Paroisse catholique Saint Michel

Dirigée par

 Monsieur l'abbé Paul Aulagnier

 

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Du 28 au 3 septembre

"la famille et la transmission de la foi et de ses valeurs "

 

 

Homélie : « la famille et la transmission de la foi et de ses valeurs ».


J’ai eu l’occasion de célébrer cette semaine l’anniversaire des vingt ans de mariage d’une famille amie. Je me permets de vous en donner le texte.


Bien chers amis,

20 ans de mariage !
Vos enfants ont voulu que vous chantiez au Seigneur votre action de grâces au milieu de vos amis. Ils ont lancé, au plus loin, leur belle carte d’invitation.

Comme Notre Dame, vous pouvez, en effet, vous aussi, chanter votre « Magnificat » : « Mon âme glorifie le Seigneur et mon esprit trésaille de joie en Dieu, mon Sauveur ».

La famille et ses fruits.

Les motifs de votre « Magnificat » commun, vous sont personnels et propres. Mais je ne me tromperais pas trop en disant qu’ils tournent ..., surtout aujourd’hui, autour de la beauté de la formidable institution du mariage, qu’ils tournent autour de ses biens...
Vous en avez goûté les fruits.

Votre union fut féconde. Elle fut fidèle, aimante et généreuse. Elle fut une et stable. Aussi s’est-elle écoulée, cette union, dans la joie et la paix et la fécondité de nombreuses œuvres...jusqu’à l’hébergement d’un petit cours primaire, la paix pour vous, la paix pour vos enfants.

Vous dites ainsi, à votre manière, par l’exemple que la joie se trouve dans le respect des lois conjugales que Dieu a voulu en créant la cellule familiale : le procréation, l’unité, l’indissolubilité.


La famille et la « transmission de la foi ».


Mais j’aimerais insister davantage aujourd’hui, en ce vingtième anniversaire, sur le fait que la famille est le lieu de la vraie « transmission de la foi ».

Saint Paul nous le rappelle lorsqu’il écrit à Timothée, son discipline bien aimé. Il lui rappelle que la foi qui l’anime, « c’était celle de Loïs, ta grand-mère, et d’Eniké, ta mère et je suis convaincu que c’est la même foi qui t’anime aussi » (2 Tim 1 5)

De ce témoignage de Saint Paul, la famille ne comprend pas seulement les parents et les enfants mais aussi les grands-parents et les ancêtres. La famille est une communauté de générations et « comme la garante d’un patrimoine de tradition ». Ainsi s’exprimait Benoît XVI à Valences, en juillet dernier..

La famille est une « vie », certes, elle aussi une « tradition » qui se transmet dans le temps de génération en génération.

Votre fierté, votre action de grâces est d’avoir su garder, vivre et transmettre cette tradition catholique, ce patrimoine catholique. Vous l’avez transmis à vos enfants et vous le transmettez...et avec quelle énergie, quelle joie, quel enthousiasme...une joie communicative...C’est du reste l’attitude du vrai chef qui communique dans la joie sa passion de vivre et de vaincre.

L’homme est un héritier.

Aucun homme ne s’est donné à lui-même son existence, ni a acquis par lui-même les connaissances élémentaires de la vie (naturelle et surnaturelle). Nous avons tous, tout reçu des autres. L’homme est un « héritier » ce qui fonde sa piété filiale et son patriotisme. Nous avons tout reçu des autres et d’abord des parents : la vie et les vérités fondamentales. Nous sommes appelés, Dieu l’a voulu ainsi, à atteindre la perfection de l’être en société, en famille. L’homme est un animal social, vivant dans une relation et une communion respectueuse, amicale et filiale avec autrui. C’est ainsi que la famille est ce lieu social nécessaire où se transmettent les vertus sociales

Fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, la famille exprime, réalise cette dimension relationnelle vitale. La famille est le milieu dans lequel l’enfant peut naître dans la dignité, grandir et se développer de manière intégrale. Il ne vit que parce qu’il en est le « petit » citoyen.

Bien conscients de ces vérités premières, vous y avez été fidèles.
Vous en rendez grâce aujourd’hui au Seigneur, au milieu de vos enfants, fiers...Et vos amis sont dans l’admiration...Ils sont venus aujourd’hui vous le dire et se réchauffer, si besoin était, au contact de votre propre famille, pour, eux aussi, fortifier leurs convictions sur la beauté de la famille.

On peut dire que la famille est ainsi un haut lieu de civilisation, un lieu nécessaire. Ainsi un pays est fort de la qualité de ses familles...Que par une raison quelconque elles faiblissent dans la transmission de ce patrimoine, et c’est la vie sociale entière qui en pâtira et cela nécessairement...

La famille et l’éducation

Lorsqu’une enfant naît, à travers la relation avec ses parents, il commence à faire partie d’une tradition familiale dont les racines sont encore plus anciennes. Avec le don de la vie, il reçoit tout un patrimoine d’expérience et de sagesse...Et le devoir des parents, comme saint Paul le rappelle à Timothée, un devoir et donc un droit inaliénables parce que fondés sur la nature, est de le transmettre aux enfants. C’est cela l’éducation : leur faire découvrir leur identité de fils, les initier à la vie familiale à travers la piété filiale, à l’exercice responsable de leur liberté morale, de leur capacité d’aimer à travers l’expérience d’être aimé et par-dessus tout les initier à la rencontre avec Dieu...C’est alors que les enfants grandissent et mûrissent humainement. Les enfants doivent accueillir avec confiance ce patrimoine. C’est pourquoi, dans une vraie famille, il ne peut y avoir de conflit de générations....Dans une vraie famille, les enfants reçoivent...approfondissent, accueillent...créent du nouveau s’ils en sont capables mais toujours sur le « terreau » des choses anciennes et transmises.

La famille est la cellule sociale où se transmet, vous dis-je, la tradition, la filiation humaine et ses valeurs d’amour de la vie.

La famille et la vie divine transmise

Mais elle est aussi et surtout le lieu où se transmet la filiation divine.

A l’origine de tout homme et en même temps de toute paternité et maternité, Dieu Créateur est présent.. Vous en êtes bien conscients...Et c’est pourquoi vous avez accueilli les enfants qui sont nés de vous, non seulement comme de vous mais aussi comme de Dieu, comme l’a dit Benoît XVI à Valences...Du reste, ils sont plus de Dieu que de vous, en ce sens qu’ils ont leur être de Dieu alors que vous leur avez donnés seulement le « fieri », le « devenir » ...Ils sont plus de Dieu que de vous, ils sont « comme de Dieu » qui les aiment pour eux-mêmes et qui les appellent à la filiation divine. Et c’est pourquoi vous vous êtes empressés de les porter tous sur les fonds baptismaux pour leur donner cette filiation divine, le plus beau des trésors, la plus belle des traditions ...même la Tradition. Vous la leur avez transmise et ainsi vous leur avez révélé le nom de Dieu qui est « Père », Notre Père...Et la mémoire de ce Père éclaire, de fait, l’identité d’un chacun, a dit le pape : d’où venons-nous, qui nous sommes et quelle est la grandeur de notre dignité.

Cela, vous l’avez appris à vos enfants. Ils savent qu’ils viennent de vous, Ils sont vos enfants. Mais ils viennent aussi de Dieu. Ils disent nous venons aussi de Dieu qui nous a créés à son image et qui nous a appelés à être ses fils. C’est pourquoi à l’origine de tout être humain, il n’existe pas de « hasard » mais un projet de l’amour de Dieu. C’est ce que nous a révélé Jésus-Christ, vrai Fils de Dieu et homme parfait. C’est ce que continue d’enseigner l’Eglise. Voilà ce qu’on appelle la Tradition : la Vérité de Dieu transmise par l’Eglise. Et l’objet essentiel de cette Vérité traditionnelle est que nous sommes « les « bénis de Dieu en Jésus-Christ », ses fils adoptifs.

Saint Paul l’écrit dans son Epître aux Ephésiens : « Béni soit Dieu, le Père de NSJC qui nous a bénis en NSJC de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les cieux. C’est en Lui que Dieu nous a élus dès avant la création du monde pour que nous soyons saints et irréprochables devant Lui, nous ayant dans son amour prédestinés à être ses fils adoptifs par Jésus-christ selon le bon plaisir de sa volonté... » (Eph 1 3)

Voilà la Tradition, merveilleusement exprimée par Saint Paul et gardée jalousement par l’Eglise.
Voilà ce à quoi votre foyer a voulu rester fidèle.
Voilà votre foi.

Dès lors, la famille n’est donc pas simplement le lieu d’un simple héritage culturel, d’un simple patrimoine matériel et littéraire...Elle est le lieu surtout d’une action continue de la grâce de Dieu qui appelle à cette filiation divine. Et c’est pourquoi il y a un lien nécessaire entre la famille et l’Eglise. La famille a besoin de l’Eglise qui lui donne la grâce et l’Eglise a besoin de la famille qui permet la grâce d’éclore heureusement....

La famille et la liberté.

Mais la liberté humaine de l’enfant peut adhérer ou ne pas adhérer à cet appel.

Alors là, dans ce jeu de la liberté, le rôle des parents est capital. Leur témoignage de foi et d’ espérance est primordial auprès des enfants.

Vous avez su le leur donner.

Et vos enfants aujourd’hui veulent vous en rendre grâce. C’est leur propre témoignage de reconnaissance affectueuse. Ils vous remercient de votre amour conjugal, vécu et imprégné de la foi chrétienne et d’espérance joyeuse. En cet amour, ils s’y sont tous comme désaltérés comme la biche près de la source fraîche. Ils y ont tout découverts...et surtout le sens profond de leur vie. Ils se sentent joyeux et reconnaissants pour ce don de cette filiation qui, par l’éducation donnée, vous leur avez permis de garder : un don précieux ! Oui rien moins que la vie éternelle.

Ainsi la famille transmet-elle la foi. C’est dans la famille chrétienne que l’enfant aussi apprend à prier qu’il s’approche des sacrements et qu’il est introduit dans la vie de l’Eglise. IL y a en ce sens, redisons le, une complémentarité nécessaire entre la famille et l’Eglise. La famille ne peut être « sanctuaire du divin » que parce qu’elle est sujet, membre de l’Eglise, au cœur de l’Eglise. A ce niveau on peut mesurer le préjudice que la crise de l’Eglise fait courir aux familles....

Et si la vie familiale transmet la foi, elle transmet aussi la liberté, le plus beau des patrimoines. La véritable liberté de l’être humain vient du fait « d’avoir été créé à l’image et à la ressemblance de Dieu ». Voilà le principe. « Spirituel », « libre » : ce sont deux notions qui s’appellent : « spirituel et donc libre ou libre parce qu’être spirituel ».

Et c’est parce que vous avez vécu cela que vous avez su donner cette éducation qui est une éducation de la liberté, pour la liberté et vos enfants vous en rendent grâce aujourd’hui.

Vous avez su leur faire comprendre que si la liberté est le principe de l’être spirituel, un apanage de l’être humain, elle n’en est pas cependant au commencement mais à la fin. Elle est comme la fleur ou le fruit de l’arbre. Elle est le fruit de la vertu humaine, des vertus humaines. Autrement dit on n’est pas libre à proportion qu’on est meilleur. Il faut le devenir. La liberté est le fruit de la vertu.

Vous avez su ainsi protéger vos enfants de la mauvaise conception de la liberté de la culture actuelle qui ne développe pas la liberté mais la licence. Comme le dit Benoît XVI : « On exacerbe souvent la liberté de l’individu conçu comme un sujet autonome comme s’il se faisait lui-même et qu’il se suffisait à lui-même en marge de ses relations avec les autres et étrangers à ses responsabilités avec autrui. On entend organiser la vie sociale et familiale à partir de désirs subjectifs et changeants sans aucune référence à une vérité objective préalable ».

En cette ultime phrase, tout est dit en la matière. La liberté est fondée sur le vrai !

Ces « vérités préalables », vous avez su les inculquer à vos enfants : celle de la dignité de l’être humain parce que spirituel, fait à l’image de Dieu, celles des devoirs et des droits inaliénables à la personne humaine...mais surtout celles de NSJC et de son amour de charité. « Jésus-Christ est homme parfait, l’exemple de la liberté filiale qui nous enseigne à communiquer aux autres son propre amour. Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimé. Demeurez dans mon amour ». (Jn 15 5)

C’est dans cet amour religieux, divin, surnaturel, « christique », comme étant le prolongement de l’amour bienveillant de Dieu, que vous avez su accueillir dans votre foyer vos nombreux enfants.

Et c’est aussi dans ce même amour chaleureux que vos enfants ont grandi
Heureux sont-ils

Car l’amour parental est « comme le fondement sûr, comme le rappelait encore Benoît XVI, à Valences, qui favorise toujours la croissance et le bon développement de l’enfant, qui nous aide grandement à mûrir sur notre chemin vers la vérité et l’amour et à sortir de nous-mêmes pour entrer en communion avec les autres et avec Dieu ».

Oui, il faut redire que l’amour conjugal est la raison de la famille. Il est au cœur de la famille. Voilà pourquoi on parle de « foyer ». Il est la raison de l’éducation tant il est vrai que l’amour se communique. On retrouve ici la définition même de l’amour : « diffusivum sui ».

Alors on comprend très bien pourquoi l’Eglise mène et mènera jusqu’au bout le beau combat de la famille tellement menacée aujourd’hui. C’est une question de survie de la société politique.
Aussi par ma bouche, vous exprime-t-elle sa reconnaissance, à vous, à votre famille, à votre épouse, pour avoir su respecter et ainsi promouvoir la merveilleuse réalité du mariage indissoluble.

Vous avez su créer une belle famille
Vous avez reconnu et soutenu cette institution. Vous avez ainsi su apporter le plus beau des services au bien commun de la société en assurant la véritable liberté de vos enfants. L’Eglise vous en exprime toute sa reconnaissance.
Et c’est pourquoi je vous félicite d’avoir su organiser cette journée qui est une journée toute à la gloire de la famille. Au delà même de vos personnes, c’est la famille que vous avez voulu exalter, louer, fêter. C’est bien !