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Un regard sur le monde  politique et religieux

Au 13 mai  2005

 

N°42

Par Monsieur l’abbé Paul Aulagnier

 

 

 

Le Testament

spirituel et politique

de Jean-Paul II

 

« Mémoire et identité »

 

Des « ombres » dans ce testament ?

 

 

Nous avons jusqu’à maintenant commenté les beaux passages du livre de Jean-Paul II « Mémoire et Identité », son testament spirituel et politique.

 

Nous avons su les apprécier, les mettre en valeur. Nous en féliciter.

 

Mais tout, dans ce livre,  n’est pas de la même veine… Et c’est aussi justice de le dire et de le faire remarquer.

C’est surtout  le chapitre 18 du livre, chapitre intitulé : « Des bons fruits sur le terrain des Lumières », qui m’a surpris le plus. Le pape donne, ici,  son jugement sur ce que l’on pourrait appeler « l’esprit de la Révolution », « l’esprit des Lumières ». Je le transcrits in extenso, tant il me paraît important.

 

« Les Lumières européennes n’ont pas seulement produit les atrocités de la Révolution françaises : elles ont eu des fruits positifs comme les idées de liberté, d’égalité et de fraternité, qui sont aussi des valeurs enracinées dans l’Evangile. Même si elles ont été proclamées indépendamment de lui, ces idées révélaient à elles seules leur origine. De cette façon, les Lumières françaises ont préparé le terrain à une meilleures compréhension des droits de l’homme. En vérité, la Révolution a violé de fait, et de bien des manières, ces droits. Toutefois, la reconnaissance effective des droits de l’homme commença à partir de là à être mise en œuvre avec une plus grande détermination, dépassant les traditions féodales. Il faut cependant relever que ces droits étaient déjà reconnus comme fondés dans la nature de l’homme créé par Dieu à son image et proclamés comme tels dans la Sainte Ecriture dès les premières pages du livre de la Genèse. Le Christ lui-même y fait référence à plusieurs reprises, lui qui dans  l’Evangile affirme, entre autres, que « le sabbat a été fait  pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat (Mc 2 27). Par ces paroles il explique avec autorité la dignité supérieure de l’homme, indiquant, en définitive, le fondement divin de ses droits ». (p 131-13)

 

Voilà un jugement d’une importance formidable.

 

Il distingue les « faits » révolutionnaires de  la « doctrine » de la Révolution, les « atrocités de la Révolution » des idées de la Révolution exprimées dans  la déclaration des droits de l’homme dominée par la trilogie : «  liberté, égalité, fraternité ». Si les premiers – les atrocités - sont condamnables et, par le pape, condamnées, les idées sont  louables. Elles sont « les fruits positifs » de la Révolution, nous dit-il. Elles ont fait avancer le progrès social, Elles ont permis de dépasser la période « féodale » pour entrer dans la période  moderne où a été enfin reconnue et affirmée la dignité de la personne humaine et  le  respect de ses droits qui ont, même si cela n’a pas été dit et confessé par les philosophes des Lumières, leur fondement en Dieu, auteur de la nature humaine. Ces « valeurs » sont «enracinées dans l’Evangile », nous dit le pape

 

Voilà, ce me semble, la synthèse de la pensée de Jean-Paul II sur la période révolutionnaire, sur son histoire et sur  sa doctrine.

 

Et devant ces « bons fruits sur le terrain des Lumières », deux positions sont possibles nous dit le pape, soit celle de la « polémique » (p.134) et donc de la condamnation ou contestation soit celle de « l’aide fraternelle » (p.135), celle de la compréhension. Le Concile Vatican II a choisi son « camp ».  Le pape le confesse : « Dans l’exposé de la doctrine, le concile a volontairement adopté une ligne qui ne soit pas polémique »  (p. 134)  C’est toute la dialectique de « Gaudium et Spes ».   « Il a préféré aller à la rencontre du monde contemporain et engager avec lui un dialogue constructif ». (p. 134) C’est l’attitude essentielle de l’Evangile, de « l’esprit évangélique ». Agir ainsi est être fidèle à l’Evangile.  « En effet, l’esprit de l’Evangile s’exprime avant tout dans la disponibilité à offrir au prochain une aide fraternelle » (p.135) d’autant plus que ces droits affirmés dans cette « déclaration » étaient déjà reconnus comme fondés dans la nature de l’homme créé par Dieu à son image et proclamés comme tels dans la Sainte Ecriture dès les premières pages  de la Genèse ». (p.132)

 

Il me semble que tout cela est fort contestable.

 

C’est cette vision exprimée par le pape sur la Révolution française qui me fait douter, un peu… du  jugement énoncé par  Yves Chiron, dans son Aléthéia, n°    nous présentant la pensée de Jean-Paul II et le pape lui-même,  comme  « antimoderne » et « anti libéral ». 

 

Est-il vraiment « anti moderne » ? 

 

Certains de ses jugements, de fait, peuvent permettre de le dire. Nous l’avons montré dans les « Regard sur le monde »  précédents ». Cependant, ici, nous avons exprimé un jugement sur cette période révolutionnaire, un jugement général sur cette philosophie des Lumières, philosophie qui est  au principe du monde moderne, assez favorable, disons « ouvert ». Ce n’est pas rien d’écrire : « Constater que ces processus d’empreinte des Lumières ont souvent porté à une redécouverte en profondeur de vérités contenues dans l’Evangile est source de réflexion » (p.134). Cela me surprend.  Avouez !

 

Ainsi l’estime, voire l’approbation que la pape nous donne ici sur les principes de la Révolution,  m’oblige, personnellement, à une certaine réserve, disons me laisse perplexe.

 

Quel sera ma critique ?

 

Je laisserai de côté les aspects historiques de ce jugement « pontifical » sur  la période révolutionnaire  - mais dans  ce livre, Jean-Paul II parle évidemment comme auteur privé  -  pour ne m’intéresser qu’à la doctrine  philosophique.

Je voudrais montrer que la trilogie  révolutionnaire : « liberté, égalité, fraternité » telle que conçue par la philosophie des Lumières n’est nullement conçue dans l’esprit évangélique, dans l’esprit de la Révélation. Bien au contraire. Les mots y sont bien contenus. Certes. Pour le mot « liberté », voyez l’épître de Saint Paul aux Galates : Gal 5 13. Pour « l’égalité », voyez encore l’épître aux Galates : Gal.  Pour la « Fraternité », voyez l’épître de saint Paul aux Romains : Rm 12 10. Mais des épître de Saint Paul à la « Déclaration des droits de l’homme », il y a un monde. L’esprit en est radicalement différent.

 

Pour ceux qui ont chez eux le livre capital du Père Meinvielle : « de Lamenais à Maritain », qu’ils veuillent lire ou relire les pages 262 à 291. dans l’édition de la « Cité Catholique ». Ils seront éclairés.

 

Mais, ici, je fonderai ma critique d’abord sur la critique du  Père de Clorivière S.J.  sur  la « Déclaration des droits de l’homme ». C’est tout simplement excellent.  Ce sera l’objet du « Regard  sur le monde » de cette semaine.

 

La semaine prochaine, je me pencherai sur l’étude de Jean-Marie Vaisière sur la notion de liberté dans son livre « Les fondements de la cité ».  Nous étudierons le binôme : « Liberté –Autorité ». Nous verrons clairement que la liberté invoqué par la « Déclaration des droit de l’homme », n’ a rien à voir avec la liberté chrétienne, don  surnaturel, obtenu par grâce divine. Ce sera l’objet du « Regard sur le Monde » de la semaine prochaine. Nous n’omettrons pas, non plus , de citer Mgr Freppel et son étude sur la « Révolution Française », publiée à l’occasion du centenaire de 1789.

 

Et enfin, la semaine suivante, je porterai mon attention sur la « Déclaration des droit de l’homme » et le droit naturel et divin. en regardant ce que nous enseigne Jean Madiran dans son fameux livre « les Droits de l’homme » sans Dieu.

 

Ainsi aurons-nous une belle petite étude « contre révolutionnaire »…pour nous protéger des idées fausses de cette « Déclaration » qui ont détruit la civilisation chrétienne.

 

La pensée de Benoît XV.

 

Destruction de la civilisation chrétienne par cette « Déclaration des droits de l’homme » de 1789, c’était l’affirmation  déjà de Benoît XV. Il écrivait  le 7 mars 1917 : « Depuis les trois premiers siècles et les origines de l’Eglise,  au cours desquels le sang des chrétiens féconda la terre entière, on peut dire que jamais l’Eglise ne  connut un tel danger que celui qui se manifesta à la fin du XVIII siècle. C’est alors, en effet, qu’une philosophie en délire, prolongement de l’hérésie et de l’apostasie des Novateurs, acquit sur les esprits une puissance universelle de séduction et provoqua un bouleversement total, avec le propos déterminé de ruiner les fondement chrétiens de la société, non seulement en France, mais, peu à peu, dans toutes les nations ».  « Ainsi, comme on faisait profession de rejeter publiquement l’autorité de l’Eglise, et qu’on avait cessé de tenir la Religion pour la gardienne et la sauvegarde du droit, du devoir et de l’ordre dans la cité, on se plut à placer dans le peuple, et non en Dieu, l’origine du pouvoir, à prétendre qu’entre les hommes, l’égalité de nature entraîne l’égalité des droits, que l’argument du bon plaisir définit ce qui est permis, en exceptant ce qu’interdirait la loi, que rien n’a force de loi s’il n’émane d’une décision de la multitude ».

 

La pensée de Benoît XV n’est-elle  pas  différente de celle de son successeur Jean-Paul II ?

 

Le jugement du Père de Clorivière S.J.

 

Mais voyons  aussi le jugement du Père Pierre de Clorivière, S.J. qui a vécu en pleine période révolutionnaire  (1736-1820)

 

« Nous ne pouvons  manquer de parler de ces principes et de ces maximes que les maîtres de la Révolution ont répandus partout, et en particulier de ce qu’ils ont appelé « la Déclaration des droits de l’homme ». S’ils l’ont publiée avec tant de solennité, s’ils ont pris tant de soin de l’inculquer et la graver profondément dans les esprits, c’est qu’elle contient tous les  principes sur lesquels repose la révolution antichrétienne. Il est nécessaire d’en dévoiler la fausseté, de montrer au grand jour ce que les législateurs ont entendu par la liberté et l’égalité dont ils ont fait la base  de ces droits, mais sans jamais préciser le sens de ces mots. Il faut faire remarquer les contradictions que ces droits renferment et constater les suites funestes qui en résultent. ….Ces prétendus « Droits de l’homme » sont choses si pernicieuse qu’il ne suffirait pas d’en avoir découvert le venin, il faudrait autant que la chose est possible, les ôter en quelque sorte des mains  et de la vue des peuples, le vouer à l’exécration, et surtout veiller à ce que de malheureux instituteurs ne s’en servent pas pour empoisonner l’esprit de leurs élèves ». (Etudes sur la Révolutions Ed.  Fideliter. p. 58)

 

Jugement du Père de Clorivière sur la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Voyons précisément la doctrine de la « Déclaration des droits de l’homme » présentée par le Père de Clorivière dans son opuscule écrit en juillet-août 1793. C’est lumineux.  Vous trouverez le texte intégral dans  les « Etudes sur la Révolution » publiées aux éditions de Fideliter.

 

« En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen…

 

 

Art. 2.- « Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté » Dans la Déclaration de 1793, on ajoutera « l’égalité »

 

Critique  du Père de Clorivière :

 

« Pour connaître quels sont  les droits naturels et imprescriptibles de l’homme , il faut considérer les biens de la nature sur lesquels ces droits sont  fondés. Ces biens sont : d’abord l’être, et cet être est composé d’une âme spirituelle et d’un corps matériel ; les facultés de l’âme sont le jugement, dont l’objet est le Vrai, et la volonté dont l’objet est le Bien ; les facultés du corps sont l’usage des sens et le pouvoir d’agir extérieurement. Et parce que l’homme est libre, il peut se servir librement de ses facultés tant de l’âme que du corps. C’est de ces biens de la nature que dérivent les droits naturels de l’homme.

Parce qu’il est doué d’un jugement dont l’objet est le vrai, il a droit de connaître la vérité et de s’y attacher. Parce que qu’il est doué d’une volonté ou d’une capacité d’aimer, dont l’objet est le bien, il a droit d’en poursuivre la possession et s’y attacher. Ce bien est le Souverain Bien, qui seul peut rendre  l’homme entièrement heureux ; c’est aussi tout ce qui peut l’aider à en obtenir la jouissance, sans exclure les autres biens conformes à sa nature et à sa fin. Parce qu’il a un corps et qu’il est libre, il peut faire tout ce qui n’est pas contraire à son devoir. Parce qu’il a l’être, il a le droit de pourvoir à sa conservation personnelle et à son bien-être.

Voici donc quels sont les droits naturels et imprescriptibles de l’homme : la connaissance de la Vérité. La poursuite du Bien nécessaire à son bonheur et à sa fin. La liberté ou le pouvoir de faire tout ce qui n’est pas contraire à son devoir.  La conservation de sa personne et de ses biens.

 

Ces droits sont naturels puisqu’ils proviennent de la nature, et que sans eux les biens que l’homme a reçus de la nature seraient inutiles.

Les deux premiers sont tout à fait imprescriptible. L’homme ne peut jamais les ôter à un autre homme, Dieu lui-même ne les ôte jamais dans cette vie, c’est un châtiment qu’Il réserve dans l’autre à ceux qui auraient négligé d’en faire un bon usage quand ils le pouvaient. Les deux derniers ne sont imprescriptibles qu’autant qu’on ne mérite pas d’en perdre la jouissance par quelque crime. .
La nature et le bon sens ne nous montrent point dans l’homme  d’autres droits naturels et imprescriptibles. Ce sont ceux dont tout gouvernement doit essentiellement garantir la jouissance à chaque citoyen soit en lui procurant les biens  -si la chose est en son pouvoir  - soit en ne souffrant point qu’on y mette obstacle. Ils sont fort différents de ceux qui sont exposés dans la Déclaration ; il y en a dont cette Déclaration ne parle pas, et dont elle devrait parler ; il y en a dont elle parle autrement qu’elle devrait en parler ; la sûreté et la propriété sont les seuls droits qu’on puisse rapporter à celui de la conservation de sa personne et de ses biens.

Pourquoi nos législateurs en exposant les droits de l’homme et du citoyen ont-ils omis de parler de ses droits les plus nobles et les plus essentiels à son bonheur, pour ne parler que de ceux qui lui seraient communs avec  la brute si la brute pouvait avoir des droits ? Ne devaient-ils pas envisager l’homme et le citoyen sous tous ces rapports ? Cette considération ne devait-elle pas les guider dans la confection de la loi ? N’influe-t-elle pas infiniment sur la conduite du citoyen ? On peut en douter.

La sûreté et la propriété ne sont pas des droits nouveaux. On ne les a jamais contestés à l’homme dans quelque gouvernement que ce fût, lors même que les citoyens y étaient le plus opprimés par l’abus du pouvoir. Ils appartiennent entièrement à l’ordre civil et ne regarde que bien indirectement la Religion et les mœurs. C’est pourquoi nous n’en parlerons point.

 

Il n’en est pas ainsi de l’ « égalité » et de la «  liberté ». Ce sont des droits tout à fait nouveaux dans le sens où ils nous sont présentés. Nos Législateurs n’ignoraient point que ces mots étaient susceptibles de différentes significations ; ils devaient donc en fixer le sens. La confusion dont ils s’enveloppent est, comme nous allons le voir, un piège pour nous faire tomber dans les erreurs les plus grossières et les plus nuisibles.

Cette égalité » et cette « liberté » qu’on nous présente comme des droits naturels et imprescriptibles méritent de notre part une attention particulière. Ces deux points sont la base de toute constitution nouvelle. Ils ont paru si considérables aux nouveaux législateurs, qu’ils font prêter serment à tous les citoyens  qu’ils maintiendront jusqu’à la mort la liberté et l’égalité et qu’ils ont substitué ce serment aux précédents.

 

Art. 3.- Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».

 

On ne peut exprimer d’une manière plus précise, qu’il y a  parmi les hommes l’égalité la plus entière et la plus parfaite ; et cette égalité nous est présenté comme un droit naturel et imprescriptible.

C’est dire que la nature a placé tous les hommes au même rang, qu’elle  ne connaît entre eux aucune distinction, qu’elle ne soumet point un  homme à un autre, et qu’un homme ne peut, sans violer les droits de la nature, s’arroger quelque supériorité sur un autre homme. C’est dire encore  que la loi, quelle qu’elle soit, naturelle, divine, humaine, n’admet et ne reconnaît aucune distinction, aucune supériorité dans un  homme sur un autre homme. L’une et l’autre proposition énoncées de cette manière sont d’une fausseté manifeste.

 

Examinons d’abord l’égalité par rapport à la nature.

 

Les hommes ont tous reçu de la nature, les mêmes biens naturels et généraux, les mêmes droits naturels, ils sont assujettis aux mêmes lois générales, sujets aux mêmes peines, etc… En cela ils sont tous égaux. Cette égalité  de l’homme n’a jamais été contestée ; mais elle n’exclut en aucune manière la diversité des rangs et des conditions et, par conséquent, elle ne favorise en rien les desseins que nos législateurs ont eux en déclarant une égalité  parfaite parmi les hommes.

La même nature qui rend les hommes égaux dans les choses essentielles à la nature de l’homme, a en même temps établi entre eux une grande inégalité ; elle les a subordonnés les uns aux autres, elle a voulu que les uns eussent l’autorité et que les autres fussent soumis. Cette inégalité est une suite de leur origine. Dieu ayant voulu que le genre humain prît naissance d’un seul homme et qu’il se multipliât de la même manière , dès lors il est divisé en deux classes, parents et enfants ; les uns donnent, les autres reçoivent ; ceux-ci dépendent nécessairement de ceux-là. Et combien d’autres inégalités se rattachent à cette inégalité première !…

 

Art. 4.- La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi ».

 

On voit qu’il ne s’agit pas ici de la liberté essentielle à l’homme, qui consiste dans le pouvoir naturel de vouloir ou de ne pas vouloir. Il ne s’agit pas non plus de la simple exemption d’esclavage. Il y a  longtemps que l’esclavage est aboli en France, et c’eût été réduire la liberté à bien peu de chose… Nous savons bien que nous étions libres dans l’un et l’autre sens, et cette ancienne notion de la liberté n’aurait opéré parmi nous aucun changement ; elle ne nous aurait point portés à secouer le joug des lois divines  ecclésiastiques et même civiles ; elle n’aurait point fait de révolution. Il a donc fallu nous donner de la liberté une nouvelle notion.

 

La liberté, nous dit-on, est le pouvoir qui appartient à tout homme de faire  tout ce qui ne  nuit pas aux droits d’autrui.

 

Cette notion est vraiment nouvelle, un peu de réflexion nous montrera combien elle est fausse et désastreuse dans ses conséquences. Ce pouvoir qu’on déclare appartenir à tous les hommes, n’est pas seulement un pouvoir naturel et physique, tel que celui qu’ont tous les hommes de faire le bien et le mal ; c’est un pouvoir moral qui rend leurs actions licites. On peut licitement faire tout ce qui ne nuit pas  aux droit d’autrui ; c’est un  droit naturel et imprescriptible de l’homme, c’est un droit inhérent à sa nature, qu’on ne peut lui ravir et dont on ne peut , sans tyrannie, empêcher à l’homme la jouissance.

 

Donc toutes les lois divines, ecclésiastiques, civiles, qui lui interdisent quelque chose que ce soit qui ne blesse pas les droits d’autrui, sont des lois injustes et tyranniques. Il en est  affranchi par le droit naturel, imprescriptible, de faire tout ce qui ne nuit pas  aux droits d’autrui. Et parce que, selon nos législateurs, tout ce qui n’est  pernicieux qu’à son auteur, tout ce qui est contraire qu’à l’honnêteté naturelle, tout ce qui n’outrage que Dieu, ne nuit point aux droits d’autrui, l’homme a  le droit de se permettre toutes choses. Il peut dire, imprimer, contre Dieu, contre Jésus-Christ, contre la religion, les blasphèmes les plus impies ; les erreurs les plus évidentes ; adorer les idoles, les animaux, les démons ; adopter et exercer tel culte qu’il voudra sans que personne puisse le trouver mauvais.

 

Cette conséquence, toute affreuse qu’elle est, résulte naturellement de la notion que nos législateurs nous donne de la liberté ; et telle est leur confiance dans notre aveugle soumission à leurs oracles qu’ils n’ont point rougi de l’imprimer dans l’article qui suit immédiatement celui de la liberté.

 

Art. 11.- la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ».

 

Ce droit est illimité quant à son sujet. On ne peut y mettre aucune restriction parce que la loi n’en met aucune. On pourrait croire, il est vrai, que ce droit est nécessairement renfermé dans les limites que la saine raison et la loi naturelle ont tracées à l’homme ; que par conséquent il serait interdit à tout homme de publier rien qui soit injurieux à Dieu et préjudiciable aux bonnes mœurs. Mais ce serait s’abuser étrangement, ce serait s’aveugler volontairement sur les vues de nos législateurs, que d’interpréter ainsi la liberté qu’ils nous offrent, et si comme on le dit communément, la pratique et la coutume sont les meilleures interprètes des lois, surtout quand elles sont avouées par les auteurs de la loi, il faut dire, au contraire, que cette liberté est un pouvoir illimité pour le mal, et que ce pouvoir est nul pour le bien.

 

Concluons que cette liberté, qu’on nous représente comme un  droit naturel et imprescriptible de l’homme, est une liberté qui nous affranchit de tout devoir envers Dieu et envers nous-mêmes, et qui ne laisse subsister qu’une partie de nos devoirs envers les autres hommes ; je dis une partie, car tous les devoirs d’un ordre surnaturel se trouve anéantis, et ceux qui subsistent sont sans force, n’étant en aucune manière appuyé sur la loi divine.

 

Cependant, on nous dit que cette liberté a « pour principe la Nature, pour règle la Justice, pour sauvegarde la Loi ». Je réponds que ce sont là de vains mots, incapables d’éblouir un esprit qui sait un peu raisonner. Non, la nature ne peut avoir une liberté qui répugne à tous les principes ; la justice défend sans doute ce qui peut nuire aux autres hommes, mais elle ne peut  permettre d’outrager Celui de qui l’homme tient ses droits. Il n’y a qu’une loi, telle que celle de la Déclaration des droits définit, qui puisse maintenir une pareille liberté ; mais cette loi est nulle, parce qu’elle est contraire à la raison, aux mœurs, à Dieu même.

 

Quant à ce qu’on ajoute, que « la limite morale de cette liberté est dans cette maxime : « ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait », je conviens que cette maxime pose une des limites essentielles et nécessaires à l’exercice de la liberté humaine, mais ce n’est pas cette unique limite comme on le fait entendre… Voici la maxime qui exprime entièrement la limite absolument nécessaire à l’usage que l’homme peut faire de sa liberté : « ne fais rien de ce qui est contraire à la loi naturelle et à la loi divine » ; et plus clairement encore : « Ne fais rien d’injurieux à Dieu, de nuisible au prochain et de fun este à toi-même ». On voit par là que la maxime qu’on a citée n’exprime qu’en partie la limite morale de la liberté, et ce n’est pas sans  dessein, puisqu’on prétend affranchir l’homme du joug de la loi naturelle et de la loi divine et que c’est dans cet affranchissement qu’on fait consister la liberté.

 

D’ailleurs, en nous citant cette maxime sacrée, il eût fallu, pour lui faire sortir tout son poids, nous la présenter comme un point essentiel de cette loi naturelle que Dieu a gravée dans le cœur de tous les hommes, loi qu’il intime à chacun d’eux par le moyen de sa propre conscience, et par laquelle il lui prescrit d’agir d’une manière conforme à la raison. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? C’est qu’ils ne pouvaient rappeler l’idée de la loi de Dieu sans porter un coup mortel à celle qu’ils voulaient établir. Et cependant ils voulaient inséré cette maxime dans la première Déclaration, et jouer le peuple en lui faisant croire  qu’il leur reste encore quelque principe de justice et d’honnêteté naturelle.

Nous allons retrouver le même artifice dans ce qu’ils disent de la loi.

 

Art. 6.-«  La loi est l’expression  de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir, personnellement, ou par leur représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »

 

La définition qu’on donne ici de la loi est générale, rien n’indique le contraire, et il convenait qu’elle le fût dans une déclaration des droits de l’homme, afin qu’on put connaître jusqu’où s’étendent ces droits. Cette définition doit donc convenir à toute espèce de loi, car telle est la nature de la définition.

 

Or il est évident que cette définition ne convient ni à la loi naturelle, ni à la loi divine, ni à la plupart des lois humaines.

 

Elle ne convient point à la loi naturelle, puisque celle-ci n’est pas libre, étant essentiellement conforme à la Volonté immuable, éternelle, de la souveraine Sagesse qui n’est autre que Dieu.

 

Elle ne convient pas à la loi divine  - qui est libre dans ses dispositions, car il s’agit de la loi positive  - parce qu’elle provient uniquement de la Volonté souveraine de Dieu et ne dépend nullement de la volonté générale de ceux à qui la loi est donnée. Elle ne convient point à la plupart des lois humaines parce qu’elles émanent de la volonté de celui ou de ceux qui ont la souveraine autorité sur la communauté, sans qu’il soit nécessaire que ceux qui composent la communauté aient été consultés.

Ainsi par leur définition, nos législateurs rejettent la loi naturelle, la loi divine et la plupart des lois humaines. Voilà ce qu’on est obligé de penser. Car il n’est pas possible d’imaginer qu’ils aient ignoré les notions le plus communes de la définition, ou que dans une définition longuement et sérieusement discutée entre plusieurs gens habiles, il se trouve un seul mot qui ait été mis ou omis sans quelque vue.

 

Mais restreignons cette définition à quelque chose de moins général, supposons qu’on n’a prétendu définir que la loi humaine. Cela suffirait-il pour faire disparaître toute espèce d’iniquité ? Non, pas tout à fait ; parce qu’il est essentiel à toute loi humaine d’être appuyée sur la loi naturelle et divine. Sans cet appui, elle ne peut obliger, elle ne peut être loi. Il était donc  nécessaire d’ajouter cette clause à la définition de la loi : pourvu que la volonté générale soit conforme, ou du moins n’ait rien de contraire à la loi naturelle et divine. Et dans la matière présente, une pareille réticence ne peut être que réfléchie et donner lieu de croire qu’on rejette ces lois.

 

Si nos législateurs ne rejettent pas positivement ces lois, du moins il est certain qu’ils les considèrent comme nulles par rapport aux lois humaines. Souffrons un  moment cette impiété. Mettons à part la loi naturelle et divine, l’autorité de Dieu même, et voyons si la loi serrait alors l’expression libre et solennelle de la volonté générale. D’où la volonté générale tirera-t-elle, pour obliger les hommes à l’obéissance, une autorité sans laquelle  il n’y a point de loi ? Ce n’est pas d’elle-même, il n’y a que Dieu qui tienne son autorité de Lui-même. ce n’est pas non plus des hommes, parce que se soumettre à la volonté générale, lui donner l’autorité de commander, c’est aliéner sa liberté, c’est enchaîner le pouvoir qu’on a de faire tout ce qui ne nuit  pas aux droits d’autrui », ce qui est chose impossible, la liberté étant un « droit imprescriptible ». Il n’y aurait donc plus de loi.

On dira peut-être : la volonté générale est le composé, le résultat de la volonté de tous, et par conséquent l’homme, en obéissant à la loi, ne captive point, ne soumet point sa volonté, il est libre ! Ce n’est là qu’un vain subterfuge. La volonté générale est, ou l’accord de la volonté de tous, de manière que tous veuillent la même chose, ou c’est seulement l’accord du plus grand  nombre. Le premier cas est impossible, il est impossible que tous les hommes s’accordent sur tous les points que contient la loi. Si par la volonté générale on n’entend que la volonté du plus grand nombre, alors je ne suis plus libre ; je n’ai plus ce pouvoir imprescriptible de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui. Ma volonté se perd, elle est abîmée dans un concours immense de volonté étrangères ; et je suis, contre mon gré, irrésistiblement obligé de faire la volonté des autres.

 

Et qu’importe à ma liberté d’être enchaîné par une foule de volontés différentes, ou par la volonté d’un seul, à qui je me soumets librement et avec  joie, parce que je reconnais en lui l’autorité du Souverain Maître.

Dans les deux cas, je renonce également à ma liberté. Je dirai même que, dans le dernier, mon renoncement est plus libre : parce qu’en obéissant à un  homme en vue de Dieu, c’est à Dieu proprement que j’obéis, et que je fais uniquement ce que me disent de concert ma raison et ma religion. Au contraire, lorsque je ne considère nullement l’autorité de Dieu mais le grand nombre, alors mon concours à la confection de la loi et l’acceptation que j’en fais en général, peuvent seuls rendre mon renoncement libre ; or, ce concours et cette acceptation sont comme nuls à mon égard, chacun de nous  peut s’en rapporter la-dessus à sa propre expérience !

La définition que nos législateurs nous donnent de la loi est donc bien mal imaginée puisque leur but, en nous la donnant, était de sauver au moins  l’apparence de leur liberté et qu’elle ne la sauve en aucune manière. Elle n’en est plus la sauvegarde, elle en est l’anéantissement. Mentitia est iniquitas sibi.

 

Je vais plus avant et je dis que quand on conviendrait que la loi est l’expression libre et solennelle de la volonté générale, on ne pourrait, d’après leurs principes, jamais être assuré de l’existence et de l’autorité de la loi, pour obliger les citoyens à se soumettre. Il faut au moins pour cela que la volonté générale soit celle du plus grand nombre. Mais comment constater le plus grand nombre ? Par des représentants ? Mais ces représentants ont-ils été choisis librement ? N’ont-ils pas trahi la cause de leurs commettants ? Ont-ils exactement accompli ce qui leur était commandé ? N’ont-ils point passé les bornes qu’on leur avait prescrites ? La chose au moins  sera douteuse. Le plus souvent, il sera certain que des représentants ne seront pas ceux du plus grand nombre, qu’ils auront substitué leur volonté à la volonté de la Nation. Dès lors plus de loi, plus de frein aux passions humaines, s’il est vrai que la  loi soit, dans le sens de la déclaration, l’expression de la volonté générale.

 

Disons- le hardiment parce que la chose est notoire. Dans toutes nos assemblées, nos représentants se sont arrogés un pouvoir qu’on ne leur avait pas donné, et qu’on n’avait pu leur donner. Leur choix n’avait pas été celui du plus grand nombre. Les élections n’avaient point été libres, aux moins quant aux deux dernières législatures. Tout ce qu’il y avait d’honnête dans la Nation n’y a point concouru ; elles ont été l’ouvrage de l’intrigue et de la cabale ; et comme l’intrigue et la cabale sont la science des méchants, ceux-ci y ont présidé, ils ont réuni tous les suffrages, ils ont été nommés les représentants de la Nation, et ils l’ont été par eux-mêmes. Parmi eux, ceux  qui étaient les plus méchants l’ont emporté. Eux seuls ont fait la loi et l’expression de leur volonté est ce qu’ils appellent l’expression libre et solennelle de la  volonté générale.

 

Ce qui est arrivé parmi nous a dû arriver, c’est ce qui arrivera toujours, quand on voudra secouer le joug de la loi suprême.

 

Un peuple fait consister sa liberté à se donner à lui-même des lois, il ne peut dépendre que de lui-même, il se soustrait à l’obéissance qu’il doit à la loi divine : Dieu pour le punir de sa révolte et de son impiété, le prive de cette liberté dont il fait son idole. Les efforts qu’il fait ne servent qu’à le mettre  dans de viles et cruelles entraves, il devient l’esclave des pires, qui le maîtrisent et qui, n’étant dirigés par aucune règle, retenus par aucun frein, lui imposent, sous le nom de Nation, des lois arbitraires et impies et le livrent, au gré de leur malice, à tout ce que le malheur, l’avilissement, le désordre et le crime ont de plus rebutant et de plus  affreux ! Le sort de ce peuple est semblable à celui de tout homme qui, ne reconnaissant pas la véritable liberté, la cherche dans l’indépendance et l’assouvissement de ses désirs déréglés.

 

A la définition de la loi qu’on vient d’examiner, et dont on a fait voir la fausseté, l’insuffisance et l’impiété, on ajoute les paroles suivantes : «  Elle est la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».

 

Si le sens de ces paroles est qu’une loi ne peut, en aucun cas, admettre de distinction dans les personnes, soit quant aux faveurs qu’elle accorde, soit quant aux punitions qu’elle décerne, la fausseté de cette proposition est sensible, parce  que, en bien des cas, la raison et le bien public demandent qu’on distingue diverses sortes de personnes.

 

On dit de la loi qu’elle ne peut ordonner que ce qui est  juste et utile à la société, qu’elle ne peut défendre que ce qui lui est nuisible. Cette maxime est vraie par rapport aux lois qui sont appuyées sur la loi naturelle et divine. Mais attribuer la même chose à des lois qui seraient seulement l’expression de la volonté générale des hommes, sans aucun rapport à la Volonté divine, c’est-à-dire que des hommes sont par eux-mêmes incapables de se tromper, incapables de vouloir rien de mal ; c’est leur attribuer une infaillibilité, une sagesse, qui n’appartiennent qu’à Dieu, et ne vienne que de Dieu. Que nos législateurs examinent eux-mêmes les effets de leur loi : la Religion détruite, le trône renversé ; le désordre et le vice qui règnent impunément partout, l’innocence opprimée, l’usurpation de tous les biens consacrés à Dieu, etc… et qu’ils nous disent si leur loi n’a pu rien ordonner que de juste. Nous ne nierons pas que, dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, il n’y ait plusieurs choses justes et utiles, ce sont celles qui sont conformes à la jurisprudence commune et ordinaire. Ce mélange était nécessaire pour faire illusion. Mais combien en est-il encore, que nous pourrions relever comme contraire à la Religion, au bien de la société et aux bonnes mœurs ? Il y a  d’autres assertions, qui pourraient être vraies si elles étaient modifiées  et si on ne les présentait pas comme des  droits naturels de l’homme et du citoyen.

 

Conclusion

 

Nous pourrions étendre plus loin nos réflexions sur la Déclaration des droits. Nous pourrions montrer combien nos législateurs eux-mêmes l’ont violée dans tout ce qu’elle pouvait avoir de favorable aux partisans de la religion, de la justice et de la vérité. Notre  objet n’a pas été de censurer leur conduite, mais leurs principes, et de montrer combien cette Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est contraire à la religion et aux mœurs. Il était important d’éclairer mes concitoyens sur cette matière, à laquelle plusieurs d’entre eux ne font pas attention.

 

Nos réflexions ont rempli suffisamment cet objet. Nous ne voyons pas qu’on puisse les lire avec quelque soin, sans reconnaître que cette Déclaration couvre la vérité d’un voile ténébreux ; qu’elle tend au renversement total de la religion de Jésus-Christ ; qu’elle est dans ses points principaux tout à fait opposée au Saint Evangile ; qu’elle affranchit l’homme de tous ses devoirs que la loi, même naturelle, lui impose par rapport à Dieu ; enfin qu’elle est un véritable amas d’impiété et d’immoralités.

 

Mais parce que la manière artificieuse dont elle est présentée, et ce qu’elle contient de propre à flatter l’orgueil et la corruption naturelle aux hommes , peuvent la rendre très funeste au genre humain ; sous ce dernier point de vue, comme membre de la sainte Eglise Catholique, je dénonce cette production d’iniquité.

 

Si malheureusement les ténèbres qu’on s’est proposé de propager, par le moyen de cette Déclaration des droits de l’homme, venaient à se répandre sur la terre ; si la plupart des hommes s’en laissaient envelopper, alors nous serrions arrivés à ces temps malheureux, où selon la terrible parole des Livres sacrés, le soleil de la vérité sera obscurci. ».

 

Voilà un jugement et une justification qui nous éloignent fort de la pensée du pape Jean-Paul II sur le même sujet.