Le surplis et le rochet.

 

Vers le XIVe siècle, l'aube fut plus ou moins raccourcie, pour des raisons pratiques, et donna naissance à d'autres vêtements liturgiques: le surplis, la cotta et le rochet.

Dans les régions froides, le surplis à larges manches fut adopté lorsque les clercs portaient une robe fourrée, qu'on appelait pelliceum, pelisse. Il était normal que l'habit de chur fût assez ample pour couvrir la fourrure, d'où le nom de super pelliceum, " sur-pelisse " et, par corruption " surplis ".

On le portait par-dessus les pelisses faites de peaux de bêtes mortes, disait-on, pour représenter qu'Adam, après le péché, fut vêtu d'un pareil vêtement, mais que Dieu, dans sa miséricorde, rendit à l'homme la grâce pour recouvrir ses infirmités.

A cause de sa forme (le surplis est fait en façon de croix), il figure la Passion du Seigneur, et ceux qui le portent doivent être crucifiés avec leurs vices et leur concupiscence. Ses larges manches devinrent au XVe siècle de simples ornements, bientôt transformées en ailes flottantes ; on porta même aux XVIe et XVIIe siècles des surplis entièrement ronds, sans ouverture pour les bras, analogues aux chasubles dites " gothiques ".

D'abord simple vêtement de choeur, le surplis se substitua à l'aube, à partir du XIIe siècle, pour l'administration des sacrements. Il doit être porté par les clercs chaque fois que l'aube n'est pas prescrite.

Le rochet (de roccus, Rock, robe, habit en allemand; ou du vieux français, roc, variante de froc) est le nom du vêtement appelé à Rome, jusqu'au XIIe siècle, camisia romana, chemise ou casaque romaine, et que, d'après les manuscrits de Saint-Gall, le pape et les diacres portaient sous l'aube. Portée en dehors de Rome par tous les clercs, la camisia était considérée à Rome comme un insigne de dignité dont le port fut prescrit aux évêques séculiers par le IVe concile de Latran et qui leur était remis au XIVe siècle par le pape en consistoire. Le rochet ecclésiastique est un surplis à manches étroites qui, semblable à l'aube en ses débuts, sauf qu'on ne le ceignait pas, tombait encore au-dessous des genoux au XVe siècle. Simple vêtement de chur, il ne peut remplacer le surplis pour l'administration des sacrements. Il marque la juridiction de l'évêque, qui peut le porter, même en dehors des fonctions liturgiques, chez lui, en ville, et dans tout son diocèse. Les chanoines ont besoin d'un indult pour le porter, mais en France, ils ont tous le droit de s'en revêtir (uniquement à l'intérieur de leur propre diocèse). L'usage du rochet est formellement interdit aux réguliers, aux prêtres et aux clercs séculiers.

Le rochet ne se porte jamais seul : il doit toujours être couvert d'un autre vêtement. Les évêques le couvrent de la cappa ou de la mozette, dans les lieux de leur juridiction, du mantelet partout ailleurs ; les chanoines de leur costume canonial, ou de l'amict pour revêtir la dalmatique, la tunique ou la chape, ou encore du surplis pour administrer les sacrements, assister l'évêque à la messe basse, etc.

Comme les autres dérivés de l'aube antique, le rochet doit être de fil de lin ou de chanvre. Le bas du vêtement peut être orné d'un étroite dentelle, et les poignets enrichis de parements à la couleur de la soutane.

La cotta est un surplis s'arrêtant à la ceinture et dont les manches s'arrêtent, quant à elles, au niveau du coude.