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 Un regard sur l’actualité politique et religieuse

 

au 26 septembre  2004

N°10

Par Monsieur l’abbé Paul Aulagnier

 

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Radio Courtoisie

et

Monsieur l’abbé Paul Aulagnier

 

Le libre journal de Michel Valadier

 

Le Lundi  13 septembre 2004

 

 

Au cours de cet entretien l’abbé Aulagnier a rendu public sa déclaration acceptée par Rome.

 

 

Je fus reçu par Michel Valadier, en son « libre journal »,  sur Radio Courtoisie, le lundi 13 septembre 2004,  vers midi, pendant plus d’une heure. Je l’en remercie. Voilà  bien  deux mois que nous avions arrêté, avec lui,  l’objet de cet entretien. « Vous pourriez parler de votre parcours sacerdotal », m’avait-il demandé. « Volontiers » ! Il  le  rappela, en début d’émission, lui donnant même le titre : « le parcours d’un prêtre ». C’est pourquoi il m’interrogea sur ma vocation, mes années romaines. Ma famille, sur l’œuvre de Mgr Lefebvre….Et le temps passant  vite…trop vite, il sauta les étapes et  m’interrogea sur deux  sujets importants  qui me tiennent à cœur :

 

 

« ma position sur les « prêtres de Campos », ces prêtres amis, qui, pour la plupart, curés de campagne ou de gros bourgs, voire même  curés de grandes paroisses urbaines,  ont mené et mènent même combat que nous,  eux sur les terres brésiliennes, au diocèse de Campos, sous l’autorité morale de Mgr de Castro Mayer, puis de Mgr Rangel., nous en Europe, sous l’autorité de Mgr Marcel Lefebvre, puis du Supérieur général de la FSSPX. Il me plait d’insister sur les liens profonds d’amitiés qui nous unissaient depuis toujours,  – et qui, quant à moi, m’unissent encore. Ces liens, dans la foi, dans l’idéal sacerdotal ainsi que dans l’amour de l’Eglise,  remontaient au moins aux années conciliaires…

Oui ! Il me plait de donner ma pensée et de préciser ma position sur les « prêtres  de Campos ».   Certains, même très proches de moi, ne seraient pas loin d’interpréter  ma position comme  une trahison ou un ralliement à l’Eglise « conciliaire ». Ma position ne serait  rien moins qu’une trahison de  l’idéal  de Mgr Lefebvre. Je pense qu’il y a mal donne. Je veux m’en expliquer.

 

ainsi que de ma position actuelle dans l’Eglise  depuis que, mis à la porte de la FSSPX, j’ai du la quitter.

 

J’ai répondu à ces deux dernières questions très franchement. Ce sont mes réponses que vous trouverez ici. J’ai la faiblesse de penser qu’elles peuvent revêtir une certaine importance dans la situation présente…

 

 

A –  Ma position sur les « prêtres de Campos » au Brésil, réunis dans  l’Administration Apostolique « Saint Jean-Marie Vianney », récemment approuvée par Rome. 

 

« Nous allons enfin parler de Campos.

 

Michel Valadier fait la présentation de la manière suivante. 

 

Michel Valadier : « Cette affaire de Campos se situe, dans le temps, après le jubilé de l’an 2000…après votre pèlerinage à Rome, avec les pères de Campos. Ce fut un pèlerinage de grande ferveur qui a certainement impressionné les autorités romaines. Comment « ces schismatiques » viennent prier sur la tombe de Saint Pierre ! C’est à partir de ce moment que certains cardinaux, plutôt favorables à la « la Tradition », se sont dit : « Mais enfin, il faut faire quelque chose. Il y a du monde, de la ferveur , de la foi, des prêtres, des familles !…. ».

Des conversations ont commencé. Mgr Fellay eut même une audience privée avec le Souverain Pontife.  Puis ces conversations se sont ralenties. Il y eut, peut-on dire, « un « découplage » entre la FSSPX et les Pères de Campos….

 

Abbé Paul Aulagnier : « Lorsque Rome nous a « ouvert les bras » par suite de notre attitude très romaine pour le Jubilé de la Rédemption….Mgr Fellay et tout le courant de la Tradition a répondu avec spontanéité…ce qui montre, soit dit en passant, que notre esprit schismatique n’existe pas. L’Esprit schismatique…j’ignore, je ne connais pas. Ce qui ne veut pas dire que le « risque » de schisme n’existe pas…   Ensuite il a fallu réfléchir. Une réunion fut convoquée le 13 janvier 2001, je crois. Nous étions les deux conseillers, Monsieur l’abbé Schmidberger et moi-même. Mgr Fellay avait convoqué les trois autres évêques, Mgr Tissier de Mallerais, Mgr de Galarretta, Mgr Williamson, ainsi que le représentant de Mgr Rangel, déjà gravement malade, le père Rifan. Etaient présents encore l’Econome Général et le Secrétaire Général.

 

Nous avons parlé de cette « ouverture romaine ». Comment réagir devant cet appel romain ? Et là, tout de suite, j’ai bien vu une sorte de différence de point de vue, entre Mgr Williamson et Mgr Tissier de Mallerais et le Père Rifan et moi-même. Tous les deux nous étions pour aller de l’avant, pour nous ouvrir, pour essayer de normaliser notre situation, par amour de l’Eglise et pour éviter tout « risque » de schisme, à terme. Tandis que, je le sentais bien, du coté de certains d’entre nous, il y avait une résistance plus grande.

 

Bref, ce n’est pas l’objet de notre débat. Le Père Rifan, lui-même et Mgr Rangel,  ont pensé aller de l’avant et,  mus par des raisons diverses, ont conclu « ce bel accord »  - pour moi – avec Rome.

Cet accord qui n’est pas du tout une trahison comme on a pu le dire et l’écrire un peu vite, est,  au contraire, une manifestation, de leur part,  de l’amour de l’Eglise qui les animent  et une reconnaissance par l’Eglise de la messe de Saint Pie V.  C’est ce qui a retenu toute mon attention…en raison de la messe tri dentine retrouvée dans son droit. 

 

Je rêve, depuis des années et des années, par notre action missionnaire,d’arriver au triomphe et à  la reconnaissance du droit de la messe dite de Saint Pie V, dans l’Eglise. Ainsi quand j’ai vu que Rome accordait « la facultas »  - c’est le mot propre utilisé dans les documents officiels  -  à tous ces prêtres de dire la messe de Saint Pie V, j’ai vu une victoire, une victoire, une avancée formidable dans le retour de sainte Messe traditionnelle dans l’Eglise.

 

Car si l’on survole l’histoire du « combat de la messe », on verra l’évolution  -  Je voudrais y insister un peu… pour me justifier parce que mes confrères ont peut-être mal compris mon attitude à l’égard de Campos.

 

Moi, ce qui m’a plu dans l’affaire de Campos, c’est le triomphe de la messe de Saint Pie V. On me disait souvent : « Mais qu’est-ce cela ?  …Ils ne sont que 25, 27 prêtres ».  Peu importe le nombre de prêtres. Ce sont des prêtres qui recevaient de Rome la possibilité,  reconnue par Rome, de dire dans la plénitude de son  droit,  la sainte Messe tri dentine.

C’est ce qui m’a absolument enthousiasmé dans cette affaire.

 

Car si vous reprenez l’histoire du « combat de la messe », il faut voir le chemin parcouru…tout de même…

 

La messe nouvelle s’installe dans l’Eglise, le 1er novembre 1969, pour la  France. Je fais le survole de cette histoire sous le point de vue de la France. Car je connais mieux le problème français…

 

Dès la publication du « Novus  Ordo Missae », des théologiens de qualité, des pasteurs d’âme, des prêtres, quelques évêques ont été effrayés des « nouveautés » de la réforme liturgique. Ils ont alerté le Souverain Pontife, les autorités, des « carences » de ce nouveau rite. Cette nouvelle messe, sans être, de soi, invalide, risquait de ne même plus protéger la validité de la messe comme le faisait si bien   la messe dite de Saint Pie V, ce trésor. En particulier, parce qu’il y avait des affirmations équivoques, sur la présence réelle. Le mystère de la Transsubstantiation était exprimé d’une manière équivoque, ambigu…Comme si la présence réelle était identique à la présence spirituelle. ..Comme si elle était à « équiparer ». De même, deuxième vérité importante, sur le sacerdoce ministériel. Il est  nécessaire à la célébration de la Messe. La messe n’est pas célébrée par le peuple de Dieu. Le prêtre n’est pas le président de l’Assemblée réunie au nom de Jésus-Christ, comme cela était dit dans le fameux article 7 de l’introduction doctrinale de la réforme liturgique. Non cela est faux. Et ces « équivoques » peuvent  permettre éventuellement, une célébration invalide  …Ce qu’on ne pouvait faire aussi facilement avec le rite « ancien », le rite trident in.

 

Et puis la notion de « sacrifice propitiatoire ». C’est la définition même de la messe, définie au Concile de Trente. La messe n’est pas seulement une « eucharistie », n’est pas seulement un sacrifice de louange, d’action de grâce, mais un  sacrifice propitiatoire.

Ce sont là trois vérités fondamentales.

 

Alors, vous dis-je, quand des théologiens de qualités, des noms célèbres, se sont aperçus de cela, ils ont fait des « pressions ». Ils sont allés voir le cardinal Ottaviani…lequel a accepté de faire une lettre au Souverain Pontife, lui demandant deux choses : - d’une part que ne soit pas abrogé le rite tridentin et que,  de toute façon,  soit laissé libre usage aux prêtres, de  célébrer de la messe tridentine.

 

Malheureusement cette lettre ne servit à rien,  sinon à corriger l’article 7, à le rendre plus catholique,  plus qu’il ne l’était puisqu’il était vraiment de teneur  protestante. Même le cardinal Journet l’a dit au Souverain Pontife. « Cette définition de l’article 7 de la messe est hérétique ».

Comment cela a-t-il pu se faire ?

 

Et malgré cette attitude et cette supplique du cardinal Ottaviani, le Vatican ne bougea pas. Rien ne fut fait sinon en faveur, exclusivement,  de la messe nouvelle.

 

Alors des laïcs, en France, en particulier, se sont organisés  avec des prêtres qui voulurent courageusement continuer à dire cette messe de « toujours »  et la maintenir.

 

Cette résistance émut la hiérarchie catholique. Elle ne s’attendait pas à voir cette réaction des fidèles.  A priori, les fidèles sont dociles  aux enseignements romains… Non. Une réaction formidable s’organisa…

 

De sorte que le pape, pour essayer de la contrer, dut intervenir. Il est intervenu au Consistoire, le 24 mai 1976. Là,  il mettait toute son autorité pontificale en jeu pour demander à tous que soit célébrée uniquement la messe nouvelle. Malgré cette instance du Souverain Pontife lui-même mettant toute son autorité dans l’affaire, malgré son objurgation, sa déclaration au Consistoire de mai 1976, la « Tradition » continuait à vouloir le maintien de cette messe de Saint Pie V.

Si bien qu’on  arrive en 1984. En 1984,  est publiée un lettre,  la lettre « Quattuor abhinc annos »,  lettre que l’on appelle la lettre de l’indult. En effet constatant cette réaction, Rome donnait l’autorisation à l’évêque d’octroyer, de conférer un indult aux prêtres et aux fidèles désirant garder la messe dite de Saint Pie V . Mais cette fameuse lettre demandait que ceux qui la voulaient, n’aient aucune relation avec les prêtres de la FSSPX…Si par malheur, les fidèles se disaient heureux d’appartenir à la Tradition défendue par Mgr Lefebvre, ils ne bénéficieraient pas de l’indult

Il faut bien reconnaître que cet « indult » était fondé sur de mauvaises intentions et de mauvaises raisons. Il ne s’agissait que d’une simple concession, provisoire pour attendre la disparition de la génération ancienne qui, par nostalgie, s’attachaient encore  à ces formes liturgiques dépassées.

Mais la résistance continua.

Et en 1986, cette « Tradition » voulant  toujours la messe tridentine, le pape nomma une commission de 9 cardinaux  - ce que nous avons su qu’en 1995, oui en 1995, seulement,  par une déclaration du Cardinal Stickler…-  alors qu’il donnait une conférence aux Etats-Unis  -  par un petit entrefilet dans la revue « La Nef » de Christian Geoffroy – disant que le pape avait réuni une commission de 9 cardinaux leur posant deux questions :

 - Est-ce que la messe tridentine est abolie ?

  - Est-ce qu’un évêque peut interdire à un prêtre, en ordre canoniquement,  de dire la messe tridentine ?

 

 

Lors de cette conférence aux Amériques, le Cardinal Stickler confessa ouvertement, publiquement que 8 cardinaux sur 9 avaient  reconnu que jamais la messe tridentine n’avait  été  abolie et qu’aucun évêque n’avait la possibilité juridique et canonique d’interdire un prêtre de célébrer la messe tridentine.

 

Il a fallu attendre, vous dis-je, 1995 pour connaître cette affaire.

 

C’était, vous le comprenez bien, une révélation formidable.

 

Et en plus, en 1986, cette commission de cardinaux donnait une solution de paix liturgique, proposait au pape une solution de paix formidable. Le pape était invité par cette commission à reconnaître la liberté pour tout prêtre de choisir librement ou la messe nouvelle ou la messe tridentine. C’est la troisième proposition faite par les cardinaux. Et cela nous a été connu encore plus tard, par le livre publiée par La Nef et Geoffroy : « Enquête sur la messe traditionnelle ».  Là, dans ce livre,  était cité Monsieur Eric de Saventhem. Il communiquait le résumé des propositions cardinalises. Et la troisième proposition des cardinaux était ainsi libellée : « pour chaque messe célébrée en langue latine – avec ou sans fidèles présents – le célébrant a le droit de choisir librement entre le missel de Paul VI (1970 et celui de Jean XXIII (1962) »

 

C’était une avancée formidable…Quand on compare cette proposition de 1986 avec les paroles de Paul VI au Consistoire de 1976. Oui c’était une avancée formidable.

 

Mais malheureusement  - c’est encore le cardinal Stickler qui le révèle  - et ça a été publié…Tout le monde peut le lire dans le petit livret publié par le C.I.E.L, magnifique œuvre…J’en profite pour remercier Monsieur Loïc Merain d’avoir publié les conférences et homélies du Cardinal Stickler, d’avoir pris le temps de les traduire en français, pour le public français. J’en ai fait l’étude que vous pouvez trouver sur le site - Oui c’est encore le cardinal Stickler qui le révèle : cette proposition a suscité une démarche de cardinaux et de personnalités de l’Episcopat français en particulier et des pays du  long du Rhin. Ils sont venus voir le Pape disant : « surtout ne permettez pas cette liberté liturgique, ce libre choix du rituel ». Le souverain Pontife, qui pourtant avait accepté la proposition troisième de la commission,  dut reculer. On en resta au statu quo.

 

Ensuite arrive les sacres de 1988. Mgr Lefebvre passe outre l’interdiction pontificale, pour des raisons, je crois, tout à fait raisonnables. Je passe. Ce n’est pas notre sujet.  Et là , ces sacres sont l’occasion d’un nouveau texte : le Motu Proprio « Ecclesia Dei Adflicta » de 1988. Qu’on le veuille ou non, c’est encore une nouvelle « percée » en faveur de la messe traditionnelle. Le Souverain Pontife demande que vraiment les autorités locales, archevêques et évêques,  laissent un peu plus de liberté, soient plus larges et généreuses dans l’octroi de la messe Saint Pie V

 

Ce document était ainsi très important.

 

Dix ans passent encore.

 

Nous arrivons au pèlerinage à Rome, en action de grâce, en 1998,  des communautés « Ecclesia Dei ». Elles sont reçus par le cardinal Ratzinger qui leur fit une magnifique conférence et qui demande que soit reconnu également la messe dite de Saint Pie V…

Voyez donc. Petit à petit, la messe de Saint Pie V revenait sur le terrain, avec des nouveaux arguments formidables…Faut-il encore prendre le temps de les lire pour les apprécier…

C’est, alors, dans cette atmosphère que « l’affaire de Campos » arrive

 

Michel Valadier : « Quelle différence faites vous entre « les prêtres de Campos et les communautés « Ecclesia Dei »  sur ce problème de la messe ?

 

Abbé Paul Aulagnier : « Merci de me poser cette question ! cher Michel.  La différence entre les deux . « Campos a reçu, par Rome, la messe comme un droit tandis que si l’on examine bien le Motu Proprio de 1988, c’est toujours la « philosophie », si vous me le permettez, de 1984 qui règne pour les Communautés « Ecclesia Dei ». Or cet indult de 84 ne considère l’octroi de la messe « ancienne » que comme une concession, passagère et provisoire

Et moi, j’ai vu entre la situation de 2001-2002 pour Campos une différence fondamentale avec les communautés « Ecclesia Dei ».

J’aime, je respecte,le temps passe…Ils gardent la messe Saint PieV. J’aime ces communautés. Je veux être le pont, pour reprendre des conversations, des contacts. Je l’ai écrit dans mon site ITEM, reprendre des contacts, cesser cette guerre « fratricide » qui nous fait du tord…Ils gardent fidélité à la messe Saint Pie V …C’est beaucoup…

Cependant je n’encourage pas les jeunes à rejoindre le séminaire de Wigrasbad. Pourquoi ?  Parce qu’ils sont dans une attitude légale « équivoque ». Il faut qu’ils avancent aussi. Ils ne peuvent pas rester dans la « philosophie » de ce Motu Proprio. Il faut qu’ils demandent autre chose. Il faut qu’ils demandent la « facultas », comme Campos.

 

Michel Valadier : La communauté de « Campos » ne dépend-elle pas de la Commission Ecclesia Dei Adflicta » ?

 

Abbé Paul Aulagnier : « Non. Non pas. Elle dépend de la Congrégation du clergé, directement

 

Et moi-même, quand je discute avec le Cardinal Castrillon Hoyos, je dis au Cardinal : Non Non,  Eminence,  je ne veux  pas discuter avec la Commission « Ecclesia Dei ». Je veux discuter avec le Préfet de la Congrégation du Clergé. « Sunt idem… ». Eh bien ça  facilite les choses…

 

Michel Valadier : Une auditrice déclare que, certes, Campos a obtenu le droit de célébrer la messe…Mais que cette permission est valable uniquement dans  leur institut et dès qu’ils sortent du diocèse, ils sont soumis à l’autorité de l’Evêque…

 

Abbé Paul Aulagnier : Ce n’est pas exact.  Oui c’est vrai qu’ils sont soumis à l’autorité de l’évêque. L’église est hiérarchique. Mais , Madame, sachez que les pères de Campos ont obtenu l’autorisation d’aller au delà des limites diocésaines… Les choses se font  lentement, dans le temps, prudemment…Après qu’ils aient été reconnu officiellement comme « administration apostolique personnelle », ils ont reçu de Rome l’autorisation de se répandre et d’installer et de fonder des églises, avec, bien sur, l’autorisation des évêques. C’est normale…des églises avec la messe Saint Pie V. Et ils ont réussi…par leur savoir faire. Ils ont réussi avec l’agrément des évêques à célébrer des messes tridentines en dehors du diocèse de Campos. Le cardinal Castrillon Hoyos le dit lui-même et avec beaucoup de joie « malicieuse » dans son interview récent à « The Latin Mass ».  Que vous pouvez lire sur le site ITEM. Pour l’instant…le Vatican  est prudent.  Il préfère que Campos reste sur les terres brésiliennes…Du reste les pères de Campos ne souhaitent  pas tellement fonder des fondations en France…J’aurais été le premier, peut-être, intéressé par l’affaire…Mais je comprends très bien qu’il faille aller doucement…Les choses qui vont trop vite…chutent, habituellement…

 

Michel Valadier : Vous n’avez pas réussi à faire entendre votre point de vue au sein de la FSSPX.  Et il y a eu des discussions…Votre Supérieur Général vous a demandé de suivre la ligne adoptée par la FSSPX et vous vous y êtes refusé » ?

 

Abbé Paul Aulagnier :  Oui. J’ai voulu défendre ce que je pensais être « une victoire » et malheureusement j’ai échoué. Je m’y suis sans doute mal pris. Je suis prêt d’ailleurs  -  car j’ai rencontré, le 31 août dernier, Mgr Fellay -  je lui ai dit que j’étais prêt à faire « amende honorable » pour le bien…Car, comme un confrère me l’a dit très justement  - c’est le seul qui soit venu me parler très gentiment  - « dans un combat, il faut faire front commun ». C’est juste. Et sous ce rapport là, je ferrai volontiers « amende honorable ». Cependant pas sur tout. Je ne peux pas admettre qu’on critique « Campos » sur le problème de la messe, de cette victoire de la messe qu’ils ont obtenue et qui est au bénéfice de l’Eglise catholique. Mais enfin !  pour quel autre but, oeuvrons nous dans la FSSPX ? Je n’oublierais jamais l’importance que Mgr Lefebvre donnait à la sainte liturgie. C’est là le « catéchisme vivant » du bon  peuple.  Redonnez à ce peuple la bonne liturgie, vous restaurez l’Eglise, les paroisses, les intelligences… C’est ma pensée. J’ai défendu ma pensée. Je la défendrai encore.

 

Et je pense, voyez-vous, que les choses vont dans le bon sens. Le RP de Blignière, dans sa revue « Sedes Sapientiae » a fait un article que j’ai analysé dans ITEM de cette semaine, dans le n° 87, un bilan de ce qu’il appelle les fruits du Motu Proprio « Ecclesia Dei »… Et ce bilan, il le trouve globalement positif. Je crois qu’il a raison. Sous certains rapports, le bilan de la messe saint Pie V et de son retour dans l’Eglise est positif. C’est d’ailleurs aussi l’avis du cardinal Stickler. Le cardinal Stickler l’a dit et je le cite dans mon dernier papier sur ITEM, dans « mes regards ». Le cardinal écrit : le pape a été dans un sens … de plus en plus favorable à la messe tridentine et il ne reviendra pas en arrière. Bien au contraire. Il ira de l’avant.

 

Et je pense de fait qu’on va de l’avant. Et la messe du 24 mai 2003, à Sainte Marie Majeure en est la preuve. C’est encore une nouvelle victoire. Pensez ! Une déclaration au nom du Souverain Pontife, dans une basilique romaine, par un cardinal en situation, préfet de la Congrégation du clergé. Une déclaration affirmant que la messe dite de Saint Pie V a « droit de cité ». Ce qui est une chose formidable si on la compare, vous dis-je, au propos tenus par le pape Paul VI, le 24 mai 1976…

 

Michel Valadier :  « Et vos projets, Monsieur l’abbé ?

 

Abbé Paul Aulagnier : Mes projets ? Je pense que Rome pousse pour le retour dans l’église  de la messe Saint Pie V et veut trouver une solution pour la messe Saint Pie V et pour  ces communautés qui y sont justement attachées, pour la paix dans l’Eglise. Pour les diocèses de France, c’est un petit peu différent. Nos évêques vont moins vite que Rome et traînent un peu les pieds. Je le reconnais volontiers…Et je dois dire que pour l’instant, je n’ai pas trouvé de solution auprès d’un évêque. Mais ça va venir. Ca va venir. Il faut prendre son temps … Regardez Dom Gérard et sa nouvelle fondation… Et peut-être que les événements  - et c’est là que je vois les choses positivement dans cette crise que traverse la FSSPX…Peut-être que les événements de Saint Eloi à Bordeaux, vont permettre une progression en France….en faveur de la messe saint Pie V. J’en suis convaincu. Cette affaire de Saint Eloi, je ne pense pas dire d’imprudence ici…cette affaire de Saint Eloi….va intéresser Rome, au plus haut point…

 

Michel Valadier : « Mais intéresser Rome comme étant un ferment de division dans la FSSPX » !

 

Abbé Paul Aulagnier : Non point. C’est très bien de poser cette interrogation.  Rome ne cherche pas vraiment la division et la disparition de la FSSPX. Comme elle ne cherche pas non plus la disparition des communautés de la Tradition « Ecclesia Dei ». Non. C’est fini ce temps.   Rome veut maintenir tout cela. Elle voit là un « réservoir » de prêtres, elle voit de nombreux prêtres, des familles des écoles, Rome ne veut pas détruire cela. Mais elle va proposer une solution globale, générale comme l’a dit encore récemment le cardinal Castrillon Hoyos dans son interview à « The Latin Mass ».  Aussi est-elle intéressée par la création préalable de solutions concrètes,  pratiques…pour montrer que cela peut marcher et que cela marche déjà dans certains endroits, sans qu’il y ait la « guerre ».  Il faut seulement multiplier ces solutions concrètes.  Et c’est sous ce rapport que Saint Eloi est une occasion… une occasion de créer une église « personnelle ». C’est dans ce sens que Monsieur l’abbé Philipppe Laguérie doit travailler avec Mgr Ricard. Il est intéressant de savoir que Mgr Ricard est membre de la Commission « Ecclesia Dei » et qu’à ce titre, il est proche du cardinal Catrillon Hoyos et connaît les intentions romaines…Qui sait…

 

Michel Valadier : Une question justement au sujet de Monsieur l’abbé Laguérie : une mutation-sanction jugée injuste…justifie-t-elle de désobéir… parce que finalement les petits mexicains et les grands ont aussi une âme et pourquoi ne pas partir malgré tout, à partir du moment où il a fait son office, c’est-à-dire qu’il a déclenché un  débat selon la façon dont les vocations sont traités dans la FSSPX ?

 

Abbé Paul Aulagnier : Oui ! C’est vrai Mais il n’a pas fini son vrai combat à Bordeaux : Saint Eloi. Il est normal qu’il aille jusqu’au bout et le bout sera la normalisation canonique de son effort depuis trois ou quatre ans ? Et cette normalisation canonique  - Que  les autorités de Suresnes et de Menzingen écoutent bien  - cette normalisation canonique à  Saint Eloi… doit passer par la création d ‘une « église personnelle » où l’on célèbre le rite traditionnelle exclusivement…comme un droit. Il est légitime que cela soit fait par celui qui en a eu l’initiative. Ce serait commettre une injustice et une erreur de gouvernement – nous ne sommes pas des pierres interchangeables…comme cela  - que de l’envoyer maintenant au Mexique. Qu’il parte au Mexique après !   Peut-être ! Encore que… Mais pas au plein milieu du combat… Là, j’accuse l’autorité d’avoir seulement pensé la chose….et qui a commis sur la place public ce « formidable chahut ».

 

 

 

 

B -  de ma « situation » actuelle dans l’Eglise

 

 

Michel Valadier : « Vous nous avez dit avoir votre « celebret ». Avez-vous pour cela du signer un document quelconque et en particulier une reconnaissance intégrale du Concile ?  Et au juste, qu’est-ce qu’un « celebret » ? Comment l’obtient-on ?  Est-ce qu’il faut signer trois cents pages de déclaration pour l’obtenir ?

 

Abbé Paul Aulagnier  « Voilà les bonnes questions.

Effectivement j’ai, de Mgr Hippolyte Simon, archevêque de Clermont, reçu, le 15 mars 2004, mon celebret, signé par l’officialité du diocèse et contre-signé par l’archevêque, comme pour donner plus d’authenticité au document…. C’est Mgr Simon qui me l’a remis, de main à main,  le 15 mars 2004.

 

Ce celebret a une « longue » histoire.

 

Ce  celebret que j’ai en main, confirme que j’ai bien reçu le sacrement de l’ordre légitimement. Il me donne l’autorisation de célébrer la Sainte Messe ; il me donne la juridiction et la  possibilité de recevoir et d’entendre les confessions selon les normes du droit.

 

C’est un document important pour un prêtre.

 

Je l’ai reçu sans nier quoi que ce soit. Il me permet de dire et d’affirmer que je ne suis sujet d’aucune censure ou irrégularité…Alors que, j’y insiste, je n’ai jamais renié les sacres faits par Mgr Lefebvre en 1988, que je les ai même approuvés étant données les circonstances de l’Eglise et que je continue à les approuver…Malgré cela, j’ai reçu, de main à main,  de Mgr Simon, délivrance de ce celebret.

 

Je n’ai signé aucune déclaration compromettante.

 

Quand je fus mis dehors ou quand je fus renvoyé de la FSSPX, quand j’ai du quitter la FSSPX, non point par ma propre volonté mais par décision « injuste » du Supérieur, je suis allé à Rome. Je fus reçu très gentiment par le cardinal Castrillon Hoyos et par son « staff » et tout particulièrement par Mgr Vivies et le RP Fernando Guymarez, chef de cabinet du cardinal, préfet de la Congrégation du clergé.
Je lui ai expliqué ma situation. Il la connaissait déjà. Il a fort regretté cette décision de Mgr Fellay et m’a laissé entendre qu’elle n’était pas légal, qu’elle ne respectait pas le droit canon. Et il m’a dit « Mais il a plus de pouvoir que le pape, cet évêque ! »

Bref ! Je lui ai exposé ma situation. Il me dit : « il faut normaliser votre situation   même si vous faites recours…ce que je voulais faire mais  ce que je n’ai pas fait. Il faut quand même régulariser votre situation canonique et donc trouver un évêque qui vous accepte dans son diocèse ». « Mais je suis déjà incardiné dans le diocèse de Clermont. C’est à ce titre, du reste, que j’ai reçu le sacerdoce ». « Il faut donc « réanimer » votre incardination. Je vous conseille d’aller voir Mgr Simon ».
Je lui dis : « Oui. Je veux bien entrer dans un diocèse. Mais je souhaiterais une « création de paroisse personnelle » avec célébration du rite Saint Pie V et de tous les sacrements dans le rite traditionnel, comme l’ont obtenu de vous les prêtres de Campos.

« Mais oui. Il n’y a pas de problème. Vous savez très bien que la messe de Saint Pie V a « droit de cité ». Je l’ai moi-même déclaré, le 24 mai 2003 à Sainte Marie Majeure…La messe tridentine a droit de cité dans la Sainte Eglise Catholique. Il n’y a pas de problème. Nous sommes favorables à cette création d’ « églises personnelles ».

 

Ces « messieurs » de la Congrégation m’ont préparé un dossier, à cet effet. Il est passé par la nonciature de Paris. . Donc quelque chose de très officielle. Ils m’ont demandé, après avoir envoyé le dossier, dont je vais vous lire quelques éléments, d’aller visiter le Nonce à Paris. Ce que j’ai fait. Je fus très bien reçu, très aimablement, très courtoisement. Le Nonce me proposa même, un jour prochain, de venir prendre un repas

Une fois cette visite au Nonce faite, le dossier fut envoyé à Mgr Hippolyte Simon. Une fois le dossier dans les mains de l’archevêque, j’ai pris contact avec lui. Il me reçut à sa table. « Rien du mobilier,  du temps de Mgr de La Chanonie n’a changé », me dit-il. Sauf, dans la salle à manger, un grand et beau tableau de sa mère, brodant. J’ai pensé, en moi-même,  qu’une  grande piété filiale l’animait.  C’est ainsi qu’un cœur se révèle… Je m’en suis réjoui.

Dans ce dossier, il y avait deux parties : - une qui m’était propre et l’autre relative à Mgr Simon et à moi-même.

 

Le premier élément du dossier était une déclaration demandée par Rome, le 22 février 2004. J’ai le texte sous les yeux. Je  devais signer quatre propositions relatives d’une part à la reconnaissance  du Souverain Pontife « lui promettant mon obéissance filiale et en offrant mes prières pour sa personne »,  relative, d’autre part, à la reconnaissance du Concile Vatican II « comme l’un des Conciles Œcuméniques de l’Eglise Catholique en le recevant à la lumière de la Sainte Tradition », relative  également  à la reconnaissance de la validité, en soi,  de la Nouvelle Messe, et enfin relative  à un engagement de respecter le canon 212 du NDC  dans toutes les discussions théologique et dans l’esprit de Saint Augustin « In Principiis, unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas ».

 

Ces quatre points étaient les points acceptés, le 5 mai 1988 par Mgr Lefebvre et dans la formulation  même que signa Mgr Rifan, l’évêque actuel de l’Administration Apostolique Saint Jean Marie Vianney, prêtre ami. O combien ! qui après le jubilé de l’an 2000, nous l’avons dit, a pensé raisonnable de normaliser sa situation avec Rome.

Je leur ai dit : « je veux bien signer cette déclaration, je ne veux pas être plus royaliste que le Roi. Mgr Lefebvre l’a acceptée… Alors. Mais je dois vous dire qu’elle ne me plait pas beaucoup. S’il le faut, pour aller de l’avant et pour permettre de créer une « église personnelle », propre au rite tridentin, je veux bien…à la limite, la signer. Mais si vous me le permettez,  - je l’ai dit d’une manière très claire au RP Fernando Guimarez  -, je préférerais vous proposer une autres déclaration ». Il ne me fit aucune objection.

Donc l’entretien avec Mgr Simon eut lieu. Lui-même refusa la création d’une « église peronnelle » dans son diocèse. Il accepta de m’incardiner ou de renouveler mon incardination, me donna le celebret. Mais refusa la création dans son diocèse, d’une « église personnelle ». Il invoqua des raisons personnelles, privées : « que j’avais laissé un mauvais souvenir dans le diocèse, du fait que j’avais  suivi Mgr Lefebvre…après la « suspens a divinis » qui le frappait, du fait d’avoir accepté les sacres, du fait de mes « dires » sur le clergé diocésain dans mon livre « La Tradition sans peur » que je lui avais laissé comme il m’avait laissé son récent et nouveau livre que je lus.  Bref il refusa,  étant donné son clergé, de me donner un ministère. Je lui suggérais que je pourrais assurer discrètement une aumônerie d’Hôpital… Je ne réussis pas à l’ébranler.

 

A ce moment-là, je lui ai dit. Je vous remercie de m’incardiner. Mais puisque vous ne signez pas la partie qui vous est propre,  moi je ne signerai pas non plus la partie qui m’est propre….Je ne signerai pas cette déclaration. J’aimerais, du reste, une autre formulation. Ce que Rome semble ne pas refusera….

 

Nous nous sommes quittés la-dessus. Je l’ai rencontré plusieurs fois. Plusieurs fois je lui ai écrit. Et il me demandait : « Mais où en est votre déclaration ». . Je lui ai dit : « je vais vous la faire ». Il me la demanda même par écrit.  Et je lui ai proposé cette déclaration  et il me dit ;: « Attention, je ne suis pas  « négociateur » avec vous. C’est Rome. Faites-moi une déclaration que j’adresserai tout simplement à son Eminence le cardinal Castrillon Hoyos… Si bien que les circonstances ont fait que la déclaration que j’ai faite et que je vais vous lire,  a l’aval, je ne sais… de Mgr Simon, mais certainement du cardinal Castrillon. Car, en effet, je viens de recevoir de Mgr Simon cette lettre daté le 6 septembre 2004 me disant : «  « le cardinal Castrillon Hoyos m’a fait parvenir un fax qu’il me demande de porter à votre connaissance. Je le ferai volontiers, si vous voulez bien venir à l’Evêché, à un moment que vous voudrez bien fixer avec mon secrétariat. Il me dit avoir accueilli favorablement l’envoi de votre « déclaration ».

 

Pour moi, cette réponse est très importante.

 

Je vais vous en lire des extraits. C’est la première fois que je le fais. Mes confrères ne la connaissent pas encore. Ils vont l’apprendre par cette lecture que vous me donnez l’occasion de faire. Et je souhaite  - car je l’ai rédigé dans cet esprit  -. qu’elle soit susceptible d’être acceptée par tout prêtre de la FSSPX…afin que cette déclaration puisse faire l’unité.   Vous m’avez présenté comme prêtre désirant créer des ponts, d’entretenir de bonnes relations. Je souhaite,  de tout mon cœur,  être ce pont entre Rome et la FSSPX et les membres des autres communautés « Ecclesia Dei ». Les circonstances, peut-être permettront que je sois ce pont. Ce qui me ferait le plus grand plaisir, parce que romain, je le suis comme le fut Mgr Lefebvre, romain je serai, romain je resterai.

 

Voilà cette déclaration.

 

J’ai écrit cette lettre adressée  au cardinal par les bons soins de  Mgr Simon, le 4 juillet 2004…Il y a deux mois. J’ai pris mon temps. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je voulais mûrir le texte…  Je reprends les quatre points de la déclaration proposée par Rome. Le pape, le Concile Vatican II, la Nouvelle Messe. Les conversations théologiques.

 

 

 

 

« Eminence,

 

« Puisque vous voulez bien donner un cadre juridique à mon ministère et sachant les incompréhensions accumulées de part et d’autre entre les catholiques « traditionnels » et les « catholiques « conciliaires », il me semble nécessaire :

 

1° / Que je vous précise que vous recevez avec moi un de ces prêtres dont la force ou la faiblesse, selon les points de vue, est d’avoir réagi aux secousses de l’Eglise en se voulant fidèles à la Tradition, dans l’esprit du « Communitorium » de Lérins » 

 

C’est clair. Ceci pour préciser qu’il ne s’agit pas de la Tradition « vivante » dans la pensée du Père  de Lubac. Le communitorium de Lérins enseigne, en effet, qu’est de foi catholique ce qui  a été cru toujours, partout et par tous.

 

« De sorte que je vous demande de ne pas douter que je reconnais, si j’ose dire plus que quiconque, la charge que le Pape Jean-Paul II a reçu par mandat du Souverain Pasteur, de paître toutes les brebis et tous les pasteurs. Et que je lui dois, dès lors, respect et l’assurance de mes prières.

Lorsque je discute d’un certain nombre d’options théologiques, fussent-elles prises par le Concile œcuménique Vatican II, c’est avec et je dirais en raison d’un sur-respect, si vous m’accordez l’expression, de l’autorité légitimement engagée ».

 

Voilà pour le pape et le Concile œcuménique. Je crois que c’est clair, positif.

 

« Quant à la défense la messe dite de saint Pie V à laquelle je me suis consacré et que le célèbre uniquement selon le droit  ( …selon le droit   cette expression est très importante pour moi  ) elle ne m’empêche nullement de reconnaître la validité du Novus Ordo Missae promulgué par le Pape Paul VI. Et pour dire précisément et théologiquement sur quoi repose ce qu’on a pu m’imputer : le NOM me paraît offrir moins de « garde-fous » au fait que certains célébrants aient pu le célébrer sans avoir l’intention de faire ce que fait l’Eglise ». 

 

Voilà pour la messe.

 

« 2°/ Que dans les circonstances ecclésiales présentes, très préoccupantes pour tous les pasteurs et  tous les catholiques de l’Eglise de France du fait notamment de la pénurie extrême de prêtres, je m’engage spécialement à favoriser humblement un esprit de respect des personnes, de charité chrétienne et sacerdotale, de souci réel du bien commun pastoral, ayant très présent à l’esprit, pour ce qui concerne les légitimes discussions, l’adage de Saint Augustin : « In principiis unitas, in dubiis libertas, in omnibus caritas ».

 

Voilà pour les discussions théologiques

 

Je pense que tout prêtre de la FSSPX  pourrait  signer un tel texte.

Voilà la déclaration que j’ai signée et qui fut adressée au cardinal et dont je viens d’avoir confirmation , notification de son acceptation par lettre du 6 septembre 2004 de Mgr Simon. : « il me dit accueillir favorablement l’envoi de votre « déclaration » ». 

 

C’est cette « déclaration » qui m’engage.

 

Certains, permettez-moi d’y insister un petit peu, certains ont pensé que, quittant la FSSPX, ou, mieux, étant mis en dehors de la FSSPX…car je prétends  que, pour le droit, je suis toujours membres de la FSSPX…je me serais « rallier »…Je pense que cette déclaration, faite sur l’honneur,  n’est nullement un « ralliement » et qu’elle est même meilleure que celle que Mgr Lefebvre avait acceptée selon les circonstances, le 5 mai 1988. J’insiste pour dire que je n’ai rien trahi. On a suspecté ma  fidélité à Mgr Lefebvre.. Je n’ai rien trahi de la pensée de Mgr Lefebvre. Et Rome ne m’a nullement demandé de « trahir » quoi que ce soit. Bien au contraire. Le cardinal Castrillon Hoyos m’a parlé très élogieusement de Mgr Lefebvre. J’aurai aimé  pouvoir enregistrer ses considérations sur ce prélat. J’en étais édifié et  très reconnaissant. Je pense être toujours dans la mouvance de l’esprit de la Tradition. Cette déclaration, m’est avis, en est la preuve. L’amour de l’Eglise doit être davantage aujourd’hui, au cœur de nos pensées. Que l’on cesse de se faire les « censeurs » de la chrétienté et de Rome et d’agir comme tels. Attention aux déviations, toujours possibles. Même chez nous ! N’oublions pas l’esprit de Mgr Lefebvre. Il  se résume en trois mots « Tradidi quod et accepi ». Point c’est tout.   Il le faut. Et c’est ainsi et pas autrement que l’on trouvera la solution avec  Rome. Cela se fera peut être lentement. Des opérations,  comme  Saint Eloi,  pourront , je pense, y contribuer. Si cela est, d’aucuns en seront bien étonnés. Moi, je vis dans cette espérance,  sans cesse « cultivée ».