérieures ne sont que les premiers symptômes de l'appel à l'union avec Dieu, que la mort consomme. Vient un moment où toute lumière d'ici-bas devient ténèbres, où les paroles humaines sont broyées dans le feu incandescent du Verbe, où le silence s'impose.

Avec d'autant plus de rigueur que le contemplatif est par définition un exproprié. A partir du moment où la sainte obéissance l'a restitué aux pécheurs, Padre Pio fit dans toute l'acception de ce terme un homme mangé. Même sa prière de jour et de nuit ne lui appartient plu ! Les grâces qu'il obtient coûtent. Ce n'est pas pour rire qu'il est « décoré » des cinq plaies de son Seigneur.

On ne saurait trop souligner cet aspect de la spiritualité du Padre Pio. Il est vrai que l'Ordre des Capucins souffre d'un embarras de richesse. A côté du Padre Pio, le Père Léopold, le Père Giacomo (dont la tombe à Lourdes attire des foules), le Père Honorât de Pologne... combien d'autres en instance de procès de béatification ! Tous ils ont en commun le charisme de la réconciliation. Prisonniers du confessionnal, ils sont pour ainsi dire condamnés au silence, en plus de celui où Dieu les plonge pour les rendre plus attentifs aux voix innombrables qui les sollicitent.

Or, l'histoire de l'Eglise en témoigne, les plus grandes œuvres naissent dans le silence et l'abjection de la croix assumée. En commençant par ce grain de sénevé planté au Calvaire, pour le salut du monde ! L'aventure du Padre Pio n'est qu'un chaînon dans la série des faits qui, depuis deux mille ans, émaillent la vie des saints. Ils partent tous de zéro dans leurs entreprises « impossibles ». Mais, dit le Seigneur, « ce qui est impossible à l'homme, est possible à Dieu ». Qui aurait cru, il y a cinquante ans, que dans ce coin perdu du Monte Gargano naîtrait un hôpital modèle, digne de la tradition de Vincent de Saint-Paul, de Camille de Lellis ? Sans investissements de capitaux... de rien Et, plus près de nous, en France même, qui connaît l'humble et secrète origine de ces foyers de charité qui noyautent le monde ? Châteauneuf de Galaure ? L'œuvre du Père Maximilien Kolbe n'est elle pas née, elle aussi, de rien ?

De la tombe vivante à San Giovanni Rotondo jaillit un appel qui s'adresse à nous tous, mais en premier lieu aux médecins et à tous les services sanitaires du monde entier.
« Honneur, Respect, Amour pour les malades, surtout les malades pauvres qui représentent le Christ Seigneur « au carré ». A l'heure de si graves défaillances, source de tant de névroses (on ne trahit pas impunément l'unité essentielle du corps et de l'âme, promis à la résurrection), le message de Padre Pio est, par excellence, un programme de vie, axé sur les béatitudes.

Maria Winowska