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 Un regard sur l’actualité politique et religieuse

 Au 7 novembre  2004

 

N°16

Par Monsieur l’abbé Paul Aulagnier

 

 

 

L’affaire Gollnisch

révélatrice

d’une manifestation

de « terrorisme intellectuel »

ou

encore

de « l’asservissement des esprits »

 

Une protestation d’honneur

 

 

Je ne me penche pas sur cette « affaire Gollnisch » par attachement au parti du FN.

Prêtre de l’Eglise catholique, je n’ai qu’un parti en tête et au cœur : le « parti de Dieu ». C’était même l’appel et la résolution de saint Pie X dans sa première encyclique qu’il adressait aux évêques et au monde catholique « E supremi apostolatus » : « de partis d’ordre capables de rétablir la tranquillité au milieu de la perturbation des choses, il n’y en a qu’un : le parti de Dieu. C’est donc celui-ci qu’il nous faut promouvoir ; c’est à lui qu’il nous faut amener le plus d’adhérents possibles, pour peu que nous ayons à cœur la sécurité publique ». Voilà le parti de mon cœur, le seul…Mon souhait : que tous les partis, quels qu’ils soient, respectent les lois de Dieu. Alors la justice sera respectée au bénéfice de tous.

Autrement dit, ma pensée politique c’est celle de l’Eglise, c’est celle de sa doctrine sociale, qui a pour point d’orgue, comme le dit encore saint Pie X, son fameux « tout restaurer dans le Christ ».

 

Je ne me penche pas non plus sur cette affaire « Gollnisch » en raison de l’amitié et de  l’estime que je lui porte,  la noblesse dont il fait preuve dans cette affaire ne pouvant qu’accroître cette estime,  ni au respect que je dois avoir pour ses nombreux titres universitaires. Non. 

 

Je ne me penche pas non plus sur cette affaire pour discuter historiquement le problème du « révisionnisme ». Ce n’est pas mon objet.

 

Je m’intéresse à cette affaire parce qu’elle est révélatrice d’un phénomène moderne, elle est  révélatrice du formidable « pouvoir médiatique », d’un  formidable développement du « terrorisme intellectuel » en notre pays. Ce dont j’ai horreur. Il me plait de le dénoncer au seul titre de ma  liberté intellectuelle qui fait ma fierté « d’homme libre ».

 

J’ai relevé dans la presse politique quelques expressions qui révèle bien la nature de ce phénomène, de ce mal de société.  J’ai vu qu’on parlait volontiers, à l’occasion de  cette « affaire Gollnisch », de vrai « lynchage médiatique », d’une opération d’un  véritable  « asservissement des esprits ». On parle même d’une « vraie campagne de persécution du politiquement correcte » ou encore d’une vraie « orchestration diffamatoire »

 

Cela aussi est un phénomène moderne.  Il ne peut échapper à mon «  regard sur le monde… » au 7 novembre 2004. C’est trop criant.

 

Il faut  dénoncer cet « asservissement des esprits » sans crainte et sans reproche, même à mon petit niveau, pour l’honneur,  sinon on finira bientôt par ne plus pouvoir penser et réfléchir en dehors de ce qui est « politiquement correcte »,  - attention à la prochaine loi sur l’homophobie !  -,   voire même en dehors de ce qui est « religieusement correcte ».

 

Qu’on se le dise : l’Eglise catholique engendre des enfants « libres » comme la vraie Patrie engendre des sujets libres. La France particulièrement. La Province d’Auvergne aussi.

 

Ceci est dit  pour bien préciser mon propos.  

 

 Voyons maintenant les faits de ce véritable « lynchage médiatique »,  « le lynchage médiatique de Bruno Gollnisch » qui est,  comme le dit très bien Jean Madiran dans Présent du 16 octobre 2004, « une tentative d’assassinat moral cherchant à fomenter un guet-apens judiciaire ». Ainsi en  décrit-il les étapes.  

 

A – Le problème : le rapport de la commission présidée par Henri Rousso.

 

Devant les attaques répétées contre la jeune université de Lyon III comme étant un centre et un repère… du « négationnisme », l’ancien ministre Jack Lang nomme une commission présidée par Monsieur Henri Rousso, historien intègre « personnalité estimable » dira même Gollnisch dans sa conférence de presse du 11 octobre 2004. Cette commission, après trois ans d’enquête vient de remettre , c’est le 6 octobre dernier,  ses conclusions au nouveau ministre de l’éducation nationale :  François Fillion.

 

Ce rapport a tout pour contrarier la « gauche » car il ne dénonce pas, bien au contraire, ce que les opposants au « négationnisme » attendait : une confirmation pure et simple de leurs attaques. Voilà l’objet de leur « colère » présente …Ils se vengent.  Peut-être !

 

En effet, après avoir dépouillé des milliers de documents et mené des dizaine d’entretiens, la commission refuse  de confirmer le slogan : «  Lyon, capitale du négationnisme »   (…) «  Il n’offre que peu de pertinence », estime-t-elle.

 

Voilà comment Jacques Langlois dans Rivarol du 15 octobre, sous le titre « Lyon III: la baudruche se dégonfle » raconte les faits.

 

« La cause est entendue : s’il est «  incontestable que les fondateurs de Lyon III ont plus que toléré l’expression des idées d’extrême droite (qui ne sont pas interdite que l’on sache) au sein de l’université » celle-ci n’est pas pour autant « une « fac-facho », sauf à considérer que quelques militants d’extrême droite, « même s’ils sont toujours actifs, suffisent à qualifier ainsi une université de taille conséquente ».

 

Commandé à une commission créée tout exprès et présidée par l’historien Henry Rousso (dont Bruno Gollnisch a rappelé qu’il était « un historien engagé, une personnalité juive, une personnalité estimable…») le rapport sur « le racisme et le négationnisme à l’université Jean Moulin-Lyon III » était impatiemment attendu depuis près de trois ans par l’Intelligentsia et ses relais, dont la très médiatique association estudiantine Hippocampe, qui hurlaient à la mort contre les déviants, enseignants ou étudiants.
Comme l’écrit Libération, qui a publié en avant première l’essentiel des conclusions remises le 6 octobre à François Fillon. « Le rapport a tout pour déplaire » car il ne frappe pas « forcément là où les opposants au négationnisme l’attendaient ». Après avoir dépouillé des milliers de documents et mené des dizaines d’entretiens, la commission refuse en effet d’établir une « linéarité » entre les conditions de la création de Lyon III en 1973  - qui « ne peut se réduire à une manœuvre de l’extrême droite universitaire »  - la création de l’Institut d’études indo-européennes en 1980, l’affaire de la thèse Roques en 1986, l’affaire Notin en 1990 et l’affaire Plantin qui « n’entre pas dans  le même registre ». « Le slogan « Lyon, capitale du négationnisme » ( …) n’offre que peu de pertinence », estime-t-elle. En revanche, elle souligne « l’âpreté avec laquelle les dirigeants de Lyon II et de Lyon III ont cherché à transférer les éventuelles sanctions à prendre contre les enseignants  (…) à l’échelle du ministère », une constante  - et pas seulement à Lyon ! qui montre « avec éclats les limites du principe d’autonomie des université pourtant mis en avant dans presque toutes les situations évoquées ici ».

 

In fine, pour « sortir de la crise », Henry Rousso et les autres commissaires préconisent la mise en place « de mécanismes d’alerte, de réflexion et d’éventuelles résolutions des problèmes, en essayant de les circonscrire dans un premier temps au sein de l’université, et en évitant les effets de scandale ou la pression extérieure ».

 

Or, les effets de scandale et la pression extérieure, c’étaient justement les armes favorites de ceux qui, sous prétexte d’éradiquer le « négationnisme » et l’ « extrême droite » des facs lyonnaises, escomptaient bien les normaliser pour en faire des fiefs d’extrême gauche. Un espoir déçu. A moins que le ministre ne manipule le rapport pour lui faire dire le contraire de ce qu’il dit. » (Riv 15 octovre 2004)

 

Voilà pour la présentation du problème. L’objet du conflit est clairement décrit ici dans cet article.

 

 

B – Conférence de presse de Bruno Gollnisch.

 

Le 11 octobre, Bruno Gollnisch,  professeur à Lyon III, donne dans les locaux de son parti, une conférence de presse et commente, entre autres sujets, le rapport « Rousso ». C’est l’objet évident de la conférence de presse.

 

Bruno Gollnisch le précise bien  dans sa conférence du 28 octobre : « Elu lyonnais, j’ai évoqué le 11 octobre, lors d’un petit déjeuner de presse, cinq sujets politiques : Constitution européenne, adhésion de la Turquie, otages en Irak, rentrée politique, dont le cinquième était le Rapport Rousso sur l’Université lyonnaise, commenté largement dans la presse nationale et locale. »

 

Madiran, qui, dans Présent du 16 octobre, donne l’essentiel du texte de cette  conférence de presse et qui en accompagne la lecture, fait remarquer qu’elle ne concernait nullement le problème des « chambres à gaz », mais bien la réalité de la situation à l’université de Lyon et les anomalies qui ont marqué l’institution par Jack Lang et l’utilisation par Libération du « rapport Rousso ».

 

Aucun journal de la grande presse n’a dit un seul mot des importantes révélations et mises au point faites par Bruno Gollnisch, dans cette conférence de presse. Comme si cette conférence n’avait pas eu lieu. Comme si elle n’intéressait pas…

 

C’est pourquoi, il est très heureux de donner l’ensemble des propos tenus par Gollnisch lors de cette conférence.

 

Mais comment connaissons-nous les paroles de Gollnisch ?

 

Le journaliste Florent Dessus

 

Le journaliste Florent Dessus, du journal lyonnais « Vox Rhône-Alpes », journal distribué gratuitement dans la région lyonnaise, a assisté à ce « petit déjeuner de presse ». Il retranscrit ces notes personnelles prises lors de la conférence. C’est donc un témoin autorisé. Avant de donner, en page 3, les propos de Golnisch , il fait une présentation à  la « une ». Sous le titre « L ‘affaire Golnisch » , il écrit :

« Le 11 octobre, M. Bruno Gollnisch, le numéro deux du FN effectue sa rentrée politique à l’occasion d’une conférence de presse au siège lyonnais de son parti. Nous y sommes présents.

Rien que de très convenu dans le discours du leader frontiste, qui, égal à lui-même, affirme son refus de voir la Turquie intégrer l’Europe, dénonce les fanatiques islamistes, avant de s’étendre longuement sur le rapport Rousso, concernant l’Université à laquelle il appartient.

Vient une question concernant l’existence des chambres à gaz à laquelle il répond (lire p.3) S’en suit un tollé général, une levée de boucliers, des cascades de déclarations. Autant de réactions parfaitement concevables si M. Gollnisch avait effectivement nié l’existence des chambres à gaz. Ce qui n’est pas le cas. S’il avait tenu les propos qu’on lui prête, nous aurions été les premiers à les dénoncer. Mais il se trouve qu’on ne peut pas lui faire dire le contraire de ce qu’il a dit. Nous publions ses propos in extenso, non pas que nous y adhérions, mais pour éclairer nos lecteurs. M Gollnisch est trop fin politique pour commettre une telle bourde un lundi matin à froid…Alors force est de constater qu’il s’est fait piéger, que la machine médiatique s’est emballée et que l’ensemble de la classe politique a suivi. Jusqu’au Garde des Sceaux qui a demandé à la justice d’ouvrir une enquête avant d’éventuels poursuitesNous avons décidé de publier l’intégralité de ses propos qui n’ont été ni enregistrés, ni filmés, à partir des notes que nous avions prises lors de sa conférence de presse. A nos lecteurs de se faire leur opinion » Florent Dessus. « 

 

En page 3, nous trouvons le texte des propos tenus par Bruno Golnisch, que  je fais accompagner des quelques considération ( en gras italique dans ce texte) de Jean Madiran. Présent, en effet, fut le seul quotidien d’audience  nationale à donner ce texte capital en cette « affaire ». Ce qui montre, soit dit au passage, la grande utilité de ce quotidien.

 

« Bruno Gollnisch : ce qu’il a vraiment dit »

« Je ne nie pas l’existence des chambres à gaz… ».

 

Voici le texte de ses déclarations (verbatim)

 

« La « presse de la pensée » ne s’intéresse guère au discours de haine que tiennent pas exemple les fanatiques islamistes qui voudraient faire sauter la cathédrale de Strasbourg et le marché de Noël, et qui sont jugés au Tribunal Correctionnel de Paris. Au fait, pourquoi le Tribunal Correctionnel de Paris et non la Courir d’Assises de Colmar ?

Non ce n’est pas cela qui retient l’attention des censeurs. C’est l’existence de 5 ou 6 « dissidents » à l’université de Lyon. Entendez par là des universitaires suspects d’être « politiquement incorrects »

 

« C’est ainsi que Jack Lang, alors ministre de l’Education nationale, avait nommé,  -fait inouï dans l’université française  - un enquêteur dans la personne de M. Rousso. Imagine-t-on un ministre de droite nommer quelqu’un pour enquêter sur les recrutements passés de communistes, trotskistes, maoïstes et autres qui ont  consciencieusement noyauté l’université française depuis cinquante ans ? Il y aurait de quoi faire !

 

« Première surprise 

« Le rapport de M. Rousso n’a pas été communiqué au président de l’Université et aux mis en cause, mais publié dans Libération.

« Certains pouvaient craindre qu’une mission aussi extravagante n’enfreigne l’adage « nemo judex in causa sua propria », « personne ne saurait être juge en sa propre cause ». Car M Rousso, historien estimable d’origine juive, directeur de l’Institut d’histoire du temps présent, adversaire déclaré des « révisionnistes » dont on disait  - à tort  - que l’université lyonnaise était truffée, aurait pu être considéré comme un historien engagé contre ce qu’il avait pour mission d’étudier. Et cependant, il semble que son rapport soit, sinon la montagne qui accouche d’une souris, du moins une douche froide pour les persécuteurs de la liberté de pensée.

 

« En effet, si on lit entre les lignes la déception de la presse « bien pensante », il semblerait que le rapport soit très sévère pour les associations extrémistes du type « Hippocampe », « René Cassib, UEJF, etc ., et aussi pour l’indigne traitement médiatique réservé à l’une des meilleures universités françaises. Il reconnaît aussi une évidence : l’existence du pluralisme politique dans l’Université de Lyon III, celle qui était particulièrement visée. »

 

« Le fameux recrutement »

 

« La principale calomnie partout répétée visait le «  recrutement » prétendument réservé, à Lyon III, aux extrémistes de droite. Comment pouvait-il se faire qu’un personnage aussi odieux que Bruno Gollnisch, factieux, cet abruti, cet analphabète, ait été recruté pour une chaire de civilisation japonaise ?

A cette occasion Bruno Gollnisch s’est donc trouvé amené à exposer quels sont ses titres universitaires, que d’habitude il passe sous silence et qui par suite sont peu connus. Il a bien fait de les rappeler .

 

Répondant à une question sur le recrutement des professeurs de l’Université, M Gollnisch répond :

 

« Tout au plus le rapport Rousso mettrait-il en cause quelques recrutements. J’ignore ce qu’il en est. Ce dont je suis sûr c’est qu’en ce qui me concerne, avant d’y être nommé, je ne connaissais rigoureusement personne à l’Université Lyon III, et que j’ai appris la création d’une chaire de japonais par le Journal officiel de la République où les vacances sont publiées pour que chacun puisse faire acte de candidature.

«  Quant à mes titres, au risque d’être prétentieux, je les compare volontiers avec ceux de mes collègues de gauche et d’ailleurs : quand en 1980 j’ai été candidat à cette chaire, j’étais maître de conférence à Metz, docteur en droit, lauréat de l’Université de Paris, diplômé des langues orientales en japonais, malais, indonésien, ancien Research fellow à l’Univiversité de Kyoto, membre de la société japonaise de droit international et de diplomatie . A l’âge de 25 ans, j’avais créé les cours de droit du Japon, à l’Institut des langues orientales, et de droit des pays d’Extrême-Orient, à la faculté de droit de Paris. Mes Maîtres étaient alors : Jacques Robert, ancien président de l’Université de Paris II, nommé en conseil constitutionnel par Laurent Fabius ( une personnalité d’extrême droite ?), René Rodière, éminent juriste, et les deux plus grands japonologues français : René Sieffert, ancien président des langues orientales et Bernard Frank, du Collège de France. Aucun ne passe pour avoir eu des sympathies politiques pour mes convictions ! La seule personnalité du régime de Vichy à avoir joué un rôle dans ma carrière a été … François Mitterrand, qui, comme président de la République, a signé mon décret de nomination !

« D’ailleurs et contrairement à ce qui est dit, si le nombre d’enseignants sympathisants de la droite nationale à l’Université était au prorata du nombre de voix Front national aux dernières élections sur le département du Rhône, leur effectif ne serait pas de 5 ou 6 enseignants sur 400, mais devrait être de 80 environ. Ce serait le cas normal, si l’Université était représentative dans ses opinions de la diversité du corps social. On voit là le sectarisme habituel de la gauche, qui a noyauté sans vergogne depuis cinquante ans l’Université française, et qui trouve encore le moyen de s’indigner que quelques sympathisants de la droite nationale aient pu se frayer un chemin dans une carrière académique, à Lyon ou ailleurs. »

 

« Autres précisions »

 

 

« Les Français en général et les lyonnais en particulier sont peu informés de la réalité des persécutions et des mensonges.

Ils devraient savoir par exemple :

« Que le Conseil supérieur des Universités a ordonné que M. Notin fasse cours. Et que seule la crainte des milices violentes conduit l’administration à violer le droit en lui demandant de rester chez lui !

« Que M. Plantin a été rétabli dans tous ses titres par la juridiction administratives après la pitoyable pantomime d’annulation rétroactive de ses diplômes par une administration et des enseignants terrorisés, dont il avait été la victime.

« Que M. Roques, auteur de la fameuse thèse de Nantes, était considéré publiquement comme le meilleur spécialiste de la question par le célèbre historien Alain Decaux, académicien et ancien ministre socialiste.

« Que la Cour des comptes a parfaitement validé le paiement par l’Université de l’imprimeur de la revue de l’Institut d’étude indo-européenne ( au sujet duquel on avait déclenché un scandale contre le président Guyot), ce qui était bien le moins, puisque l’Université avait repris le produit des abonnements à cette revue !

 

Répondant à la question d’un journaliste concernant l’existence des chambres à gaz durant la seconde guerre mondiale :

 

Je ne nie pas l’existence des chambres à gaz homicides. Pour autant n’étant pas spécialistes de ces questions je considère qu’aujourd’hui le débat, y compris sur ces questions, doit être libre entre historiens ; il n’y en a d’ailleurs plus un de sérieux qui adhère totalement aux conclusions du procès de Nuremberg. Je ne suis pas l’apologiste des crimes commis par le national-socialisme, mais j’observe que le massacre de katym (NDLR en Pologne) y avait été mis sur le compte des Allemands avant que l’on ne s’aperçoive qu’il s’agissait de crimes à mettre à celui des Soviétiques… »

« Tout cela, et bien d ‘autres choses devrait tourner à la confusion des délateurs qui prennent toute une université en otage, ses enseignants et ses étudiants.
 « Qui, enfin, osera le leur dire ? »

 

« Son intervention au Conseil régional Rhône-Alpes

 

Le 14 octobre, l’ordre du jour du Conseil régional prévoyait un débat sur l’Université de Lyon. Bruno Gollnisch est intervenu pour lancer un grave avertissement :

 

« …L’université de Lyon souffre aussi d’une semestrialisation qui est en fait une trimestrialisation c’est-à-dire que les locaux ne sont rentabilisés que 60% de l’année et que les étudiants doivent souvent passer en décembre des examens sur les cours commencés début octobre, ce qui n’a guère de sens.

 

« Mais  L’université lyonnaise a surtout besoin d’équité et de liberté. Elle n’a pas besoin de commission d’enquête sur des recrutements qui sont irréprochables, comme en témoigne  la parfaite diversité d’opinion de son corps enseignant. Que ne diriez-vous pas, mes chers collègues de gauche, si un ministre de droite avait nommé quelqu’un pour enquêter sur les recrutements passés de communistes, trotskistes, maoïstes et autres qui ont en grand nombre fait carrière dans l’université française depuis cinquante ans !

 

« Mais si l’on fait malgré tout sur elle des rapports, l’Université lyonnaise a le droit d’en avoir connaissance, ainsi que les personnes mises en cause, avant d’en connaître quelques lignes par un journal d’extrême gauche qui en a eu la primeur, et même semble-t-il l’exclusivité ! Et les institutions et les personnes concernées, ont le droit de faire connaître leurs observations, comme n’importe quel administrateur mis en cause par la Cour des comptes qui, avant la publication de rapport, est admis à faire connaître son opinion, laquelle est publiée avec le rapport !

«  Les enseignants qui on été mis en cause injustement ont droit, aux termes de leur statut, à la protection publique de leur président, du recteur chancelier et du ministre, ce qui, il faut le reconnaître, n’a guère été le cas au cours des dernières années !

« L’Université lyonnaise n’a pas besoin que l’on glose sur les opinions politiques de ses enseignants en suspectant leur recrutement : faute de quoi on sera contraint de relever ce qui constitue la véritable anomalie : le fait qu’il n’y ait que 7 ou 8 enseignants proche de la droite nationale sur 400, alors qu’ils devraient être aux environs de 80, si l’Université était représentative dans ses opinions de la diversité du corps social telle qu’elle se manifeste régulièrement aux élections du département du Rhône dont elle occupe le cœur.

« Ou bien, il faut dire clairement que les sympathisants de la droite nationale n’ont pas le droit de se frayer un chemin dans une carrière académique, à Lyon ou ailleurs. Mais, alors, ne venez plus nous parler de réprimer la discrimination qui s’exerce en raison des opinions politiques ! »

 

« L’avertissement »

 

« L’Université française a besoin de la liberté de la recherche, dans tous les domaines, y compris en sciences sociales : linguistique, ethnologie, démographie, économie, philosophie, histoire, sans tabous, sans exclusives, sans persécutions, sans menace de sanctions professionnelles ni de sanctions pénales, sans pitoyables et illégales annulations rétroactives de diplômes en fonction des opinions soutenues dix ans plus tard par leur détenteur, ce que l’on ne ferait pas contre le pire criminel, sans suspensions, sans amendes, sans prisons, sans confiscations de livres ou d’ordinateurs, sans interdictions de publier, sans violences physiques exercées contre les dissidents, tous phénomènes réels, limités en nombre heureusement jusqu’à ce jour, mais qui peut savoir ce qu’il en sera demain ?

 

« En défendant aujourd’hui cette liberté de recherche, y compris celle des  proscrits, chers collègues de la majorité comme de l’opposition, c’est peut-être la vôtre que je défends demain. Réfléchissez-y »

 

C  – Des réactions « hostiles » très vives

 

Ainsi depuis cette conférence de presse du 11 octobre, pour ces paroles, en raison de ces paroles, Bruno Gollnisch est « victime d’une véritable hystérie politico-médiatique » (Riv. 22 octobre)

 

A tel point que l’on peut assurément se demander si cette levé de boucliers n’aurait pas pour objectif de faire oublier le rapport Rousso dont la modération a tant scandalisé la « gauche » et le cercle de Marc Bloch qui, dans un communiqué vengeur, affirme que « le rapport Rousso ne mérite aucune estime sinon un geste : être mis au panier » (Riv 22 octobre 2004 p.2)

 

Oui quoiqu’il en soit, suite à cette déclaration de Gollnisch, c’est le lynchage, le bûcher.

 

Jacques Langlois, dans Rivarol, le compte très bien :;

 

« Vite le bûcher !

 

1- C’est d’abord la réaction très vive de M Guy Lavorel président de l’université de Lyon III

 

a ) D’abord un communiqué

 

« Sous la forte pression du recteur de l’académie du Rhône, Alain Morvan, qui  a déclaré que « l’université française jou(ait) très gros sur cette question », le président de l’université Lyon III, Guy Lavorel, a ainsi annoncé dès le 13 octobre, dans un communiqué où il évoque sa « stupeur » face aux propos de B Gollnisch qu’il qualifie d’ « inacceptables tant en eux-mêmes que par la grave atteinte qu’ils portent à l’honneur et au crédit de l’université dans son ensemble », qu’il demandait « au ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la suspension de l’intéressé ». G. Lavorel va par ailleurs « saisir la section disciplinaire de l’université JeanMoulin ».

 

b - Puis une conférence de presse

 

C’est également une  conférence de presse du même Guy Lavorel, le mercredi 20 octobre où il  annonce la décision d’une procédure judiciaire contre son professeur. Là,  il ose affirmer : « Concernant ce qui sera reproché à M Gollnisch, l’instruction est en cours ». Donc « on veut condamner, fait remarquer Madiran dans Présent du 22 octobre, mais on ne sait pas encore pourquoi »

 

c- Gollnisch réagit par un communiqué

 

 Alors Gollnisch en prend acte dans un communiqué, généralement passé sous silence. En voici le texte intégral :

 

« J’ai pris connaissance du contenu de la conférence de presse du président de l’université Lyon III, M. Lavorel. Si j’ai bien compris, on ne sait pas encore clairement ce que l’on me reproche, on se garde bien d’ailleurs de me demander ce que j’ai dit, mais l’urgence absolue et de me juger, pour me condamner, bien sûr !

« S’agit-il de mes prétendues « déclarations sur les chambres à gaz » (sic). Mais justement, je n’ai fait aucune déclaration sur les chambres à gaz ! s’agit-il d’avoir mentionné l’origine familiale et l’engagement académique de M. Rousso, mais je ne l’ai fait que pour souligner l’impartialité de la plus grande partie de son rapport et son absence de complaisance !

« Il est désolant que des autorités académiques, qui devraient plus que quiconque, être soucieuses d’exactitude et de défense des libertés, cèdent ainsi à la pression.
  « Je ne pense pas, au demeurant que le conseil de discipline de l’université soit compétent pour traiter de la conférence de presse d’un élu, dans les locaux de son parti, même si l’un des cinq points de cette conférence politique visait les persécutions politiques dont les universitaires lyonnais sont l’objet.

« Si on voulait en avoir la preuve, elle est administrée de façon évidente. »

 

2 -C’est la réaction de président du Parlement européen

 

« Président du Parlement européen, le socialiste Joseph Borreil a quant à lui « condamné et dénoncé des propos qui nous révulsent, nous interpellent et nous choquent ». Puis il a lancé, théâtral, à l’adresse de Bruno Gollnisch qui « devra répondre de ses propos devant les  tribunaux » car « le parlement européen ne tolère pas ce genre de déclarations » : « Sachez que j’ai honte d’avoir entendu un député européen remettre en cause par des affirmations scandaleuses l’existence des chambres à gaz. On, ne peut nier l’histoire, on ne peut contester l’Holocauste. J’espère que vous serez redevable de ces calomnies devant la justice »(Riv 22 octobre 2004)

 

3 -C’est la réaction de tous les parlementaires socialistes français

 

« Le président de la délégation socialiste française au Parlement européen Bernard Poignan a de son côté affirmé que tous les socialistes voteront la levée de l’immunité de Gollnisch si la demande en était faite car « tout propos révisionniste remet en cause les valeurs qui nous unissent et les fondements sur lesquels nous bâtissons la formidable œuvre européenne ».

 

« Peut-on dire plus clairement que la « Shoah » est la clé de voûte, la pierre angulaire de l’idéologie dominante ? » conclut le rédacteur de l’article.

 

4 - C’est  la réaction du député UMP Patrick Gaubert

 

A la suite de l’agence de presse francophone Israël News qui s’indigne de ce chapelet « d’inepties et d’horreur » (sic), l’eurodéputé UMP Patrick Gaubert a demandé officiellement à J Borrell que le bureau du Parlement européen se saisisse d’urgence de cette question car il trouve « abject ce silence (resic) de tout le monde ». « La classe politique et les députés au Parlement européens sont en-dessous de tout »., se lamente le président de la LICRA. Gollnisch est mis en baisse dans le baromètres du Point, de l’Express et du Nouvel Observateur qui lui reprochent d’avoir déclaré qu’il appartenait aux historiens de se déterminer quant à l’existence des chambres à gaz », - étrange critique de la part d’un hebdomadaire pour lequel l’histoire est en perpétuelle recherche et qui encensa par exemple l’auteur de la « Controverse de Valladolid » sur l’évangélisation des Indiens »

 

5 - Ce sont les réactions également au Conseil régional de Rhône-Alpes

 

« Au conseil régional de Rhône-Alpes, c’est aussi l’union sacrée contre le numéro deux du FN puisque, au nom des groupes PC, PS, PRG, Verts, UDF et UMP, le président Jean-Jack Queyranne  a lu en séance plénière le 14 octobre un texte condamnant les déclarations de Gollnisch. Comble de grotesque, les élus de gauche ont fredonné « le (très haineux) Chant des partisans » lorsque le président du groupe FN a pris la parole »(cf plus haut, la réponse de Gollnisch).

 

Voici la déclaration de J.J. Queyranne, la réaction officielle. Cette déclaration se trouve également dans Vox Rhône-Alpes, (du 21 au 27 200, n°3). On pourra ainsi voir la démesure de la déclaration et son injustice.

« Le président du Conseil Régional Rhône-Alpes, JJ Queyranne, président du Conseil régional Rhône-Alpes, s’est exprimé en réaction aux propos censés avoir été tenus par Bruno  Gollnisch,  lors de l’assemblée plenière du 14 octobre (verbatim) en accord avec les Présidents des groupes PS, UMP, Verts UDF, PRG

« M Bruno Gollnisch, qui siège dans notre Assemblée au sein du groupe FN, vient d’exprimer, en tant que responsable de ce parti, des propos clairement négationnistes et à forte connotation raciste. La communauté universitaire a engagé des procédures visant à sanctionner des déclarations qui déshonorent l’Université française. Il nous revient en tant qu’ élus politiques, porteurs des valeurs universelles de la République, de condamner sans équivoque des propos qui nous renvoient aux pires moments de notre Histoire ; ceux où un régime faisant du racisme et de l’antisémitisme une politique d’Etat excluant des centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants pour finir par les conduire dans les camps de la mort. Les troupes alliées dans leur avancée pour libérer l’Europe, en ont révélé la sinistre vérité et l’horreur indicible et créé un choc moral indélébile dans la conscience universelle.
Les propos de M. Gollnisch portent atteinte à la vérité historique, au combat de tous ceux qui ont lutté, au sacrifice de leur vie, contre les nazis et leurs soutiens. Ces propos sont une insulte aux résistants, aux victimes de la déportation et à leurs familles, aux Justes qui ont sauvé des juifs d’une mort programmée. En Rhône-Alpes comme partout en France lors du 60 e anniversaire de la libération, les citoyens ont tenu à rendre hommage à ceux qui se sont battus pour la liberté de notre pays et pour la dignité de l’Homme. En accords avec les présidents des groupes PS, UMP, Verts, UDF, PC, PRG, je tiens à exprimer solennellement notre indignation et condamner fermement les propos de M. Gollnisch ».

 

Mais  relisez les propos de M. Gollnisch !  Quelle démesure injuste.

6 - Il faut citer aussi les interventions des ministres du Gouvernement Raffarin

 

« Le gouvernement n’est  évidemment pas en reste. Le garde des Sceaux qui, ne l’oublions pas, est de plus candidat à la mairie de Lyon en 2008, trouve, ainsi que le ministre de l’Education nationale, François Fillon, « scandaleux » et « insupportable que quelqu’un qui a des responsabilités universitaire s’exprime aujourd’hui comme cela ». Il a donc demandé à ses services d’étudier les suites pénales possibles.  Il n’est pas jusqu’au Comité de défense de la cause arménienne (CDCA) qui ne « s’indigne et (ne) condamne les propos tenus à Lyon » par Bruno Gollnisch contre le quel la MRAP, la LICRA et Sos-Racisme alors qu’ils n’avaient pas réussi à s’entendre pour la grande manif antiraciste du 7 novembre organisée par le premier, sont à nouveau unis pour l’occasion…et pour envisager bien sûr des poursuites pénales ».

 

7 - « Escalade au sein de son Université ».

 

Au sein même de l’université de Lyon III, son cours est menacé.

 

Oui, alors que jusqu’ici Bruno Gollnisch continuait d’enseigner à ses cent vingt étudiants sans aucun problème, voilà que se dresse la menace d’une opération-commando contre son cours.  Le président de Lyon III  lui a alors demandé de s’abstenir de faire cours. Un communiqué du président Guy Lavorel précisera que le cours de Bruno Gollnisch « en raison des divers risques de désordres » est suspendu pour un mois. (Présent  du 29 octobre 2004)

 

 
Bruno Gollnisch a évidemment déféré à cette demande, ce qui n’a pas empêché le commando de faire son numéro.

 

Ce qui a obligé le professeur Gollnisch a en appeler aux autorités académiques :

 

« Je demande :

-         au Président de l’Université et aux autorités académiques d’assurer la sécurité de mon enseignement à l’intérieur des locaux universitaires,

-         au Président également de réunir les juridictions disciplinaires, qui seraient mieux dans leur rôle en sanctionnant les perturbateurs de l’enseignement plutôt qu’un élu ayant fait usage de sa liberté d’expression en dehors des locaux académiques

-         à monsieur le Recteur de m’assurer la protection qu’il doit à tous les enseignants de l’Académie, conformément à la loi et au statut de la fonction publique

-         s’il ne juge pas utile de me recevoir comme je lui ai proposé récemment, de bien vouloir préciser dans Lyon Figaro de ce 22 octobre, qui paraissent porter gravement atteinte à l’autonomie de l’Université et à ma présomption d’innocence.

-         A défaut, je serais contraint de saisir les juridictions compétentes

 

 

A la lumière de toutes ces réactions, on peut s’apercevoir de la justesse du jugement de Madiran sur cette affaire Gollnisch lorsqu’il écrit dans Présent : « Le lynchage médiatique de Bruno Gollnisch est une tentative d’assassinat moral cherchant à fomenter un guet-apens judiciaire » (Présent 16 octobre 2004)

 

D - Les réactions des amis de Gollnisch

 

Dès le 16 octobre, le temps nécessaire d’une étude attentive du dossier et des paroles prononcées exactement par Gollnisch, Madiran écrit en conclusion de son article : « ne le laissons pas seul ».

 

Réaction qui a du faire chaud au cœur de Gollnisch, d’autant plus que certains dans son parti manifestaient des états d’âme.

Jacques Langlois le remarque dans son article : « « certains responsables du FN avaient cru bon via Libération, Le parisien et le Figaro de se désolidariser de Gollnisch alors même que ce dernier était sous le feu de la mitraille. Jacques Bompart, « fils de résistant », «  ne s’intéresse pas » à « ce qui s’est passé il y a soixante ans », Carl Lang ne se sentait « concerné ni de près ni de loin par cette question » ; Eric Iorio se « désolidarisait totalement de ce genre de propos » que Samuel Maréchal estimait « affligeant et désespérants », tandis que Jean Lin Lacapelle considérait que « dé ringardiser (sic) le FN, ce n’est pas remettre en cause les points fondamentaux du FN, c’est éviter de revenir sur des sujets comme celui-là ». Interrogée le 18 octobre sur RTL, Marine Le Pen affirmait certes que son « sens de l’honneur lui interdisait de participer à une chasse aux sorcières à l’égard d’un patriote convaincu » mais pour ajouter aussitôt qu’elle « désapprouvait sans ambiguïté et sincèrement » des propos susceptibles « de nourrir la suspicion » d’antisémitisme pesant sur le FN, qui « n’est ni antisémite, ni raciste,  ni révisionniste » » (Riv. 22 oct 2004)

 

Le Bureau politique du Front national.

 

 

Quoi qu’il en soit de ses différentes réactions, le Bureau politique du Front national a apporté lundi 18 octobre un soutien sans ambiguïté au numéro deux du mouvement.

 

Voici le communiqué rédigé par le Bureau politique du Front National.

 

« Informé de la réalité de la déclaration du Bruno Gollnisch lors de sa conférence de presse relative aux harcèlement politiques dont l’universitaire de Lyon est l’objet depuis des années, et au rapport Rousso, le Bureau politique du Front national réprouve la chasse aux sorcières politico-médiatique visant, avant toute instruction, à évoquer à son égard des sanctions pénales et universitaires. Le Bureau politique témoigne de son amitié et de son soutien au délégué général, Bruno Gollnisch. » (Présent du 20 octobre 2004)

 

Réaction de Le Pen au niveau du Parlement européen

 

Pour soutenir son Secrétaire Général, le 25 octobre, le Président du FN, M Le Pen, écrit directement à Joseph  Borrell, président du Parlement européen cette lettre :

 

Saint Cloud Le 25 octobre 2004

 

« Monsieur le Président

 

Vous avez cru pouvoir faire une déclaration relative aux propos qu’aurait tenus monsieur Gollnisch, député européen.

Je voudrais vous faire remarquer que le bureau du parlement et son président ont pour fonction de conduire les travaux du PE et qu’ils n’ont pas qualité pour juger les propos politiques des membres du Parlement, moins encore pour les condamner.
En toute hypothèse et même si on vous reconnaissait cette prérogative exorbitante, vous ne pouvez vous exprimer qu’après vous être sérieusement informé des faits de la cause et avoir entendu monsieur Gollnisch dans sa version.

De quel droit vous faites-vous juge ou pis encore, accusateur d’un député ? Vous outrepassez vos prérogatives (…)

Député européen, je vous demande ainsi qu’aux membres de votre bureau, qu’elles sont les  opinions qu’il est interdit d’exprimer ou  les sujets qu’il est interdit d’aborder sous peine de prendre le risque «  de vous révulser, de vous interpeller, de vous choquer (…)

Vous avez, avec vos collègues unanimes !!! du bureau, manqué aux règles les plus élémentaires du droit, de la démocratie et de la bienséance.

Vous vous êtes conduit en partisan aveugles et sourd. Il vous a suffi de quelques articles de presse mal fondés pour enfourcher la cavale de la haine.

Votre rôle, monsieur le président, n’est pas de mettre un député européen en accusation, il est de le défendre, de veiller que  ses droits, qui sont ceux d’un  élu du peuple soient scrupuleusement respectés et que la présomption d’innocence lui bénéficie. (…)

Vous accusez monsieur Gollnisch, vous souhaitez qu’il réponde de calomnies que vous préjugez infamantes.
Ce faisant, vous avez engagé la responsabilité morale du Parlement européen, ce qui me paraît insupportable et exige, à défaut d’une démission que vous ne donnerez pas, une amende honorable publique pour tenter de réparer le mal que vous avez fait à un homme qui, lui, est parfaitement honorable.
Veuillez croire, monsieur le président, à la sincérité de mes sentiments ».
(Présent 27 octobre 2004)

 

 

E - Les réactions de Bruno Gollnisch

 

Le dimanche 24 octobre Bruno Gollnisch annonce qu’il interpellera, ce lundi (25 oct) le président du Parlement européen, Joseph Borrell sur les « propos inadmissibles qu’il a eus » à son égard : « Je défère à la Cour de justice des communautés de Luxembourg la délibération du bureau du Parlement qui a osé me condamner sans même chercher à m’entendre sur la seule dénonciation de deux adversaires politiques : MM. Gaubert et Moscovici. »


Bruno Gollnisch a enfin indiqué qu’il annoncerait « en fin de semaine les autres éléments du dispositif de la contre-attaque (qu’il) entend mener en faveur des libertés de recherche et d’expression et contre l’attitude partiale des certaines autorités ». (Présent  26 oct 2004)

 

Le jeudi 28 octobre dans un déclaration, Bruno Gollnich annonce : « le temps de la riposte est venu ».

 

Vous pourrez lire son texte in extenso à la fin de ce papier

 

Il a fait 14 réponses à divers médias et déposé 3 plaintes en diffamation. Les unes et les autres visent les menteurs qui l’avaient accusé d’avoir dit : « Je nie l’existence des chambres à gaz » alors qu’il avait dit : « Je ne nie pas l’existence des chambres à gaz homicides ».

Gollnisch poursuit les socialistes Jean-Jack Queyranne, Olivier Duhamel et Jean-Louis Touraine : « personnalités qui ne peuvent invoquer l’excuse de l’ignorance ou de la bonne foi compte tenu de leur expérience politique et des moyens de vérification dont ils disposaient ».

 

Toutefois il retirera ses plaintes en diffamation si les diffamateurs retirent publiquement leurs délations mensongères.

Les destinataires de ses 14 droits de réponse seront poursuivis s’ils ne les publient pas.

Pour le moment, Bruno Gollnisch ne poursuit pas devant la Cour de justice européenne le président du Parlement européen, dans l’attente de l’éventuel entretien qu’il lui a réclamé en séance plénière ». (Présent 30 oct 2004)

 

Affaire à suivre.

 

La conclusion à faire est bien celle que Jean Madiran donnait dès le début dans Présent : « l’affaire Gollnisch  est une tentative d’assassinat moral cherchant à fomenter un guet-apens judiciaire »

 

« Ne le laissons pas seul ».  

 

 

F –La Contre attaque : Conférence de presse du 28 octobre 2004

 

« Elu lyonnais, j’ai évoqué le 11 octobre, lors d’un petit déjeuner de presse, cinq sujets politiques : Constitution européenne, adhésion de la Turquie, otages en Irak, rentrée politique, dont le cinquième était le Rapport Rousso sur l’Université lyonnaise, commenté largement dans la presse nationale et locale.

 

Cette conférence de presse a été l’occasion, contre ma personne, d’une orchestration médiatique et politique sans précédent depuis l’affaire de Carpentras.

 

Elle se poursuit par des appels cyniques à la répression professionnelle et judiciaire, de la part de ceux-là mêmes qui se réclament de l’humanisme.

 

J’évoquerai donc les deux points qui m’ont été reprochés. Le premier est relatif à la mémoire des victimes du drame concentrationnaire. Mais je ne l’ai jamais nié ! Le seul exemple historique que j’ai donné, en disant que l’on ne pouvait se contenter intégralement des conclusions des actes de Nuremberg, c’est l’affaire de Katyn, sur laquelle, je reviendrai plus loin. Pour tout le reste de l’histoire de la deuxième guerre mondiale, spécialiste du Japon, et par conséquent de la seule partie Asie-Pacifique, j’ai déclaré m’en remettre au jugement des spécialistes. Je n’ai donc fait aucune déclaration sur le fond, pas plus sur un aspect de cette histoire et de ses drames que sur un autre. Quant aux chambres à gaz, je me suis borné à déclarer que je n’en niais pas l’existence.

 

J’ai précisé cela au cours de cette conférence de presse, interrogé par un journaliste. Et là, il faut tout de même se poser la question : si les réponses sont illégitimes, pourquoi est-il légitime de poser la question ? Est-ce un travail de journaliste ou un travail de provocateur à un acte délictuel ? si, ce que je pense, la question est légitime, alors la réponse est légitime aussi. Je suis un homme libre, j’ai donc parlé à ce sujet et voilà très exactement ce que j’ai dit, et qui n’est choquant en rien. Ce n’est pas cela dont les journalistes devraient s’indigner, c’est du rôle d’indicateur qu’on essaie de leur faire tenir en leur demandant de confier leurs notes à la police du régime.

 

Le second point tient à la personne de M. Rousso. Il est vrai que j’ai contesté très sévèrement le principe de la commission d’enquête Rousso, qui me paraissait être une commission d’enquête en quelque sorte idéologique sur des recrutements universitaires. Je maintiens intégralement mes critiques à ce sujet. Je me suis rendu cependant à l’invitation de M. Rousso à  l’époque et j’ai eu, je crois, avec lui une conversation ferme mais courtoise qui a duré près de deux heures et dont je me réserve de rendre le texte public, puisque avec son autorisation, je l’ai enregistrée.

 

J’ai dit, c’est vrai, au cours de cette conférence de presse, que cette mission surprenante, (c’est le moins que l’on puisse dire) était la première investigation de ce genre depuis le second empire.

 

J’ai mis en cause :

-         l’absence de communication préalable,

-         l’absence de possibilité de réponse de la part des mis en cause,

-         l’introspection portant sur les opinions politiques de certains enseignants, ce qui me paraît enfreindre la loi.

 

En revanche, lorsque j’ai dit que M. Rousso, historien estimable d’origine juive, Directeur de l’Institut de l’histoire du temps présent, adversaire déclaré des révisionnistes – dont on disait à tort que l’université était truffée - aurait pu être considéré comme un historien engagé contre ce qu’il avait mission d’étudier, je n’ai mentionné cela que pour dire aussitôt qu’il semblait, à l’inverse, que son rapport ait été emprunt d’objectivité, et à certains égards une douche froide pour les persécuteurs de la liberté de pensée.

 

Autrement dit, je ne m’en suis pas pris à M. Rousso lui-même, comme l’écrit un journal du soir auprès duquel j’ai fait un droit de réponse. Qualifié par moi de personnalité estimable, je n’ai mentionné ses origines familiales et son engagement académique que pour dire qu’il était absolument insoupçonnable d’avoir voulu favoriser Lyon III, ce dont on l’accusait déjà la presse.

 

Permettez-moi de prendre une comparaison, en évoquant une autre affaire. Au moment de l’affaire Touvier, l’archevêché de Lyon a ouvert ses archives à l’historien René Rémond pour lui demander de faire une synthèse. Si jamais j’avais dit : « certains auraient pu craindre qu’un catholique comme M. René Rémond ne soit partial dans l’examen des documents de l’archevêché, mais finalement son rapport a été objectif », y aurait-il eu un tollé de cette nature ? Evidemment non.

 

Il y a une sensibilité, dont je comprends les raisons. Mais je pense qu’il faut raison garder. M. le Recteur, M. le Président de l’Université, avant de me condamner comme ils l’ont fait, devaient au moins m’entendre pour savoir quelle est exactement la portée des propos que j’ai tenus.

 

Coupures et falsifications

 

Je ne donnerai qu’un seul exemple des procédés qui, consciemment ou non ont été utilisés pour travestir mes propos.

 

En disant que les recherches d’historiens devaient être libres sur l’ensemble de la seconde guerre mondiale, j’ai cité un exemple historique et un seul, puisque j’ai dit n’être compétent, en tant qu’historien du Japon, que pour le théâtre Asie-Pacifique. Voici cet exemple : « s’agissant du massacre de 11.000 officiers polonais à Katyn, assassinés d’une balle dans la nuque, il n’y a plus un historien sérieux qui adhère intégralement aux actes du procès de Nuremberg depuis que l’on sait que ce crime, mis sur le compte des Allemands, était à mettre sur celui des Soviétiques. » J’ai aussitôt ajouté : « Disant cela, je ne cherche pas à minimiser les crimes du régime national-socialiste, pour lequel je n’ai jamais eu la moindre sympathie ».

 

Il est difficile de faire passer ce propos pour favorable à quelque totalitarisme monstrueux que ce soit, des deux principaux qui ont ensanglanté le XXème siècle, pour lesquels, comme Français et comme chrétien, je n’ai jamais éprouvé que la plus grande répugnance.

 

Mais l’important n’est pas de rendre compte exactement de ce que j’ai dit. L’important est de faire fonctionner le couper-coller pour discréditer et l’homme politique et l’universitaire.

 

C’est ainsi que, dans la dépêche de Reuters, qui sera l’unique source d’information de la presse et des media nationaux, la référence à Katyn disparaît. Et le propos devient : « Il n’y a plus un historien sérieux qui adhère intégralement aux conclusions de Nuremberg ».

 

Mais on ne s’arrête pas là. Dans Le Monde, sous la plume de M. Elie Barth, on procède à une nouvelle coupure. On fait sauter encore le mot intégralement . Et cela devient : « Il n’y a plus aucun historien sérieux qui adhère aux actes de Nuremberg ». Comme si j’avais proféré cette stupidité que ces actes ne pouvaient plus être une source pour le travail des historiens. Une source parmi d’autres, bien sûr. Il suffit ensuite de faire croire que cette phrase se rattache à la tragédie vécue par les Juifs, et l’on a enfin, selon le mot de l’Ecriture, « une phrase qui pourrait permettre de le perdre ».

 

Le temps de la riposte

 

Personne ne doit se faire illusion, et, si j’en juge par les réactions du public, personne ne s’en fait. Chacun sait très bien que l’émotion artificiellement entretenue autour de mes propos n’a pas pour but de rétablir je ne sais quelle vérité officielle. Chacun voit qu’il s’agit en fait, des terrifiants procédés modernes de diabolisation qui résultent d’une fausse unanimité médiatique.

 

Réponse au Parlement Européen

 

S’agissant du Parlement européen, j’avais eu en effet l’immense surprise d’apprendre que le Président m’avait gravement mis en cause lors d’une conférence de presse tenue en présence de Mme Leyla Zana, qu’il avait rédigé un communiqué d’une extrême violence contre moi en date du 14 octobre, et que le Bureau du Parlement m’aurait condamné (moralement) le 13 octobre.

 

J’ai donc, dès l’ouverture de la session plénière lundi dernier, ouvert les travaux par une énergique mise au point en vertu de l’article 145 du règlement de ce Parlement. J’ai déclaré que je pouvais comprendre que certains individus aient reproduit, amplifié ou déformé une dépêche fausse, tronquée et malveillante. Mais que je ne comprenais pas que le Président de ce Parlement, homme politique averti, gardien de la liberté des débats, des droits des parlementaires, et le Bureau de ce Parlement, qui n’a de cesse de donner des conseils à la terre entière sur les droits de l’homme, ait pu me condamner sans m’entendre, sans même d’ailleurs chercher à m’entendre, et sans même me notifier sa condamnation, et ceci sur la dénonciation prématurée de deux ou trois de mes adversaires politiques. Ce faisant, on avait violé le principe du contradictoire, la déclaration des droits de l’homme, et les principes généraux du droit européen. J’ai rappelé, à cet égard, que même dans les procès staliniens, on faisait semblant de faire comparaître l’accusé en personne.

 

J’ai été écouté, applaudi même ; le Président m’a donné acte de ma déclaration, et a précisé que cette déclaration serait inscrite au procès verbal de la session. C’est la raison pour laquelle je renonce à la décision que j’avais prise de déférer à la Cour de Justice Européenne de Luxembourg l’incroyable motion du Bureau qui me visait sans m’avoir entendu, ce qui avait suscité de la part de Jean-Marie Le Pen une protestation vigoureuse et spontanée dont je le remercie publiquement. J’y renonce dans l’attente de l’entretien que j’aurai encore sans doute le 9 novembre avec le Président Borrell pour, je l’espère, conclure cet incident.

 

Réponses administratives

 

Je relève avec étonnement les propos de M. le Recteur Morvan, qui n’a daigné ni m’entendre ni me recevoir, et qui, s’ils étaient exacts, traduiraient une grave méconnaissance du droit : « Il faut dix à quinze jours pour réunir la Commission. » « Il y a un certain nombre de précaution prises par l’université vis-à-vis de la procédure, du respect des formes, le souci d’avoir un bon calage juridique pour que la sanction finale soit le mieux étayée possible. »

 

M. le Recteur Morvan, qui n’a aucun pouvoir disciplinaire à l’égard des professeurs d’université, exclut donc par principe que la Commission disciplinaire pourrait soit se déclarer incompétente, soit me blanchir ?

 

Réponse dans la presse

 

S’agissant des compte-rendus qui ont déformé mes propos, j’ai fourni douze droits de réponse auprès de la presse écrite et deux auprès de la presse audio-visuelle. J’agirais en justice devant le Tribunal correctionnel contre les directeurs de publications qui, s’ils ne les publiaient pas, violeraient ainsi les dispositions de la loi de 1881 sur la presse, et se rendraient coupables d’un délit.

 

Ripostes judiciaires

 

D’autre part, je porte plainte en diffamation devant le Tribunal Correctionnel contre les personnalités qui ne peuvent invoquer l’excuse de l’ignorance, de la bonne foi, compte tenu de leur expérience politique et des moyens de vérification dont ils disposaient. Il s’agit dans l’immédiat de M. Jean-Jack Queyranne et de M. Olivier Duhamel, et, depuis hier, de M. Touraine, dont les appels à la répression, peu conformes à ce que l’on est en droit d’attendre d’un chercheur, me paraissent particulièrement odieux.

 

N’étant pas d’un naturel procédurier et ne croyant pas utile de porter systématiquement devant la justice des discussions qui devraient être libres, je retirerais ces plaintes si les intéressés retiraient leurs propos injurieux.

 

Conclusion 

 

En un mot comme en cent, Mesdames, Messieurs, je n’ai commis aucune faute ni pénale ni déontologique. Parlementaire, président de groupe au Conseil régional, j’ai émis, en tant qu’homme politique dans des locaux politiques, un jugement politique sur une persécution politique qui, dure depuis quinze ans, contre une Université qui est l’une des rares de France a être réellement pluraliste dans les opinions des enseignants et sans endoctrinement à l’égard des enseignants. Si on en voulait une preuve, on l’a !

 

J’ai défendu l’honneur de l’université, la liberté de la recherche dans tous les domaines, conformément aux traditions de l’université française.

 

L’ignominie totalitaire n’est pas présente dans mes propos. Elle est dans le mensonge qui m’est opposé. Elle est dans le fait d’assortir de lourdes sanctions pénales l’examen de vérités que les uns ont le droit de discuter, les autres non. Sur quels critères ? Elle est dans le lynchage politico-médiatique dont je suis l’objet, dans un étrange climat de surenchère et de terreur, où certains des hommes politiques qui apportent publiquement leur petite pierre à ma lapidation viennent s’en excuser auprès de moi en privé, en m’expliquant qu’ils y sont contraints dans le climat actuel.

 

Que les choses soient claires : patriote français, j’éprouve une sympathie sans réserve pour les victimes des horreurs qui ont ravagé notre monde au siècle dernier, ainsi que pour ceux qui, de bonne foi, en perpétuent très légitimement le souvenir. Je n’ai que mépris en revanche pour ceux qui détournent à leur profit cette mémoire et qui jouent de l’émotion qu’elle fait naître pour salir des enseignants irréprochables ou pour abattre un adversaire politique. J’exige la vérité et j’exige la justice ».