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 Un regard sur le monde  politique et religieux

 Au 9 janvier 2005

 

N°24

Par Monsieur l’abbé Paul Aulagnier

 

 

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Jean Madiran

Son jugement sur le  monde politique

à la fin de l’année 2004

 

 

Voilà ses propres termes :

 

« A ce pays si largement indifférent à son propre sort, je répète que l’actuelle rupture de civilisation, parachevée par ces deux lois de l’année de 2004 (loi du 15 mars et du 21 décembre), est une catastrophe historique plus grave que ne le furent la fin de l’empire romain ou la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 ». (Jean Madiran, Présent du 28 décembre 2004).

 

Avez-vous bien lu ? Relisez !

 

Ici, au 28 décembre,  il dit se « répéter ».  «  A ce pays si largement indifférent à son propre sort, je répète que.. »

Et de fait, il se répétait.

 

Le 25 décembre 2004, dans le numéro de Présent de ce samedi, jour de Noël, il affirmait déjà :

 

« L’année 2004 aura donc été celle de la déferlante officielle du principe de laïcité et de la promotion légale de l’homosexualité. Ce ne sont pas des accidents marginaux. Ce sont des « signes des temps », à méditer en ce temps de Noël.
Ce sont les signes
d’un profond changement de société, et le parachèvement d’une rupture radicale avec ce qui était notre civilisation gréco-latine et chrétienne ». (Jean Madiran, Présent du 25 décembre 2004)

 

Soyons clair !

 

Ce profond changement de société, fondé sur la publication de la loi du 15 mars et du 21 décembre 2004,  est appelé, par Jean Madiran, « une rupture », « une rupture radicale », «  le parachèvement d’une rupture radicale avec ce qui était notre civilisation gréco-latine et chrétienne ».

 

Ce qui est, pour lui,  « une catastrophe historique plus grave que ne le furent la fin de l’empire romain ou la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 »

 

Autrement dit, ces deux dernières lois, celle du 15 mars et celle du 21 décembre  2004, signent la fin d’une civilisation, celle de la civilisation gréco-latine et chrétienne.

 

Mais quelles sont donc ces lois si importantes : Ce sont  « celles de la déferlante officielle du principe de laïcité », du 15 mars 2004 et « de la promotion légale de l’homosexualité » du 21 décembre 2004..

 

Autrement dit, pour Jean Madiran, ces deux dernières lois de 2004, celle sur la laïcité et celle sur la légalisation de l’homosexualité, sont aussi « catastrophiques » que le furent « la fin de l’empire romain ou la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 ».

 

Autrement dit, pour Jean Madiran, les deux lois de mars et de décembre 2004 , sont dans le domaine de la civilisation, c’est-à-dire dans le domaine de la pensée, dans le domaine de la philosophie, dans le domaine religieux, moral, en un mot dans le domaine de l’être, sont de la même nature que le furent, hier, « la chute de l’empire romain » ou hier encore, « la prise  de Constantinople par les Turcs en 1453 ».

 

Ces deux événements historiques – « la chute de l’empire-romain » et la prise de Constantinople par les Turcs » furent une fin.

 

La chute  de l’empire romain fut  la fin « d’un mode d’être » ; la fin d’une culture ; la fin du droit romain et de son influence ; la fin d’une armée, d’une puissance ; la fin d’un rayonnement, la fin d’une philosophie, d’une pensée, d’un art, d’une administration, d’un mode de vie, la fin d’un ordre, la fin de la civilisation.  Et l’on sait que cette fin fut accomplie ou mieux consommée , comme le dit Louis Veuillot, par  la « violence et la luxure ». C’est notre monde.

 

La chute  de Constantinople, par le triomphe de l’Islam et sa violence, fut la fin de la catholicité de l’Orient. Catholicité supplantée par le « manichéisme »  islamique. C’est ou ce sera bientôt le cas de l’Europe occidentale, à moins que, comme le dit Raspail, la « phalange » catholique,  vivant autour et de la « messe catholique », réagisse. Pour cela, il faudrait que les chefs catholiques, prêtres et laïcs, arrêtent de s’entredéchirer entre eux ou même dans leur propre camp. Ce serait, dans ce dernier  cas,  la gloire du chef et la « paix » assurée  dans les rangs. Car  la paix et l’ordre relèvent,  de toute façon, de l’autorité et nullement de l’inférieur…

 

Pour Jean Madiran, ces deux dernières lois, celle sur la laïcité du 15 mars et celle du 21 décembre sur l’homosexualité, marquent donc, elles aussi,  une fin, la fin d’une civilisation, la fin de la civilisation gréco-latine et chrétienne.

 

C’est bien ça. Le pape Jean-Paul II, lui aussi, parle pour l’Europe « d’une apostasie silencieuse ». Et l’apostasie, du grec « apostasia », veut dire « abandon », « désertion », « renoncement ».

 

Voilà donc le jugement de Madiran sur le monde en la fin de l’année 2004.

 

Quand on sait l’amour de la précision dans les termes  de cet écrivain de talent,

Quand on sait l’attention que cet auteur a porté sur le monde moderne et son évolution,

Quand on sait l’acuité de son regard en tout domaine,

Quand on sait le combat attentif qu’il mena sa vie durant,

Quand on sait son œuvre  accomplie à la tête d’Itinéraires,

 

 

Il me semble évident qu’il faille  porter quelque attention à ce jugement émis dans Présent des 25 et 28 décembre 2004.

 

Le 25 décembre, il écrivait  : « L’année 2004 aura donc été celle de la déferlante officielle du principe de laïcité et de la promotion légale de l’homosexualité. Ce ne sont pas des accidents marginaux. Ce sont des « signes des temps », à méditer en ce temps de Noël.
Ce sont les signes
d’un profond changement de société, et le parachèvement d’une rupture radicale avec ce qui était notre civilisation gréco-latine et chrétienne ». (Jean Madiran, Présent du 25 décembre 2004)

 

 

Le 28 décembre, il répétait  :  « A ce pays si largement indifférent à son propre sort, je répète que l’actuelle rupture de civilisation, parachevée par ces deux lois de l’année de 2004 (loi du 15 mars et du 21 décembre), est une catastrophe historique plus grave que ne le furent la fin de l’empire romain ou la prise de Constantinople par les Turcs en 1453 ». (Jean Madiran, Présent du 28 décembre 2004).

 

Aussi ai-je pensé, tous les lecteurs d’ITEM n’étant pas abonnés, à tort, à Présent donner les quelques articles qu’il écrivait en son journal sur ces deux sujets : la laïcité et l’homoxesualité. 

 

Ce sera le meilleur de mes « regards » sur le monde.

 

D’abord au sujet de la loi sur la laïcité, puis sur l’homosexualité.

 

 

A-     sur la Laïcité

 

a- Déjà,  au 7 février  2004, dans Présent, il écrivait cet article, sous le titre  :

 

« Concorde nationale pour l’apostasie »

 

« Le débat parlementaire sur la laïcité s’est clos jeudi. L’Assemblée nationale émettra, mardi prochain, un vote préfabriqué, conclu dans les couloirs, quasi unanime : un vote de « concorde nationale », déclarent à l’unisson la majorité gouvernementale et l’opposition socialiste.

Concorde nationale pour l’apostasie de la France. Non point cette fois l’apostasie immanente que dénonçait Jacques Maritain au lendemain du concile Vatican II. Pas davantage l’apostasie silencieuse (de l’Europe) dont parlait le Pape Jean Paul II en juin 2003 et qu’en 2004 reprennent avec un vigueur décuplée les évêques de la Fraternité Saint Pie X. Mais une apostasie explicite, prononcée par les pouvoirs publics de la nation qui ne veut plus être la fille aînée de l’Eglise.

Aux dernières heures du débat parlementaire, on a entendu le président de la commission des lois, rapporteur du projet, le député chiraquien Pascal Clément déclarer :

« Le législateur est obligé de concilier deux principes contradictoires : le principe de laïcité et le principe de liberté religieuse. ».

Le président Clément imaginait peut-être pouvoir ainsi non pas certes sauver l’honneur, mais sauver les apparences. Il a bien vu que le principe de laïcité (tel qu’il est professé et vécu par la République) et le principe de la (vraie) liberté religieuse sont contradictoires. Et il a feint d’oublier ce qu’il avait appris autrefois sur les bancs de l’école : que les contradictoires sont inconciliables, ils s’excluent  mutuellement.

Pour sauver les apparences rhétoriques, le président rapporteur Clément ajoutait :

« Nous sommes tous d’accord aujourd’hui pour une laïcité ouverte. Réaffirmer la laïcité, oui, mais une laïcité ouverte. »

Il sait bien qu’au contraire, pour la tradition républicaine française, la seule liberté religieuse admissible c’est la laïcité elle-même ; une laïcité qui « force l’Eglise » comme disait Renan, à reconnaître qu’elle n’est qu’une opinion religieuse parmi d’autres, égale aux autres, dans le Panthéon républicain qui a repris à son compte la fonction syncrétique de l’antique Panthéon romain.

Le socialiste Jean Glavany a eu républicainement raison de répondre au rapporteur Clément :

« Je veux redire au Rapporteur que la laïcité n’a pas besoin d’adjectifs. Ouverte, fermée, ancienne, moderne, non ! La laïcité, c’est la laïcité ! Et ceux qui l’affublent d’adjectifs la dévalorisent. »

Le Rapporteur a donc renoncé à son adjectif apaisant et, docile, son dernier mot dans le débat aura été :

«  Si l’on supprime la référence à la laïcité (tout court), on fait une loi sans aucune noblesse républicaine (sic)

Par la bouche de leur épiscopat président républicain Ricard, les évêques se sont soumis à la « condition » politique d’existence d’une religion en France : « ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République. » (La Croix du 3O janvier)

Les évêques peuvent bien s’y soustraire (pendant un temps). Cela ne change rien à l’identité, à la nature, à la surnature de la religion catholique, qui est et qui sera toujours de s’affirmer comme la seule vraie religion. Ce qui est parfaitement « contraire aux grands principes de la République (française) ».

Tant pis pour elle.

Dans une telle situation d’apostasie explicite, le plus urgent et le plus nécessaire, pour les catholiques, est de prononcer publiquement leur actes de foi, que nul ne doit être contraint, que nul ne doit être empêché de professer : l’acte de foi en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, fils unique du Père, en l’unité du Saint-Esprit. »   Jean Madiran

 

Bravo !

 

b- Le 21 août 2004, dans Présent, sous le titre : «La condition du droit à l’existence »,

 

Jean Madiran commentait la phrase de Mgr Ricard : « Toutes les composantes religieuses doivent avoir droit de cité, publiquement, à condition de savoir aussi donner leur place aux autres et de ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République. »(interview donné au Figaro le 30 janvier 2004)

 

Madiran, le 21 août 2004, dans son article intitulé : « La condition du droit à l’existence », commentait les propos de l’archevêque, en ces termes : 

 

« Relisons. La condition pour qu’une religion ait droit à l’existence dans la République française : ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République ! On croit rêver. Ces « grands principes »,  c’est la mixité généralisée, composante obligatoire du principe essentiel de laïcité ainsi que l’affirme l’exposé des motifs de la nouvelle loi laïque. Ce sont les « droits de l’homme » et parmi eux le « droit à l’avortement ». Et aussi l’éducation morale des enfants entièrement et sans appel soumise à l’autorité de l’Etat. Demain peut-être, parmi ces grands principes, on verra figurer le droit à l’euthanasie, le mariage homosexuel, et Dieu sait quoi encore !…
Plus fondamentalement, quelles que soient les suites de l’évolution fantaisiste et illimitée de ces « grands principes de la République » le droit de cité de l’Eglise catholique ne peut dépendre de sa conformité à une loi politique , fut-ce une loi constitutionnelle.

Et ce fut un jour sombre annonciateur de grands malheurs, ce jour du 30 janvier 2004 où le président de l’épiscopat français situa la légitimité de l’Eglise ailleurs que dans sa mission divine » (Présent 21 août 2004)

 

Et Jean Madiran concluait son  article d’une pleine page  par ces mots :

 

« Conclusion :

 

« Face à l’Islam et face au principe de laïcité, tout se passe comme si la « gouvernance (collective) de l’Eglise de France » limitait désormais ses positions et propositions publiques à ce qu’il lui paraît possible de faire  entendre, sans heurt et sans risque, dans le cadre légal et mental de la République  laïque. Le diktat du président Chirac selon lequel « le principe de la Laïcité n’est pas  négociable » n’a pas créé, il n’a fait que confirmer l’existence bien établie d’une situation de force : exactement celle de la laïcité selon Ernest Renan, celle qui « force l’Eglise à obéir ». En conséquence  donc, pour s’en tenir à ce qui est possible, la « gouvernance de l’Eglise de France » se soumet au principe de laïcité, au principe de mixité , aux principes des droits  de l’homme, de la lutte contre toute forme  de discrimination, etc ; on ne conteste pas ces « principes »,  on proclame y adhérer, en essayant subrepticement de leur donner une interprétation ou d’en tirer quelques conséquences moins  défavorables que ne le font les « républicains » socialo-communistes. C’est  néanmoins l’interprétation des « républicains » socialo-communistes qui demeure communément admise dans la loi, la jurisprudence, l’enseignement public et l’usage médiatique.  Finalement l’épiscopat se contente de négocier en tapinois quelques aménagement pratiques, quelques dispositions réglementaires, quelques exemptions fiscales . En dehors de quoi, les notes doctrinales, communiqués et déclarations de commissions et comités épiscopaux se bornent à des exposés psycho-sociologiques inspirés des « sciences humaines » plutôt que d’une révélation divine et présentés comme des opinions parmi d’autres dans le débat démocratique. En restant à ce niveau et en respectant ces conditions, « les relations restent bonnes », ou à peu près.

Cette attitude « pastorale » (c’est-à-dire tactique) fait beaucoup plus que s’abstenir d’inciter à rien qui pourrait être susceptible de troubler l’ordre républicain. Car l’Eglise de France se laisse ainsi conduire à atténuer puis à taire dans son enseignement, dans sa catéchèse et dans ses écoles, les chapitres de sa doctrine qui se déclinent autrement que les droits de l’homme, autrement que  le principe de mixité et celui de laïcité. Précisément : elle se limite un peu trop au « Rendez à César ce qui est à César », sans énoncer aussi que le  « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu » est une obligation pour César lui-même. –

 

Actuellement, on ne peut en convaincre le César républicain ? – On pourrait du moins s’attacher à en convaincre les catholiques ; en avertir aussi tous ceux qui, par hasard ou par curiosité, une fois ou souvent, prêtent l’oreille au langage que tient l’Eglise. Ils l’entendent ordinairement parler de psychologie, de sociologie, d’économie  politique. Ils devraient l’entendre parler de rédemption, de vie éternelle, de salut des âmes :  de l’espérance d’un tel salut ; du fait que l’Eglise seule en détient les paroles et les sacrements, contrairement  à ce qu’insinue ou proclame le Panthéon de la laïcité  républicaine. Et s’il n’est pas actuellement possible, en effet !, qu’un tel langage soit admis dans l’école publique ni à la télévision, du moins on voudrait qu’il ne cesse de se faire entendre dans les églises et dans les monastères, dans les écoles  libres et dans les cercles d’études, dans  le scoutisme et les autres associations catholiques. Ce n’est  pas le langage qu’a tenu la « nouvelle  gouvernance de l’Eglise de France », fut-ce à mi-voix, face à l’agression menée en 2000-2004 au nom du principe de laïcité. Si  bien que dans la plupart des  diocèses, le clergé et les fidèles sont restés mentalement désarmés devant cette agression ».  Jean Madiran.

 

C’est bon !

 

 

B- la loi sur l’homosexualité

 

Sur ce sujet, et la création de la « Haute Autorité morale des dogmes républicains » : la HALDE, (Haute Autorité contre la Discrimination ), Jean Madiran attirait l’attention de ses lecteurs d’une manière particulièrement pathétique dans cet article de Présent intitulé «  Comment on en est arrivé là »  

a- Comment on en est venu là

Nous arrivons au dernier acte législatif. Les mesures répressives programmées contre les « propos homophobes » doivent revenir mercredi prochain 22 décembre devant le Sénat. Celui-ci n’y avait fait qu’une faible retouche : déclencher les poursuites n’aurait été permis aux associations homophiles que si elles étaient « reconnues d’utilité publique ». La retouche a été balayée à l’Assemblée nationale. Même si le Sénat essayait de la maintenir, constitutionnellement il n’aurait pas le dernier mot.

 

« Il faut considérer la situation dans son exacte réalité. Les débats parlementaires de la nuit du 7 au 8 décembre ont montré que les opposants à l’actuelle déferlante homosexuelle demeurent ultra-minoritaires parmi nos législateurs. D’autant plus que la pression élyséenne et gouvernementale est intense. Le président Chirac s’était personnellement engagé en 2002. Le premier ministre Raffarin avait promis en 2003 que l’année 2004 ne passerait pas sans que soit promulguée la loi contre l’homophobie réclamée par l’extrême gauche, c’est-à-dire en fait l’interdiction, sous peine d’emprisonnement, de toute réplique à la propagande homophile. Le consensus politico-médiatique est bien verrouillé.

Les dispositions répressives contre l’homophobie, on l’a dit, ne constituent plus une loi à part, mais sont intégrées à la loi instituant une Haute Autorité contre la Discrimination (HALD). Elles sont restées les mêmes, telles qu’elles étaient dans le primitif projet de loi. Donc l’« exposé des motifs » de ce projet, « présenté [à l’Assemblée nationale] au nom de M. Jean-Pierre Raffarin, premier ministre, par M. Dominique Perben, garde des sceaux, ministre de la justice » demeure le témoignage authentique de la pensée officielle à ce sujet. Dès le premier alinéa, il y est doctrinalement affirmé que l’homophobie met « directement en cause la dignité de la personne humaine dans ce qu’elle a de plus sacré ». De plus sacré ? La sacralisation de l’homosexualité n’est, donc, même plus à instituer : elle est considérée comme un fait acquis, comme une valeur de la République, au même titre sans doute que le principe de laïcité avec son corollaire, le principe de mixité.

Cela s’est fait, précise le même exposé des motifs, « au vu d’une réflexion approfondie réalisée à la fin de l’année 2003 et au début de l’année 2004 au sein d’un groupe de travail composé de représentants des différents ministères concernés qui a longuement auditionné, d’une part, les représentants de diverses associations de lutte contre les discriminations et, d’autre part, les représentants des organes de la presse écrite ou audiovisuelle ». Les représentants de la presse écrite étaient vivement contre les nouvelles mesures de répression des « propos », on n’a tenu aucun compte de leur avis. Les « représentants de diverses associations de lutte contre les discriminations » étaient triés sur le volet : on n’a évidemment pas consulté l’AGRIF. On a consulté surtout les associations homophiles d’extrême gauche mises en mouvement par l’agit-prop trotskiste.

Ces associations, apparemment humanitaires, philanthropiques, progressistes, moralisatrices et spécialistes de l’« orientation sexuelle » ont mis exactement cinq ans et demi à imposer leurs revendications stratégiquement précisées. Une fois de plus, nous publions en page 2 la chronologie analytique de leur parcours. Une fois encore, nous recommandons de découper ou photocopier cette page, et de la conserver. Par surcroît, elle est un argument très concret pour montrer ce que fait Présent, et ce que vous n’aurez plus si, faute d’un soutien suffisant, vous laissez Présent disparaître. »

Jean Madiran

 

b- Et de fait, en page 2, Madiran faisait le compte-rendu de l’action de Présent en cette affaire, en ces termes  :

 

« La « stratégie » ouvertement mise en œuvre depuis cinq ans et demi par le prosélytisme homophile aboutit enfin à ce qui vient d’arriver en France : les « propos homophobes », c’est-à-dire ceux qui répliquent à la propagande homosexuelle, tombent désormais sous le coup de la loi, condamnés à des peines allant jusqu’à l’emprisonnement.

Le droit d’utiliser, dans le combat des idées, des genres littéraires aussi classiques que : l’ironie, la satire, la comédie, l’épigramme, la caricature, le sarcasme, le pamphlet, la polémique, est maintenant retiré aux « homophobes ».

Ce droit reste le privilège de ceux qui attaquent, diffament ou ridiculisent la conception naturelle et chrétienne du mariage, de la sexualité, de la vie morale, de l’honnêteté.

 

Dans ces conditions, le « débat » annoncé sur l’institution d’un mariage homosexuel est gagné d’avance. Il est gagné par ceux qui ont libre droit à la parole contre ceux qui ne pourront plus s’exprimer que sous le contrôle préalable de leur avocat. Gagné d’avance pour les partisans de l’homoparentalité et de l’éducation d’enfants dans les mœurs homosexuelles.

Comment en est-on si rapidement arrivé là ? Comment ce qui paraissait monstrueux et impossible à tous les siècles de notre civilisation, et qui paraissait encore tel il y a seulement dix ans, est-il devenu ce qu’il est désormais interdit de contester par des « propos » catégoriques, efficaces et sévères ?

 

Eh bien, cela fut expliqué jour après jour, pendant cinq ans et demi, aux lecteurs de Présent, le seul à faire front contre une offensive homophile à laquelle les gens dits « sérieux » n’attachaient aucune importance, ils avaient bien d’autres « priorités ».

Ainsi la France en est arrivée à un radical changement de société, à une abominable fracture de civilisation, à une catastrophe historique plus grave que ne le furent la fin de l’empire romain ou la prise de Constantinople par les Turcs (1453) : la réapparition de Sodome et Gomorrhe. – J.M.

 

C’était la première fois que Jean Madiran formilait son jugement sur le monde contemprain.

 

c- Voici maintenant la chronologie de l’action de Présent :

 

« C'est au lendemain de l'affaire du pacs que les militants du prosélytisme anarcho-trotskiste en faveur de l’homosexualité sont entrés dans ce qu'ils espèrent être leur « lutte finale » : « antifascistes, pro-gay, pro-IVG ».

Car c'est alors qu'ils ont le mieux constaté à quel point, sur tout ce qui concerne « le sexe », ils peuvent intimider et neutraliser « la droite » et la plupart des « cathos » et de leurs journaux.

 

1998

« Les hautes instances » de la droite et des cathos se sont senties « couvertes de honte », observe Caroline Parmentier, devant le spectacle de Christine Boutin osant, « à l'Assemblée nationale défendre courageusement l'institution du mariage ».

 

15 juin 1999

Première annonce d'une stratégie offensive : créer une jurisprudence réprimant le délit mythique d’« homophobie », calqué sur le délit de « xénophobie», afin d’interdire et de punir tous les « propos » exprimant la réprobation et la répulsion naturelles que suscitent l'inversion sexuelle, le mariage homosexuel et l'homoparentalité (c'est-à-dire le « droit » des couples homosexuels d'avoir des enfants à élever dans l'homosexualité).

A cet effet, le Centre Gai et Lesbien cite en justice le quotidien Présent en l'accusant de dessins (Chard) et d'écrits (Madiran) qui seraient « homophobes ».

Le prosélytisme homosexuel du Centre Gai et Lesbien est, en outre, un prosélytisme théologique professant, jusque dans les documents qu’il dépose au tribunal que « Dieu est une lesbienne noire ».

 

26 juin 1999

Journée « Gay Pride » à Paris sur le thème : « Pour le pacs, contre l'homophobie ».

Le même jour, Le Monde publie un éditorial intitulé : « Combattre l’homophobie ». Parlant des « associations d'homosexuels et de lesbiennes », il déclare : « Leur bataille est aussi la nôtre. » Il soutient l'attaque judiciaire contre Présent. Et il annonce la préparation d'un « Manifeste pour une stratégie contre l'homophobie ».

 

12 octobre 1999

Le garde des sceaux, Mme Elisabeth Guigou, déclare à l'Assemblée nationale :

« Personne aujourd'hui, ici, n'ose se déclarer ouvertement homophobe, c'est un progrès. »

Supercherie : car personne jamais ne s'était « déclaré homophobe » parmi les adversaires de la propagande homosexuelle. Ce sont les militants homosexuels qui ont inventé les termes péjoratifs d'homophobe et d'homophobie. Mais ainsi Mme Guigou les authentifie et les officialise.

 

18 octobre 1999

François Léotard, avec le soutien de Francois Bayrou, dépose à l'Assemblée nationale une proposition de loi pour interdire et punir les propos homophobes.

Le Monde du 3 novembre orchestre l'initiative Léotard-Bayrou et assure : « L'idée d'une législation contre l'homophobie fait son chemin » ; il cite un extrait du « Manifeste » en préparation.

Le président du MRAP déclare :

« Il manque une sanction de l'expression à caractère homophobe comme est sanctionnée l'expression à caractère raciste. »

 

26 novembre 1999

Ouverture du premier procès du Centre Gai et Lesbien contre Présent.

Editorial du Monde :

« La loi créant le pacs n'est, à l'évidence, qu'un premier pas. »

3 décembre 1999

Parution dans Libération du « Manifeste pour une stratégie contre l'homophobie ».

Il est signé par 26 associations homophiles, dont la Ligue des Droits de l'Homme.

Il réitère et confirme la stratégie annoncée dès le 15 juin : instituer un délit d'homophobie à partir de poursuites judiciaires contre Présent. Et il précise très clairement qu'il exige non pas « une simple mesure de protection » mais « une véritable stratégie répressive et préventive ».

 

7 janvier 2000

Le Centre Gai et Lesbien perd son premier procès contre Présent parce que le Tribunal ne lui reconnaît pas la qualité juridique d'agir au nom de la « communauté homosexuelle ».

Le Centre Gai et Lesbien renonce à faire appel mais prépare contre Présent un second procès, juridiquement mieux sophistiqué.

 

24 février 2000

Ouverture du second procès du Centre Gai et Lesbien contre Présent.

 

23 mars 2000

Le Centre Gai et Lesbien perd son second procès contre Présent. Le Tribunal de Paris (17e Chambre-Chambre de la presse) déclare dans son jugement que la « confrontation entre deux thèses radicalement opposées [...] permet d'expliquer le recours à des termes particulièrement vifs destinés à défendre des idées considérées comme essentielles [...]. Au regard de cette opposition violente d'opinions fondamentalement divergentes, il apparaît que les propos retenus par la citation n'excèdent pas les limites admissibles du droit à la liberté d'expression ».

Suffoqué, le Centre Gai et Lesbien fait appel.

 

7 février 2001

Dans Le Monde, le militantisme trotskhomophile se déclare à nouveau comme étant inséparablement « antifasciste, pro-gay, pro-IVG ». Ainsi se confirme qu'il est en réalité un mouvement de subversion politique, animée par les agitateurs anarcho-trotskistes bancaires. S'ils ne s'occupaient vraiment que de la promotion de l'homosexualité, qu'auraient-ils besoin de l'avortement ? et pourquoi refuseraient-ils aux « fascistes » le « droit » à l'homosexualité ?

 

28 mars 2001

La XIe Chambre de la cour d'appel de Paris, par arrêt de ce jour, confirme le jugement du 23 mars 2000 :

« S'agissant d'un débat de société où des thèses opposées s'affrontent, la vigueur particulière de l'expression est admissible. »

« Le Tribunal, en replaçant exactement le vocable critiqué dans son contexte, lui a donné son exacte portée : un propos ironique de l'auteur, qui a choisi de traiter par le sarcasme la citation précédente de la partie adverse. »

« L'appréciation du Tribunal est confirmée [...]. L’association Centre Gay et Lesbien est déboutée de l'ensemble de ses demandes. »

L'offensive judiciaire du prosélytisme homosexuel a ainsi été stoppée par l'énergique défense de Présent et de son avocat Me Georges-Paul Wagner.

Mais Présent a dû se défendre sans le soutien d'aucun parlementaire ; les hebdomadaires catholiques ont passé sous silence cet épisode et leurs lecteurs ont été tenus dans l'ignorance de ce qui se passait. Aucun évêque non plus, bien sûr, ne s'est senti en rien concerné ou « interpellé » par un tel combat.

En tout cas la jurisprudence ainsi établie autorise explicitement, contre les prétentions et exigences homosexuelles, l'emploi de termes particulièrement vifs et les propos ironiques ou sarcastiques.

Pour interdire ces propos, il faudra donc une loi ; et il faudra, comme pour l'avortement, que cette loi soit instituée à la demande d'un président et d'un gouvernement « de droite ».

 

Avril 2002

Dans un entretien au mensuel gay Têtu, le président Chirac assure :

« L’homophobie est aussi condamnable que le sexisme ou le racisme. A l’instar du dispositif mis en place pour d’autres phénomènes de rejet, il faut à l’évidence une condamnation de l’homophobie. »

 

14 octobre 2002

Le président Chirac s’engage à nouveau, et dans un discours officiel :

« Il faut créer une autorité indépendante pour lutter contre toutes les formes de discrimination, qu’elles proviennent du racisme, de l’intolérance religieuse, du sexisme ou de l’homophobie. »

Janvier 2003

Au nom du gouvernement, le ministre Sarkozy fait adopter un amendement du député Pierre Lelouche : dans la loi contre les discriminations à l'emploi, aggravation des peines s'il s'agit d'une discrimination « homophobe ».

 

28 juin 2003

Journée « Gay Pride », au moins deux cent mille (ils se prétendent cinq cent mille) militants pour l'homosexualité, en défilé et cavalcade dans les rues de Paris sur le thème : « Marche des fiertés lesbiennes, gays, bi et transsexuelles ». Participation officielle du parti chiraquien UMP, représenté par son secrétaire national Jean-Luc Romero, avec l'approbation d'Alain Juppé.

 

16 juillet 2003

Jean-Luc Romero déclare à l'AFP qu'avec « la mise en place d'une loi réprimant les propos homophobes », « la droite a une chance historique de mettre en place quelque chose que la gauche n'a pas été capable de faire ».

 

17 juillet 2003

Une première pour un Premier ministre en exercice : Jean-Pierre Raffarin ouvre une série de plusieurs journées d'audience consenties aux associations homosexuelles, dont la plupart sont idéologiquement aux mains d'anarcho-trotskistes bancaires en connivence avec ceux de la télévision et avec ceux du Monde et de Libération. Ces consultations ont pour objet avoué la préparation d'une loi réprimant les « propos (sic) homophobes ».

Le Premier ministre commence ses consultations en recevant l'inter-LGBT (c'est-à-dire l'interassociation lesbiennes, gays, bi et trans).

L'AFP annonce : « A Matignon, on indique que M. Raffarin est “par définition un adversaire résolu de l'intolérance et donc de l'homophobie, qu'il considère comme une trace d'archaïsme dans notre société”. On souligne aussi qu'il était “plutôt ouvert” sur la question du pacs. »

 

19 juillet 2003

De Libération au Figaro, la presse fait état de la « promesse » du premier ministre Raffarin : il y aura en 2004 le vote d'une loi réprimant les « propos » suspects d'« homophobie ».

 

 

2004

Après plusieurs péripéties et finasseries subalternes au cours du second semestre, il y eut la nuit parlementaire du 7 au 8 décembre. Il devient manifeste que l’agit-prop trotskiste avait finalement atteint l’essentiel des objectifs que sa « stratégie » avait fixés en 1999. C’est sur ces objectifs que s’est réalisé, de bon ou mauvais gré, un consensus désormais presque total dans la classe politico-médiatique.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre, on a pu compter qu’il y avait à l’Assemblée nationale au maximum une trentaine de députés pour résister plus ou moins timidement à la promotion triomphante de l’homosexualité, et seulement cinq ou six parmi eux pour s’y opposer carrément, comme Christine Boutin, Marc Le Fur, Jean-Marc Nesme ou Christian Vanneste.

Donc, obéissant à une comminatoire directive européenne, le Parlement français a institué en décembre 2004 une Haute Autorité contre la Discrimination (siglée HALDE), où le gouvernement a introduit, contre tout « propos » supposé « homophobe », des mesures de répression allant jusqu’à l’emprisonnement : les mesures que les anarcho-trotskistes des associations libertaires réclamaient depuis 1999, tandis qu’eux-mêmes, pour leurs « propos » subversifs, haineux et anti-chrétiens, continuent de bénéficier de toutes les impunités.

 

 

 

 

C – La  synthèse exprimée dans les deux articles du 25 et 28 décembre 2004 de Présent

 

a-    l’article du 25 décembre 2004 sous le titre « C’était une loi d’avant garde ! »

 

« Le 21 décembre, le premier ministre Raffarin a déclaré à l’Assemblée nationale que la loi du 15 mars 2004 sur la laïcité, votée par le Parlement à l’unanimité, était en réalité « une loi d’avant garde ». Ni lui ni le Président ne l’avaient dit avant le vote. Ils avaient même donné l’assurance contraire.
L’année 2004 aura donc été celle de la déferlante officielle du principe de laïcité et de la promotion légale de l’homoxésualité. Ce ne sont pas des accidents marginaux. Ce sont des « signes des temps », à méditer en ce  temps de Noël.

Ce sont les signes d’un profond changement de  société, et le parachèvement d’une rupture radicale avec ce qui était notre civilisation gréco-latine et chrétienne.

 

« Venue ces derniers jours s’ajouter à la loi du 15 mars 2004, la loi du  21 décembre 2004 n’a pas besoin, elle, d’être avouée comme une « loi d’avant-garde ». C’est trop évident. Instituant la Haute Autorité morale  des dogmes républicains (siglée HALDE), elle réprime jusqu’aux simples « propos »  qui seraient tenus pour  condamner moralement ou pour déplorer sarcastiquement les comportements homosexuels. Son « exposés des motifs » énonçait explicitement l’intention d’inscrire l’homosexualité dans ce que la  dignité de la personne humaine « a de plus sacré ». De plus sacré !

 

L’intention du législateur, telle qu’il la déclare, contribue à préciser l’esprit des lois ». L’esprit des deux lois capitales du 15 mars sur la laïcité et du 21 décembre contre  la supposé homophobie est bien l’esprit « d’avant-garde ». On lira dans  l’encadré ci-dessous l’énoncé du projet chiraquien par son premier ministre Raffarin. Le principe  de laïcité consiste à écarter les religions  comme des accessoires secondaires ou superflus, et à « se  retrouver sur les valeurs fondamentales . Des valeurs fondamentales qui ne sont ni religieuses, ni non plus culturelles (puisque l’on prône et pratique le multiculturalisme), et pas même géographiques : cette déclaration de Raffarin  a été prononcée en faveur de l’adhésion de la Turquie à l’Europe, c’est-à-dire au mépris des frontières historico- géographiques entre le continent européen et le continent asiatique. Ainsi s’éclaire le « projet européen » du président Chirac et de son premier ministre. Il ôte des « valeurs fondamentales  tout ce qui constitue l’identité des nations d’Europe : le territoire, l’ethnie, l’histoire, la civilisation, la religion. Il ne reste que les valeurs  « citoyennes », le principe de laïcité, dans lequel le président Chirac a fait entrer la mixité obligatoire, et l’égalitarisme ravageur s’exerçant par la suicidaire lutte contre toute forme de discrimination. Ainsi l’identité propre de l’Union européenne consistera, au nom de la laïcité, à n’avoir  plus d’identité. C’est pourquoi la Turquie pourra y entrer. Mais aussi la Mongolie extérieure, l’Alaska et l’Ouganda, et tous les autres ; à la seule condition d’avoir promis d’adopter les mêmes valeurs « citoyennes », apatrides et orphelines.

L’année 2005 était annoncée comme devant être celle de l’anniversaire de la loi de 1905, la loi de séparation des Eglises et de l’Etat : « colonne du Temple » disait même le président Chirac, sans doute pour détourner l’attention du caractère « avant-gardiste » de la loi nouvelle, votée à l’unanimité en mars 2004. Son « exposé des motifs » se voulait rassurant, attestant qu’il ne s’agit pas de déplacer les frontières de la laïcité ». Il s’agissait bel et bien de les déplacer pour un énorme bond  en avant, puisque le principe de la laïcité s’y annexait les vastes territoires de l’égalitarisme et ceux de la  mixité désormais obligatoires.

 

Certes, « loi d’avant-garde », qui  distance la loi de 1905 par une différence essentielle. L’ « esprit » de cette dernière, abondamment exprimé par ceux qui l’ont rédigée et votée, était d’établir, par la « séparation » une République  fondée sur les principes contraires à ceux de l’Eglise catholique : « fondée sur la volonté de l’homme et non plus sur la volonté de Dieu ». Et l’on voulait bien laisser l’Eglise, avec ses principes contraires, « pratiquer son culte ». La laïcité actuelle ne veut plus accepter de religion que conforme à ses propres principes.

 

Et le président de la Conférence  «épiscopale française, de son côté, y a parfaitement consenti : « Toutes les composantes religieuses, a-t-il déclaré dès le 3à janvier 2004, doivent avoir droit de cité, à condition…de ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République. ».  Oui, en ce temps de Noël, méditons les »signes des temps ». Jean Madiran.

 

(L’encadré contient les paroles de Raffarin : « Le premier ministre Raffarin, à l’Assemblée nationale, le 21 décembre : « la religion ? Les dirigeants turcs nous disent vouloir construire un Etat laïc. La France  - vous, le Parlement, qui a voté à l’unanimité une loi d’avant-garde sur la laïcité  - doit-elle décourager les dirigeants turcs de s’engager sur la voie de la laïcité ? Nombreux sont les musulmans qui, en Turquie, ne veulent pas faire de la religion un  projet politique. Retrouvons-nous sur l’essentiel, sur les valeurs fondamentales. » Les passages soulignés en italique gras sont ceux que n’a pas reproduits les « verbatim » du journal Le Monde. Quant aux autres journaux, ils n’ont rien reproduit du tout ».)

 

 

b-    l’article du 28 décembre 2004, intitulé : « Signes du temps 2004-2005 »

 

« Le temps de Noël est celui du passage d’une année à l’autre. Il s’est ouvert avec les premières vêpres, au soir du 24 décembre, et il va jusqu’au 13 janvier, octave de l’Epiphanie et commémoraison du baptême de Notre Seigneur


Pour ce passage de l’année 2004 à l’année 2005, nous n’aurons pas manqué de « signes du temps » à méditer.

 

« L’année 2005 était prévue de longue date comme devant célébrer le centenaire de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat.
Mais elle pourra célébrer surtout le premier anniversaire de la nouvelle loi sur la laïcité , la loi du 15 mars 2004.

 

Car cette loi nouvelle a institué une extension illimitée du « principe de laïcité ».

 

C’est au nom de ce principe, et sous sa protection supposée, que  l’année 2005 va nous proposer d’adopter par référendum une constitution de l’Union européenne ouvrant et livrant l’Europe à  une Turquie asiatique et musulmane. Par la tutélaire vertu du principe de laïcité, nous allons nous retrouver, avec  les musulmans d’Asie, rassemblés sur des « valeurs fondamentales » qui nous seront communes  parce qu’elles excluent de la vie politique, comme un  dangereux superflu, tout ce qui est éthique, ethnique et religieux : dans  l’illusion d’éviter ainsi tout « choc des civilisations » et tout « affrontement des religions ». L’islam, qui ne craint pas l’affrontement et qui ne fuit pas le choc, ne  sous-estime pas l’importance d’u tel désarmement moral des chrétiens par le principe de laïcité.

 

Nous ne la sous-estimons pas non plus.

C’est pourquoi, dans notre numéro du jour de Noël, nous avons reproduit la déclaration tellement clarificatrice du premier ministre Raffarin : « l’essentiel, dit-il,  n’est plus le religieux, les valeurs fondamentales ne sont plus des valeurs  religieuses, ainsi l’a établi la « loi d’avant-garde « du 15 mars 2004, votée par le Parlement à l’unanimité.

 

Elle a institué une nouvelle échelle des valeurs en proclamant  que l’essentiel et le fondement se trouvent t désormais dans ce « principe de laïcité » qui rompt avec vingt-huit siècles de civilisation occidentale. A l’exemple de Ronsard, reprenez pour vous-mêmes son « je veux lire en  trois jours l’Iliade d’Homère, vous  y trouverez le témoignage que de tout temps les peuples d’Europe tenaient la religion pour fondamental et pour essentiel.

 

La rupture radicale de l’année 2004 cheminaient sournoisement depuis deux ou trois siècles. Elle est maintenant consommée.

 

Les hommes politiques qui ont fait la laïcité française de 1881-1905, depuis  le cri de guerre de Gambetta : « le cléricalisme (c’est-à-dire l’Eglise), voilà l’ennemi », si détestable qu’aient été leur idéologie, leurs discours et leurs actes n’imaginaient rien de ce qui a été ajouté à leur conception républicaine de la laïcité par le rapport Stasi, le discours Chirac du 17 décembre 2003 « relatif au respect du principe de laïcité dans la République », l’ « exposé des motifs » du 9 janvier 2004et finalement la loi du 15 mars.

 

Les Waldeck-Rousseau, les Combes, les Fernand Buisson, les Clemenceau, les Viviani, les Aristide Briand et les Jean Jaurès auraient hurlé d’indignation devant l’acrobatie, qu’ils auraient  trouvée à la fois burlesque et criminelle, d’inclure la mixité  obligatoire et la promotion de l’homosexualité au nombre des exigences fondamentales du principe de laïcité.

La loi de 1905 fut votée par une majorité s’imposant à une minorité presque aussi forte et à un pays révolté qui ne s’inclina pas sans  combat.

La loi du 15 mars 2004 et l’interdiction des propos supposés homophobes instituée par la loi du 21 décembre ont obtenu l’une la parfaite unanimité , l’autre une quasi unanimité du Parlement, au milieu d’une indifférence générale dans le pays. A ce pays si largement  indifférent à son propre sort, je répète que l’actuelle rupture de civilisation, parachevée par des deux lois de l’année 2004, est une catastrophe historique plus grave que ne  le furent la fin de l’empire romain ou la prise de Constantinople par la Turquie  en 1453. » Jean Madiran.

 

C - Je conclus :

 

Avec Jean Madiran, je suis bien en « communauté de combat » et en « communion d’espérance » comme il me l’écrivait dans sa dédicace de son livre « La trahison des commissaires ». 

 

Il est étonnant que je ne le sois plus avec la FSSPX.

 

En toute simplicité et limpidité, je dis à mes « anciens «  supérieurs , il faudrait peut-être revoir votre  « copie » et votre décision d’ « exclusion »… d’autant que Jean Madiran saisit la balle au bond dans son numéro de Présent du 7 janvier 2005 encourageant Mr l’abbé de Cacqueray dans son idée de «  lancer » « enfin » la  « Tradition » et ses laïcs dans l’arène  politique. Il est  temps et grand temps.

 

Le Pouvoir « maçonnique » a gagné le terrain et  tous les  « politiciens  » et bien  des  « ecclésiastiques », l’épiscopat s’ étant couché, le 30 janvier 2004, dans le lit de la « laïcité »,  consommant l’adultère, adultère préparé doctrinalement par la déclaration conciliaire « Dignitatis humanae ».  

 

Ce combat du « Christ-Roi » vaut le « coup ». Il devrait « cristalliser » tous les efforts et ne plus laisser de temps au conflit interne. Honteux !

 

Mais cela relève de l’autorité et de sa sagesse avant que des sujets.  Qu’elle le comprenne !

 

Si elle le comprend , elle laissera un nom. Si elle ne le comprend pas, elle sera emportée par les événements  qu’elle n’aura pas contrôlés, qu’elle aura même suscités, n’y prenant même peut-être pas garde. Elle se noiera elle même,,, après avoir perdu pied.

 

Les circonstances étant ce qu’elles sont, la journée du 6 février prochain sera le test de la sagesse des hommes constitués en autorité dans la FSSPX. . Cette journée pourrait être une journée « d’union ». Mais aussi une journée de terrible « cacophonie ». Alors dans ce cas, on   entendra le « chant du cygne » ! Malheur !

 

En bon entendeur, salut !