ITEM

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 Un regard sur l’actualité politique et religieuse

 Au 14 novembre  2004

 

N°17

Par Monsieur l’abbé Paul Aulagnier

 

 

 

 

La Sainte Messe

au cœur d’un combat.

Témoignage

 

« Auprès de Mgr Lefebvre, j’ai appris à aimer la messe ». Il me semble que je peux me rendre ce témoignage. Je ne sais si cela convient. J’écris ce papier dans l’ enthousiasme d’un « fils » de Mgr Lefebvre. Je le dis sans flagornerie, sans orgueil, en toute sincérité, y voyant du reste un effet de la bonté de Dieu. Oui c’est Mgr Lefebvre qui m’a fait comprendre, mieux que quiconque,  la grandeur de la messe. Elle renouvelle le « Sacrifice Rédempteur » de NSJC. Elle rend au Dieu Trinité « toute honneur et toute gloire ». Cette messe, ma foi me l’a fait considérer comme le plus bel acte d’amour de NSJC pour son Père, le plus bel acte de charité de NSJC pour nous, pour la rédemption de nos âmes pour  notre éternité bienheureuse. Je sais qu’elle est aussi le plus bel acte de justice posé. L’oblation sublime de cette immolation a seule pu satisfaire surabondamment la justice de Dieu. Dieu nous donna  « le prêtre et la seule victime », qui put compenser l’infinie malice du péché originel. Manifestation évidente de sa miséricorde.   Il fallait en effet un acte théandrique pour satisfaire la justice de Dieu. D’où la raison de l’Incarnation Rédemptrice de Notre Seigneur Jésus-Christ,  vrai Dieu et vrai Homme. Notre Seigneur expie, répare  pour nous , à notre place, à notre avantage, la malice du péché originel. Dans son immolation offerte, obéissante, Notre Seigneur répare, ordonne toutes choses à Dieu, rend à Dieu toute louange, toute obéissance, celle que lui doit toute créature.   La messe est expiatrice, propitiatoire, satisfactoire.

 

C’est ainsi le plus beau trésor de la Sainte Eglise, le plus beau trésor de notre foi, la source de toute espérance eschatologique, le soutien de notre charité et de notre amour pour Dieu et son Christ.

 

Mais j’aime aussi le rite dans lequel ce sacrifice  rédempteur  est offert, celui codifié, canonisé par Saint Pie V – comme étant la «  règle » par excellence –. J’aime cette messe. Son ordre. Sa hiérarchie. Son silence. La profondeur et la beauté des oraisons de son « offertoire », de son Canon. Tous les mots sonnent. Sont précis. Expriment à merveille la beauté de la foi, le rôle spécifique du prêtre, la valeur sacrificielle de la messe, la présence réelle substantielle de Notre Seigneur, comme victime,  que j’adore. Les rites expriment merveilleusement tout cela. Ont une portée sublime. Soutiennent ma prière, la raniment si besoin est. Ils « obligent » ma foi. Pour tout l’or du monde, je ne quitterai cette messe. Elle est le cœur de l’Eglise. Elle y puise son souffle, son élan missionnaire, son adoration

 

Cette messe,  celle-là et pas l’autre,  nourrit, fortifie mon sacerdoce. Elle est, aujourd’hui,  la raison de ma vie, de ma vie sacerdotale, de ma consécration à Dieu.

 

Elle fut au cœur de tout mon apostolat. Elle fut la raison de mon appartenance à la FSSPX. Elle fut la raison de mon attachement à Mgr Lefebvre, le grand défenseur, en acte, de cette messe.
Elle fut la raison de mon activité en France, comme supérieur de District pendant 18 ans. Toutes les fondations de prieurés faits, toutes les écoles créées, toutes les initiatives prises, toutes les conférences données, toutes les manifestations publiques réalisées n’eurent qu’un but  - et il en était ainsi pour tous mes confrères  -, la messe, la sainte messe, son maintien, son retour, sa diffusion parce que source essentielle de toute sainteté.  Ainsi de la grande manifestation à la « Porte de Versailles ». Ainsi de la manifestation au Bourget. La messe, son triomphe - puisqu’elle était attaquée et avec quelle violence incompréhensible – en était le motif essentiel.

 

Il en fut de même pendant tout mon temps en Normandie, de 1995 à l’an 2000. Et là, ce combat se fit et par la plume, en tant que prieur, avec le « Bulletin Saint Jean Eudes ». Et par l’action. Ce fut alors ce que j’ai  aimé appeler le « Combat du Chamblac » avec pour objectif le maintien de la messe tridentine qui fut célébrée pendant 30 ans par son bon curé :Monsieur l’abbé Montgomery Wright. Ce fut l’objet de nombreux articles du Bulletin Saint jean Eudes.

 

Ce fut ensuite le « combat de Lisieux ». Combat « merveilleux ». 

 

Ce fut la raison de « Bulletin Saint Jean Eudes » qui changea, un jour son titre, en « Nouvelles de Chrétienté ». Et pour cause ! Là, je voulais défendre, expliquer la raison de « notre combat ». Je voulais enthousiasmer les lecteurs et les élèves du Cours Sainte Catherine à Saint Manvieux où j’enseignais le catéchisme, chaque semaine,  aux  quatre dernières classes du Secondaire, leur faire aimer la beauté de cette messe et les « motiver » pour ce combat. On ne le fera jamais assez.
Revoyez tous les numéros du « Bulletin », ils ont pour objet : la messe, ses victoires, ses difficultés. Transmettre l’amour de la messe, expliquer les raisons de notre attachement à cette messe, rappeler  les raisons théologiques que nous avions reçues de nos anciens. Me faire l’écho de la théologie d’un Père Calmel, d’un abbé  Dulac, d’un Jean Madiran…

Tout ce qui touchait à la messe, à son retour sur nos autels, à sa victoire me passionnait.

C’est la raison pour laquelle j’ai suivi de très près tout ce qui se disait, se faisait sur la messe. Toutes les victoires de la messe m’enthousiasmaient. Jusqu’à Campos. La messe et son retour furent l’angle sous lequel j’analysais ce formidable « accord », un accord historique. Ce furent les termes mêmes du Cardinal Castrillon-Hoyos.  

J’apprenais la publication en italien, en allemand des livres du Cardinal Stickler, du cardinal Ratzinger, j’en attendais, avec fébrilité, la traduction française. J’en utilisais les arguments.
Je crois bien que j’ai lu tout ce qui s’écrivait sur la question, en langue française. C’est ainsi que je dévorais le livre de Geffroy et Maxence : « Enquête sur la messe traditionnelle » publiée en juin 1998, comme supplément à la revue « La NEF ».  Là, je fus passionné par la publication des lettres entre le Cardinal Ré, à l’époque,  substitut de la Secrétairerie d’ Etat, aujourd’hui Préfet de la Congrégation des évêques et Monsieur Eric de Saventhem, président émérite d’Una Voce international, lettres qui, pour moi, ont une réelle importance. Que d’enseignements précieux ! Tous les « ténors » de la Tradition, toutes tendances confondues, s’y exprimaient. Lire tout cela était précieux pour apprécier les raisons des uns et des autres. Les meilleures interventions  étaient  celles de Monsieur l’abbé Barthe, du côté ecclésiastique – je n’avais pas encore repris contact avec lui - et de Michel De Jaeghere, du côté laïc. J’avais sa fille aînée en classe.

C’est ainsi aussi  que je fus  « gourmand »  des publications du C.I.E.L dont j’ai eu connaissance seulement en 1998. J’ai fait venir tous les actes de leurs différents colloques. Toutes les « interventions » sont loin d’avoir même valeur… C’est peut être normal !

 

En même temps, je reprenais les travaux publiés dans « Itinéraires ». Je voulais faire une « chronologie » pour suivre et surtout revivre les événements de notre « combat de la messe », depuis les origines, depuis 1969.  Cette chronologie parut, de fait, dans « Nouvelles de Chrétienté », dans les numéros des années 2001 et 2002, alors que je me trouvais à Bruxelles…J’ai pu l’établir jusqu’en 1988…de 1960 à 1988. Je me passionnais de cette histoire.

 

A cette lumière, on comprendra pourquoi j’ai suivi les communautés « Ecclesia Dei adflicta » dans leur pèlerinage d’action de grâces à Rome en 1998. Si nous ne partagions pas les mêmes points de vue, si les « disputes » entre nous furent vives, je ne les considérais  pas, ni hier, encore moins aujourd’hui, comme des « ennemis ». « Avec nulle autre personne nous sommes  aussi proches ».  J’aimais dire cela souvent à Monsieur l’abbé Lorans. Même si Mgr Lefebvre avait coupé les relations avec les uns et les autres, il les considérait, tous,  toujours comme ses  « fils ». Ne me disait-il pas un jour, alors que nous avions eu déjà beaucoup de prêtres qui étaient partis : « Finalement je n’ai pas eu la main si malheureuse que cela ». Il voulait parler des ordinations faites.

 

Oui, je suis allé à Rome en 1998. On me le reprocha. Est-ce sérieux ! Je fus passionné par les  propos tenus, le 24 octobre 1998, par le Cardinal Ratzinger.  J’ai pu les comparer à ceux du Pape Jean-Paul II, prononcés deux jours plus tard,  le 26 octobre et préparés vraisemblablement par Mgr Ré de la Secrétairerie d’Etat. Les différences étaient grandes. Je l’ai écrit dans les « papiers » du Bulletin.  Ce qui me permettait de comprendre  que l’unanimité n’existait pas entre les dicastères en cette affaire de la messe…Savoir cela  avait son importance. Un militaire cherche à connaître le terrain…Il est plus efficace… Je fus  attristé des propos  tenus par Dom Gérard. Je souffrais de ses contradictions internes, de cette dialectique…Je voyais tout particulièrement les réticences  - pour ne pas parler de refus de la messe tridentine  -  des épiscopats, et particulièrement de l’épiscopat français.

 

 Et sous ce rapport,  le « Combat de Lisieux » me passionnait. Je voulais  - c’était le but déclaré de ce pèlerinage  - faire triompher le droit de cette messe. Vous imaginez ! Un grand rassemblement populaire ! A Lisieux ! 10 000, 20.000 fidèles et même plus à Lisieux pour cet unique objet : la Messe, son retour sur nos autels.  C’était possible ! En trois ans,  nous avions pu déjà réunir 3500 fidèles . La nef de la Basilique était pleine le 14 octobre 2000. Et ce n’était que le troisième pèlerinage… La situation – proche  de Paris  - était parfaite. Le patronage de la Sainte, idéal ! J’argumentais pour attirer le plus de monde possible.  Le but était noble : créer une «  dynamique » en faveur de la messe. - C’est ce que, à Bordeaux,  vont réussir à faire les abbés Laguérie-Hery…Ils seront malins « les autres »- .  Les responsables de Suresnes, eux, influencés par leur conseiller juridique n’avaient qu’une peur : « Que je perturbe l’ordre public ». - C’est du reste encore, à peu près la même chose, pour l’affaire de Bordeaux…Du moins il y avait un risque. Cela  a suffi pour serrer des « quatre fers » et déposséder les abbés Laguerie-Hery, de l’ « affaire ».  D’où leur réticence, leur opposition. Ils en étaient « agacés ». Aussi faisaient-ils tout pour que ce pèlerinage ne soit que local et le demeure. Ils auraient bien préféré n’en rien connaître.  On ne dira jamais assez combien ce problème – un faux problème - de l’ « ordre public » à préserver, à respecter, à ne pas troubler, - toujours invoqué - fut « sclérosant » pour l’apostolat et combien il fut préjudiciable aux bonnes relations humaines dans la FSSPX, en France. J’en parle en connaissance de cause. Il eut fallu – il le faudrait encore aujourd’hui  - en mieux analyser le « concept » ainsi que les actions, celles, du moins, qui, de fait, risquaient ou risqueraient de  le mettre en cause…Ce qui supposait et supposerait bonne analyse, concertation aussi. Et non opposition systématique. Mais les personnalités « supérieures » qui dirigeaient la FSSPX étaient toutes étrangères à la France et n’en percevaient pas toute l’acuité. Le comprennent-elles  aujourd’hui ? Je le souhaite. Je le leur dis ici. Et si derrière tout cela,  une main « cachée » faisait « sonner » l’argument de l’ « ordre public » pour maintenir le  « statu quo » et empêcher tout nouveau « Saint Nicolas du Chardonnet » ?

 

En 1999- 2000, j’ai vibré aux difficultés de la Fraternité Saint Pierre. Non point que je me réjouissais de leurs difficultés. Bien au contraire. Mais parce que je voyais surtout s’exprimer, là, en cette occasion,  différences et  contradictions  au plus haut niveau romain. On nous disait que la messe tridentine n’avait jamais été abolie. C’était le cardinal Stickler qui le disait et le révélait. Ce que nous avions toujours dit et justifié. -  Vérité nouvellement  confessée par Rome…La commission  des neuf cardinaux, créée pour dire le droit, le confessait en 1995  -.  Et en même temps  - c’était le 3 juillet 1999  - on nous disait qu’elle n’existait plus, qu’elle avait été supprimée au bénéfice de la messe de Paul VI. C’était le cardinal Médina qui l’écrivait… Et à ce titre, l’autorité romaine obligeait la démission de messieurs les abbés  Bisig, Coiffet, Pozzetto et même les destituait  - alors qu’il eut fallu les conforter.

 

Or les contradictions sont toujours signe et expression de  faiblesse. Elles  peuvent, au moins,  laisser présager des évolutions…C’est ce qu’il faut voir, ce qu’il fallait voir. 

 

Oui j’ai suivi cette « affaire de la FSP  » au plus près. Je l’ai racontée dans les colonnes du Bulletin Saint Jean-Eudes, dans les numéros de septembre 1999 et durant toute l’année 2000, ainsi que dans les colonnes de l’Agence de Presse « DICI » que j’avais créée, vers la fin de mon séjour en Normandie pour faire entendre davantage la voix de la FSSPX.

 

Evolution possible !  C’est précisément ce que l’on sentait  au milieu de ces graves difficultés. On sentait bien que le mouvement en faveur de la messe tridentine allait dans le bon sens. On assistait peu à peu au retour de la messe. Au milieu de mille difficultés. Mais c’est la vie. « On finirait par gagner ». C’était ma conviction profonde. La victoire était au bout par un bienfait de Dieu. Sainte Jeanne d’Arc n’avait-elle pas fini par gagner, elle,  un « combat impossible » : conduire le dauphin à Reims.  Dieu ! Au milieu de combien de difficultés et d’obstacles surmontés.  La chronique dont j’ai parlée plus haut et que j’étudiais en ces jours pour commencer à la publier en juillet 2001, dans « Nouvelles de Chrétienté » me confortait en ce sentiment et me  le confirmait si besoin était. Que de chemin  parcouru depuis 1969, surtout  depuis 1984, depuis le fameux « indult » du pape Jean-Paul II.  Nul doute que l’on pouvait dire,  comme le faisait Madiran, la « messe revient  ». Voilà la certitude qui m’animait. Le langage « romain » devenait différent. La hiérarchie, malgré ses contradictions internes, révélatrices de luttes d’influence, modifiait  peu à peu son attitude pratique  sur la messe. J’ai expliqué tout cela.

 

Et c’est dans cette atmosphère, de joie, et d’épreuves, de succès  et d’échecs qu’arriva l’année jubilaire de l’an 2000

 

Les 8,9 10 août 2000, nous fûmes accueillis dans les basiliques romaines… Nous aurions pu ne pas l’être, nous étions considérés, toujours pratiquement comme « schismatiques ». « Comment des schismatiques … « officiellement » accueillis dans le basiliques romaines » ? Impossible !  Etonnant. Non !  J’en faisais un compte rendu dans le numéro  58 du « Bulletin Saint Jean Eudes », d’octobre 2000 : « Les 8,9 et 10 août 2000 à Rome. Un merveilleux pèlerinage ».

 

Et de fait, en cette année jubilaire, un peu partout, la « tradition » était reçue dans divers sanctuaires. Hier les portes nous étaient bel et bien fermées. Aujourd’hui, elles s’ouvraient. Et c’est ainsi que Mr l’abbé Bouchacourt  put, avec ses fidèles, gagner l’indulgence jubilaire en l’Eglise  Saint Sulpice, à Paris. Il fallait le faire et d’abord en avoir l’idée.  Et ce sont les  3500 pèlerins de Lisieux qui purent gagner aussi dans la basilique cette indulgence…De cela nous en parlions dans le numéro de novembre 2000 du Bulletin.

 

Cette année jubilaire  fut aussi  l’occasion d’une reprise de contact du Vatican  avec la FSSPX. Ce ne fut pas la moindre des grâces. L’espérance dans nos rangs était grande quoique  réservée. Les événements que venait de connaître la FSP nous y obligeait. Toutefois Rome nous appelait, nous proposait une solution de paix. C’était nouveau. Nous étions jusque là plutôt demandeur : « Laissez nous faire l’expérience de la tradition » demandait Mgr Lefebvre pendant  des années. Aujourd’hui, Rome prenait l’initiative et nous proposait elle-même de faire « cette expérience ». Les « données » du problème étaient nouvelles. La « messe » dite de Saint Pie V ne faisait soudainement plus de problème…On y a peut-être pas assez réfléchi.

Et l’ « hésitation » manifestée, pour ne pas parler de « refus », pourrait peut-être bien être une des raisons des difficultés rencontrées, aujourd’hui,  dans les rangs de la FSSPX ? Qu’on veuille bien y réfléchir !

 

Au même moment, les pères de Campos au Brésil rendaient publique, dans leurs bulletins,  la lettre de Mgr de Castro Meyer au Pape Paul VI. Là, il lui demandait le maintien, dans son diocèse, de la messe latine et grégorienne dite de saint Pie V. Dans un magnifique « mandement » il en donnait les raisons. Nous avons publié tout cela dans le numéro d’octobre 2000. Comment  imaginer un instant que ses prêtres y soient un jour infidèles ?

 

A peu près au même moment, étaient diffusées en France les homélies et les conférences du Cardinal Stickler  -ignorées jusque là, du moins des français  - dans un  petit livre « blanc » diffusé par le C.I.E.L. C’était en mai 2000. Nul doute que cette publication eut, chez moi, une grande influence. J’ai apprécié ces textes. J’ai apprécié surtout sa conclusion : « le pape ne reviendra pas sur ce qu’il a déjà fait mais au contraire il ira plus loin encore dans la voie amorcée…pour instaurer une juste réconciliation entre la tradition inaliénable et un développement justifié par le temps ».  Parole d’un  cardinal romain jouissant d’estime et de respect à Rome. Notre espérance était fondée. Je faisais une  présentation de sa pensée, dans  « Nouvelles de Chrétienté » en Décembre 2001..

 

Il faut également prendre  en compte l’influence qu’exercèrent les articles de M l’abbé Barthe dans « Catholica » revue trimestrielle.  Il  y est le chroniqueur régulier du « fait religieux ». Et quelle autorité aujourd’hui ! Elle est reconnue. Là, il écrit, à cette époque, un article sur « le processus du retour de la messe ». J’en fais l’analyse dans le n° 62 de février 2001. Il l’intitule « Liturgie : le temps favorable ». Le titre est audacieux. On sortait à peine des troubles connus par la FSP où ils furent tous obligés au bi-ritualisme. Il ne faut pas non plus  oublier de noter l’interview du cardinal Ratzinger, interview recueillie par le même abbé et qu’il publia dans « Spectacle du Monde ».

 

Oui c’est dans cette atmosphère extrêmement riche de possibilités que s’ouvrirent les contacts de Rome  avec la FSSPX et la Fraternité Saint Jean Marie Vianney du Brésil.

 

Tout cela me passionnait.

 

Les « négociations » eurent lieu  toute l’année 2001. Le 13 janvier 2001, nous nous trouvions tous réunis autour du supérieur général. La barre fut mise très haut. Ce n’était pas pour me déplaire. Mais notre « façon de faire » après,  dans  la négociation,  fut loin d’être bonne.  Je l’ai dit.  Rome ne put ni accepter ni poursuivre le « dialogue »... Je n’en fus pas surpris. Les contacts s’estompèrent sans être toutefois complètement coupés, nous disait Mgr Fellay.  J’ai  regretté vivement l’arrêt pratique de ces conversations. . J’ai alors donné ma démission d’assistant général. A la mi janvier 2002  Elle fut acceptée sans problème. 

 

Les Pères de Campos,  de leur côté, nos amis fidèles et estimés,  sous l’autorité de Mgr Rangel, pensèrent, en conscience, eux,  devoir continuer. L’aspect  « ecclésial » de notre combat ne fut pas la moindre de leurs  raisons. J’étais bien de cet avis.  Je les ai vivement encouragé. Je leur ai donné mon  total soutien, leur promettant ma présence auprès d’eux, en cas de victoire. Outre l’amitié qui me liait à eux et l’estime que je leur portais pour leur zèle apostolique, - je suis allé deux fois les visiter  -,  j’ai toujours apprécié les raisons théologiques  qu’ils savaient proposer pour justifier  notre combat missionnaire. Je publiais, du reste, en France leur étude « Notre position dans l’actuelle situation de l’Eglise ». Cette estime, du reste, était générale. Mgr Rifan, à l’époque simple prêtre, était hautement considéré par la Maison Générale de la FSSPX. C’est lui qui fut choisi pour prêcher la retraite des capitulants au Chapitre Général en 1994. Tache délicate s’il en était…Il fallait pour cette circonstance un homme sage.

 

Oui,  je leur fis confiance et je me suis réjoui des résultats qu’ils surent obtenir de Rome :  la création d’une administration apostolique personnelle appelée « Saint Jean Marie Vianney, en plein cœur du diocèse de Campos,  avec la reconnaissance exclusive pour leurs prêtres de la messe de saint Pie V et avec leur propre évêque. J’étais aux anges. Pour moi, Mgr Lefebvre aurait été satisfait de cet accord, lui qui, très pragmatique, avait accepté le protocole d’accord du 5 mai 1988 et qui aurait été jusqu’au bout s’il avait eu la certitude de l’évêque…Ce que Campos avait étonnement obtenu.

 

Le 18 janvier 2002 fut la date retenue par Rome pour la signature officielle des documents.  Je me trouvais, comme je le leur avais promis,  au milieu d’eux. Une parole est une parole. Un ordre mal donné ne peut faire légitimement reculer.

 

Là encore, je considérais toutes choses sous l’angle de la messe. Pour moi, c’était  une victoire. Une victoire en faveur de la messe de toujours. Je le démontrais dans un article de Nouvelles de Chrétienté le n° 72. Je le consacrais totalement à cette affaire.

 

La chose étant d’importance, j’y revenais dans le deuxième numéro d’Item que je venais de fonder alors que je me trouvais en Belgique, comme prieur à Bruxelles  - dans Item,  puisque la revue  « Nouvelles de Chrétienté » m’avait été « arrachée ». L’autorité peut tout faire !  Je le complétais par  l’article sur   la lettre que le  secrétaire de la « Congrégation du clergé » adressait à Mgr Rangel. Cet article qui n’est pas de moi – ayant été interdit d’écriture, mais pas d’interview  (ceci pour simple anecdote)  – confirmait le bien fondé de mon analyse sur les textes constitutifs de l’Administration Apostolique Saint Jean Marie Vianney. Le rite St Pie V est vraiment le rite propre de cette administration.

 

Ces deux publications contrarièrent Mgr Fellay, certainement M. l’abbé Schmidberger ainsi que Mgr Williamson qui venait d’écrire un article, lui,  dans sa lettre aux « amis et bienfaiteurs » du séminaire de Winona, aux USA : « Campos is fallen ». L’opposition était totale. Je l’exprimais dans une interview demandée par un journal américain, « le « Wonderer » alors que je me trouvais au Canada. Je fus traduit, en anglais, par mon « interviewer » très aimable.

 

La coupe était pleine.

 

Il fallait mon éviction ! Elle eut lieu en septembre 2003.

 

 

P.S. : Suite à la déclaration de la Maison Générale sur la « Porte Latine », le 9 novembre 2004

 

Là ! Là ! Sur un  site « officiel »  de la FSSPX, on nous montre Mgr Rifan, aube et mitre en mains, au milieu d’autres évêques. On nous le dit « concélébrant » dans le rite nouveau. On crie au scandale, à la trahison. La Maison Générale de la FSSPX, sans plus attendre donne de la voix sur le site de la « Porte Latine ». « Il était là », il est vrai, les circonstances expliquaient sa présence : le renouvellement de la consécration du Brésil à Notre Dame. Mais un jour aussi Mgr Lefebvre, pour des circonstances particulières, dut assister à la nouvelle messe. Ses  « disciples d’aujourd’hui », si sûrs d’eux-mêmes, seraient bien capables de condamner  sa présence. Crieraient-ils  même  « il a trahi » ? Allons donc. Tout cela n’est pas sérieux. Figurez-vous que comme Mgr Lefebvre, ce jour là, lui aussi avait dit déjà la messe. Et puis la nouvelle messe, contrairement à ce que dit Mr l’abbé de Jorna n‘est pas « intrinsèquement pervers ». Serait-il un péché d’y assister « occasionnellement » et pour desraisons exceptionnelles ? Le Père Vinson le soutenait. Jamais Mgr Lefebvre. Serait-on devenu, dans la FSSPX , disciple du Père Vinson ? Moi ! Non !

 

 

"Plus tradi que moi tu meurs". Ne serait-ce pas l'esprit de certains aujourd'hui? "Vouloir toujours monter les
 les enchères".  Mais cela peut être aussi le signe de la peur. A voir.